174. Femmes et familles du Quattrocento, avec Christiane Klapisch-Zuber

L’invitée : Christiane Klapisch-Zuber directrice d’études honoraire à l’EHESS

Le livre : Mariages à la florentine. Femmes et vie de famille à Florence (XIVe-XVe siècle), Paris, EHESS / Gallimard / Seuil, coll. « Hautes études », 2020.

La discussion :

  • Un parcours de recherche orienté par Fernand Braudel, de l’histoire économique et sociale vers l’anthropologie historique  (1’10)
  • Un travail fondamental sur le catasto florentin (3’20)
  • Les gisements documentaires extraordinaires de la ville (4’15)
  • L’accès aux familles patriciennes comme à des couches sociales plus modestes (5’)
  • Contrastes et différences entre Florence et Venise (6’15)
  • Le recueil d’articles construit comme un livre ordonné, montrant la vie des femmes mariées (8’20)
  • La notion de « marché matrimonial » à Florence au XVe siècle (9’25)
  • Les calculs familiaux, destinés à marier ou à vouer à l’Église certains enfants (10’40)
  • Des mariages célébrés devant le notaire, plus que devant l’Église (13’30)
  • La dot, clé des relations sociales et matrimoniales (15’15)
  • Le sens à donner aux images de femmes parées et habillées, dans l’iconographie (18’15)
  • Les choix des épouses par leurs futures belles-mères (20’30)
  • Les cycles de vie particuliers des marchands florentins (23’)
  • La chambre nuptiale, ses objets, ses représentations (24’45)
  • Le nombre de naissances, l’importance de la mortalité infantile (27’50)
  • Quels sentiments familiaux, envers les enfants ? (30’)
  • Quel statut pour une veuve, et son « matrimoine » dans la société florentine ? (32’)
  • Quelle transmission du nom par les femmes ? (35’40)
  • La sépulture des femmes et ses enjeux (37’30)
  • Que voir, à Florence, comme traces de cette histoire ? (39’)

Entretien avec Didier Lett retraçant la carrière de Christiane Klapisch-Zuber

Bibliographie et références citées dans l’émission

  • Bellavitis, Anna, « Dot et richesse des femmes à Venise au XVIe siècle », Clio, HFS, 6, 1998, p. 91-100.
  • Chabot, Isabelle, La dette des familles. Femmes, lignage et patrimoine à Florence aux XIVe et XVe siècles, Ecole française de Rome, 2011, coll. de l’EFR 445.
  • Chabot, Isabelle & Anna Bellavitis, « A proposito di ‘Men and Women in Renaissance Venice’ di Stanley Chojnacki », Quaderni storici,  2005, p. 203-238.
  • Frugoni, Chiara, Une journée au Moyen âge, Paris, Les Belles lettres, 2013.
  • Guglielmotti, Paola (dir.), Donne, famiglie e patrimoni a Genova e in Liguria nei secoli XII e XII, Gênes, Società Ligure di storia patria, 2020.
  • Kirshner, Julius, « Pursuing honor while avoiding sin. The Monte delle doti of Florence », Milano, Giuffrè, 1977.
  • Lett, Didier, L’enfant des miracles. Enfance et société au Moyen Âge (XIIe-XIIIe s.), Paris, Aubier, 1997.
  • Molho, Anthony, Marriage alliance in late medieval Florence, Cambridge (Mass.), Harvard University Press, 1994.

Texte de Dante cité à la fin de l’émission

Dante Alighieri, La divine comédie, t. III, Le Paradis, chant XV, v. 97-108, Paris, Flammarion, 1990, trad. Jacqueline Risset. Dante rencontre son trisaïeul Cacciaguida qui lui loue l’état de Florence au XIIe siècle :

« Florence en son antique enceinte

où elle sonne encore la tierce et la none,

était en paix, sobre et pudique.

Elle n’avait ni habits brodés ni ceinture

qui fussent plus à voir que la personne.

La fille, en naissant, ne faisait pas encore

peur à son père, car l’âge et la dot

ne dépassaient ni l’un ni l’autre la mesure.

