Présentation bio-bibliographique d’André Loez

Présentation bio-bibliographique d’André Loez

Ce podcast est né au croisement de trois terrains d’activité : l’enseignement, la recherche et l’histoire publique. Cette page présente plus en détail mes activités dans ces trois domaines afin de préciser « qui parle » dans l’émission.

Après un diplôme de Sciences-Po Paris (1998) j’ai passé l’agrégation d’histoire (2000) et enseigné au lycée (jusqu’en 2011) puis en classes préparatoires littéraires depuis, avec également une charge de cours semestrielle à Sciences Po en histoire du XIXe siècle.

Le métier d’enseignant m’a conduit à plusieurs travaux ou réflexions de nature pédagogique, et à participer aux manuels de 2nde et Terminale Nathan (collection Sébastien Cote). Dans un souci de collaboration entre celles et ceux qui enseignent l’histoire à tous les niveaux, j’ai également lancé une liste participative de ressources documentaires pour l’enseignement de l’histoire, une liste participative de films historiques sur le XIXe siècle, une liste participative de livres d’histoire accessibles (à des lycéen-ne-s ou non-professionnels), et une liste participative de documentaires historiques visibles en ligne. On trouvera aussi en ligne des éléments de réflexion sur la place des ordinateurs dans la salle de classe, sur l’instrumentalisation des programmes scolaires au nom du « roman national », sur la méthode de la dissertation, sur la vidéosurveillance des examens.

Du côté de la recherche, j’ai avant tout travaillé sur les combattants français de la Grande Guerre, sujet de mon premier livre coécrit avec Rémy Cazals en 2008, mettant en avant les témoignages ordinaires par opposition à ceux des intellectuels très souvent cités à l’époque. Ma thèse, “Si cette putain de guerre pouvait finir” Histoire et sociologie des mutins de 1917,  a porté sur les mutins de 1917 dans l’armée française. Soutenue en 2009 sous la direction de Frédéric Rousseau à Montpellier-III, elle a été publiée dans une version abrégée en 2010, et constitue l’aboutissement d’une réflexion sur la place nécessaire de l’histoire sociale de la Grande Guerre, face aux problèmes posés par l’histoire culturelle et certains de ses concepts simplificateurs que j’ai cherché avec d’autres, au sein du Crid 14-18 en particulier, à remettre en cause (« culture de guerre », « consentement », brutalisation »). Ce travail sur la ténacité combattante, ponctué par un colloque publié en 2008, a également débouché sur une synthèse en anglais sur la question, ainsi qu’à la codirection du numéro de la revue Agone L’ordinaire de la guerre, issue d’un séminaire de recherche coaimé plusieurs années durant avec Nicolas Mariot, François Buton et Philippe Olivera. Le travail sur la Grande guerre, également mené au sein de la Mission du Centenaire, a conduit à plusieurs livres de vulgarisation : une synthèse, un abécédaire, et un ouvrage illustré (coécrit avec Nicolas Offenstadt).

Cette activité autour de 1914-1918 a aussi une dimension d’histoire publique : contribution au rapport de la commission Prost sur les fusillés, synthèse sur les mutineries pour la mission du centenaire, participation comme commentateur à la cérémonie du 11 novembre 2018, participation comme conseiller historique (ponctuée par des désaccords croissants avec les réalisateurs et producteurs) à la série documentaire Apocalypse, coordination de hors-séries 1914-1918 pour les journaux Le Monde et Le 1.

Au-delà de la Grande Guerre, les usages et mésusages publics de l’histoire m’ont conduit à prendre par moments des positions dans l’espace public : contre la réédition « papier » de Mein Kampf, contre la réédition des pamphlets antisémites de Céline, contre la présence de Maurras et Chardonne dans le livre des commémorations nationales, et plus largement contre les usages voyeuristes du passé nazi ou vichyste.

L’histoire publique, c’est également le travail régulier de recension des parutions dans le Monde des Livres, avec des coups de cœur (livres de Guillaume Lachenal, Aurélia Michel, Etienne Anheim, Pierre Laborie, Ludivine Bantigny, Alexander Werth, Laurent Joly…), des portraits (Antoine Prost, Mary Beard), et des critiques (livre de C. Barbier sur les Glières, biographie d’Hitler par C. Ingrao et J. Chapoutot assortie de commentaires suite à la controverse suscitée par ce compte-rendu)

Ma présence sur les réseaux sociaux me conduit parfois à proposer de brefs éclairages du point de vue historien, sur George Orwell, Churchill, la (non) réhabilitation des fusillés, les mutineries de 1917, les romans de Patrick O’Brian… L’intérêt pour la fiction historique, sensible dans la rubrique « films et séries » du podcast, m’a aussi conduit à commenter au micro d’autres émissions les films 1917 et Glory.

André Loez (juin 2020)