Elle n’avait pas de maison sans familles,

on n’y rencontrait pas encore Sardanapale,

pour montrer ce qui est permis en la chambre. »

Inscription citée à la fin de l’émission

Epitaphe, Florence, Santa Maria Novella

« Heic jacet in requie Domini/ Septima puella ornatissima/ ***mi de Rubeis Melocchiis patr. pist.  eq. Steph./ et Felicis Mazzettiae flor.  f. /quae virile ingenium studio adepta/ annum agens secundum supra vigesimum/ diuturna hidatidi abdominali ingruente/dum ferrum a quo spes erat salutis/ sensit in sui perniciem conversum/ constans animi et religione potens/ e vita migravit/ III non. Octob. a. r. s. CIϽIϽCCCVII »

Traduction : « Ici repose dans le Seigneur la septième fille très distinguée de ****mo dei Rossi Melocchi son père, chevalier pistoiais de [l’ordre de] Saint-Etienne, et de Felice Mazzetti de Florence, laquelle — ayant acquis par l’étude une intelligence virile, [mais] attaquée à l’âge de vingt-deux ans par une hytadis (infection ?) abdominale persistante, quand le fer où résidait l’espoir de son salut devint sa perte — quitta cette vie le 3 des nones d’octobre 1807. »

*NB : inscription partiellement illisible

172. Les nombres ont une histoire, avec Grégory Chambon

L’invité : Grégory Chambon, directeur d’études à l’EHESS

Le livre : Histoire des nombres, Paris, PUF, « Que-sais-je », 2020.

 

La discussion :

  • Le déchiffrement de l’élamite, une formidable nouvelle (1’40)
  • Un parcours de recherche croisant mathématiques et antiquité orientale (3’40)
  • Que veut dire faire l’histoire des nombres ? (5’30)
  • Les différents champs historiographiques et géographiques mobilisés pour écrire cette histoire (6’45)
  • Le recours méthodologique à l’anthropologie : il n’y a pas que la façon occidentale actuelle de compter (8’)
  • Les apports de la psychologie cognitive (9’50)
  • Les origines des bases de numération, et la dactylonomie [compter avec les doigts] (12’)
  • Nombres, divinités, propriétés symboliques (13’40)
  • Le lien entre nombres et métrologie (15’)
  • Nombres concrets, nombres abstraits (16’40)
  • Est-ce que l’on comptait dans la préhistoire ? (18’40)
  • Le besoin de compter, à l’origine de l’écriture ? (21’)
  • Comment un chercheur compte-t-il avec d’anciens systèmes d’écriture ? (23’30) Et avec quels outils informatiques ? (25’35)
  • La façon dont les Égyptiens notaient les nombres (27’)
  • Les multiples origines et sens du zéro (29’) et des chiffres occidentaux (32’)
  • Compter en Grèce antique (35’)
  • L’abaque médiévale (37’)

Les références citées dans l’émission (par ordre alphabétique) :

  • Denise Schmandt-Besserat, Before Writing, Vol. I: From Counting to Cuneiform, Austin, University of Texas Press, 1992.
  • Peter Damerow, « The Material Culture of Calculation : A Theoretical Framework for a Historical Epistemology of the Concept of Number », in U. Gellert, E. Jablonka (dir.), Mathematisation and Demathematisation : Social, Philosophical and Educational Ramifications, Rotterdam, Sense Publishers, 2007, p. 19-56.
  • Stanislas Dehaene, The Number Sense : How the Mind Creates Mathematics, Oxford, Oxford University Press, 1997.
  • Danièle Dehouve, L’imaginaire des nombres chez les anciens Mexicains, Rennes, Presses universitaires de Rennes, 2011.
  • Jean-Jacques Glassner, Écrire à Sumer. L’invention du cunéiforme, Paris, Seuil, 2000.
  • K.A. Overmann, « Updating the Abstract-Concrete Distinction in Ancient Near Eastern Numbers », Cuneiform Digital Library Journal, no 1 (2018).
  • J. Ritter, « Metrology and the prehistory of fractions », in P. Benoit, K. Chemla, J. Ritter (dir.), Histoire de fractions. Fractions d’histoire, Bâle, Boston et Berlin, Birkhaüser, 1992, p. 9-34.
  • Bernard Vitrac, Jim Ritter, « Pensée grecque et pensée “orientale” », in J.-F. Mattéi (dir.), Encyclopédie philosophique universelle, Paris, Puf, 1998, p. 1233-1250, vol. 4.
  • Claudia Zaslavsky, Africa Counts: Number and Pattern in African Culture, Boston : Prindle, Weber, and Schmidt, 1973.

Le conseil de lecture : Eliette Abécassis, Le palimpseste d’Archimède

 

171. Le travail et ses cadences, dans la longue durée, avec Corine Maitte et Didier Terrier

L’invitée, l’invité : Corine Maitte, professeure d’histoire moderne à l’université Gustave-Eiffel ; Didier Terrier, professeur émérite d’histoire à l’université polytechnique des Hauts-de-France

Le livre : Les rythmes du labeur. Enquête sur le temps de travail en Europe occidentale XIVe-XIXe siècle, Paris, La dispute, 2020.

 

La discussion :

  • Une enquête au long cours, inspirée par la sociologie (1’30)
  • Les chantiers précédents : notamment sur les verriers italiens à l’époque moderne (5’)
  • Un travail à la fois empirique et historiographique, dans la longue durée, avec la difficulté de jongler entre historiographies (7’15)
  • Un travail portant sur les travailleurs manuels vivant le travail dans le cadre de rapports de domination (9’50)
  • Décoder les sources de périodes différentes (11’30)
  • Parmi les lieux communs historiographiques à nuancer : le « temps du marchand » remplaçant le « temps de l’Église » à la fin du Moyen âge (12’30)
  • Une référence clef à discuter, l’article d’E. P. Thompson en 1967(13’45)
  • La ponctualité n’est pas née avec Calvin au XVIe siècle (16’30)
  • La contrainte horaire n’est pas qu’un instrument de domination (18’)
  • Le cliché d’une Europe catholique moins travailleuse que le monde protestant, avec la question plus complexe qu’il n’y paraît des jours fériés / chômés (18’30)
  • La critique radicale des moyennes et calculs horaires de l’économétrie (23’50)
  • Penser par cas, pour approcher le temps de travail (27’)
  • Une source extraordinaire : une enquête sur les gestes d’un ouvrier en 1848 (29’)
  • Une source extraordinaire (2) : la comptabilité médicéenne (32’20)
  • Le lien entre intensité du travail et formes de rémunération (34’35)
  • L’idée de la « révolution industrieuse » émise par Jan de Vries, méritant également d’être nuancée (36’40)
  • Quels savoirs positifs, une fois les lieux communs déconstruits ? Que change le machinisme ? (40’11)
  • Le travail des femmes, constamment sous-estimé (46’11)
  • Pourquoi s’arrêter aux années 1890 ? (48’)
  • Faire attention à l’âge des travailleurs (51’)

Les références citées dans le podcast (par ordre chronologique)

  • Edward P. Thompson, « Time, Work-Discipline, and Industrial Capitalism », Past & Present, no. 38, 1967, pp. 56–97.
  • Jacques Le Goff, Pour un autre Moyen âge. Temps, travail et culture en Occident, Paris, Gallimard, 1977.
  • Jan De Vries, « The industrial revolution and the industrious revolution », Journal of Economic History, 54-2, 1994, p. 249-270.  1994 ; id., The industrious revolution : Consumer behavior and the household economy, 1650 to the present, Cambridge, Cambridge University Press, 2008 (lire le compte-rendu par Jean-Yves Grenier)
  • Jens Thoemmes, Vers la fin du temps de travail?. Paris, Presses Universitaires de France, 2000.
  • Hans-Joachim Voth, Time and work in England, 1750-1830, Oxford, Charandon Press, 2000.
  • Max Engamarre, L’ordre du temps. L’invention de la ponctualité à Genève au XVIe siècle, Genève, Droz, 2004.
  • Leonard N. Rosenband, La fabrication du papier dans la France des Lumières. Les Montgolfier et leurs ouvriers, 1761-1805, Rennes, Presses universitaires de Rennes, 2005
  • Desfontaines, Hélène. «  Apprentissage des normes temporelles du travail salarié, un nouveau défi pour les chauffeurs routiers », Daniele Linhart éd., Le travail nous est compté, La Découverte, 2005, pp. 190-214.
  • Jean Claude Passeron & Jacques Revel, Penser par cas, Paris, éditions de l’EHESS, 2005.
  • « Temps de travail », dossier dirigé par C. Maitte et D. Terrier, Genèses, 85, déc. 2011.
  •  Mathieu Arnoux, Le temps des laboureurs. Travail, ordre social et croissance en Europe XIe-XIVe siècles, Paris, Albin Michel, 2012.
  • C. Maitte et D. Terrier, Les temps du travail. Normes, pratiques, évolutions, XIVe-XIXe siècles, Rennes, PUR, 2014.

Le conseil de lecture : Enzo Traverso, Passé singulier. Le « je » dans l’écriture de l’histoire, Lux, 2020.

168. Conseils de lecture et coups de cœur 2020

Dessin d’Ethel Taylor, 1920

Retrouvez les conseils 2019 et 2018

Les conseils des antiquisants Vivien Barrière (MCF CY université) et Clément Salviani (ATER Université Bordeaux-Montaigne)            

Les conseils de la médiéviste Catherine Rideau-Kikuchi (MCF Université de Versailles-Saint-Quentin)

  • Pierre Monnet, Charles IV, Paris, Fayard, 2020.
  • Écrits spirituels du Moyen âge, textes réunis par Cédric Giraud, Paris, Gallimard, « Pléïade », 2020.
  • Florian Besson et Justine Breton, Un moyen âge de fer et de sang, Paris, PUF, 2020.
  • Miri Rubin, Cities of strangers. Making Lives in Medieval Europe, Cambridge University Press, 2020.
  • Renaud Adam, Le théâtre de la censure (XVIe et XXIe siècles). De l’ère typographique à l’ère numérique, Bruxelles, Académie royale, 2020.
  • Céline Bessière et Sibylle Gollac, Le genre du capital: Comment la famille reproduit les inégalités, Paris, La découverte, 2020.

Les conseils de la moderniste Pauline Lemaigre-Gaffier (MCF Université de Versailles-Saint-Quentin)

  • Anne Perrin Khelissa, Luxe intime. Essai sur notre lien aux objets précieux, Paris, CTHS, 2020.
  • Maria Pia Donato, Les archives du monde. Quand Napoléon confisqua l’histoire, Paris, PUF, 2020.
  • Nicolas Schapira, Maîtres et secrétaires (XVIè – XVIIIè siècles), Paris, Albin Michel, 2020.
  • Flavie Leroux, Les maîtresses du roi, Seyssel, Champ Vallon, 2020.
  • Série Histoire dessinée de la France: tomes 9 (En âge florissant, par ¨Pascal Brioist et Anne Simon) et 10 (Sacrées guerres, par Jérémie Foa et Pochep)
  • Nicolas Le Roux (dir.), Faire de l’histoire moderne, Paris, Garnier, 2020.

Les conseils de la contemporanéiste Caroline Muller (MCF Rennes-II)

  • Hervé Mazurel, Kaspar l’obscur, Paris, La découverte, 2020.
  • Bibia Pavard, Florence Rochefort et Michèle Zancarini-Fournel, « Ne nous libérez pas, on s’en charge ! », Paris, La découverte, 2020.
  • Nastassja Martin, Croire aux fauves, Gallimard, « Verticales », 2020.
  • Pierre Singaravélou, Sylvain Venayre (dir.), Le magasin du monde, Paris, Fayard, 2020.
  • Xavier Bougarel, La division Handschar. Waffen-SS de Bosnie, 1943-1945, Paris, Passés composés, 2020.
  • Sarah Gensburger et Gérôme Truc (dir.), Les mémoriaux du 13 novembre, Paris, éditions de l’EHESS, 2020.

Les livres mentionnés par André Loez (Paroles d’histoire)

155. Saint Louis et les musulmans convertis, avec Jacques Dalarun

L’invité: Jacques Dalarun, directeur de recherche au CNRS

Le livre: William Chester Jordan, La prunelle de ses yeux. Convertis de l’islam sous le règne de Louis IX, Paris, éditions de l’EHESS, 2020 (écouter le second volet de l’entretien avec Jacques Dalarun, sur son activité de traducteur)

La discussion :
  • L’auteur du livre, et sa place parmi les médiévistes américains, dans la généalogie de Haskins et Strayer (1’)
  • Le propos très neuf du livre, sur les musulmans convertis sous Louis IX, grâce à un travail inventif sur le plan méthodologique (4’)
  • Un livre qui articule preuves, indices hypothèses et suppositions (8’)
  • La question de la conversion, dans son cadre médiéval (10’15)
  • Les apports du livre à l’historiographie du règne de Louis IX (12’)
  • Le contexte de la VIIe croisade, et le profil des musulmans qui seront convertis en 1253-1254 (16’)
  • Un épisode qui a laissé peu de traces iconographiques (20’)
  • La stratégie d’installation de ces populations au nord du royaume, de façon dispersée (21’30)
  • Des cas d’installation « exemplaire » : Dreux de Paris, ou encore des convertis inscrits à l’Université de Paris (24’)
  • Les traces plus fragmentaires des difficultés vécues par ces convertis (28’)
  • Le devenir au XIVe siècle de ces individus et de ces familles (30’)
  • Un livre qui fait réfléchir sur le présent (32’45)

 

Les références citées dans le podcast

  • William Chester Jordan, Louis IX and the Challenge of the Crusade: A Study in Rulership, Princeton University Press, 1980.
  • Marie Dejoux, Les enquêtes de Saint Louis. Gouverner et sauver son âme, Paris, Presses Universitaires de France, 2014.

Le conseil de lecture

  • Salimbene de Adam de Parme, Chronique. Traduction, introduction et notes sous la direction de Gisèle Besson et Michèle Brossard-Dandré d’après l’édition du texte latin de Giuseppe Scalia ; préface de Jean-Claude Schmitt, Paris, Honoré Champion, 2016, 2 volumes, 1324 p., 95 €

108. Notre-Dame un an après, avec Mathieu Lours

L’invité : Mathieu Lours, historien de l’art et de l’architecture, professeur en CPGE

Le thème : l’incendie de Notre-Dame de Paris, un an après

La discussion :

(cliquer ici pour écouter l’entretien avec Mathieu Lours autour de son livre Églises en ruine)

  • Que ressent-on comme historien de l’architecture religieuse devant un tel événement ? (2’10)
  • Le thème de l’église en ruines, central dans notre histoire culturelle (3’50)
  • Des précédents importants : Reims, Rouen, Nantes, avec pour la première les effets de la Grande Guerre (4’50)
  • Les débats sur la reconstruction de Reims et les éclairages qu’ils apportent (8’20)
  • Les destructions de la cathédrale de Rouen et leurs usages par le régime de Vichy (9’35)
  • L’incendie de celle de Nantes, durant des travaux, comme à Notre-Dame (11’15)
  • L’état de Notre-Dame aujourd’hui, relativement satisfaisant en dépit de l’incendie (12’15)
  • L’état des connaissances sur l’édifice, partiellement renouvelé par la catastrophe (15’30)
  • Reconstruire, réinventer ? les termes du débat et leur cadre légal (17’10)
  • Que reconstruit-on ? Les XIIe-XIIIe siècles, le XIXe siècle ? Quel type de charpente ? (19’40)
  • Le vrai-faux problème des « chênes centenaires » (22’)
  • Le cadre institutionnel créé par l’État pour les travaux, dans la longue durée du rapport à ce monument (23’15)
  • Un dialogue efficace entre responsables et experts aujourd’hui (25’45)
  • L’état actuel des travaux (26’30)
  • Le mécénat considérable suscité par l’incendie, et la nécessité d’en faire bénéficier un patrimoine plus ordinaire (27’10)
  • Conseils de lecture (29’15)

Conseils de lecture / pour aller plus loin :

  • Collectif, Notre-Dame de Paris, Strasbourg, La nuée bleue, coll. « La grâce des cathédrales, 2013.
  • Dany Sandron, Andrew Tallon, Notre-Dame de Paris : neuf siècles d’histoire : une reconstitution des différents âges de la cathédrale, de sa construction à nos jours, Paris, De Noyelles, 2019.
  • Victor Hugo, Notre-Dame de Paris, chap. IV du livre X (l’incendie)

103. Revoir ‘Excalibur’, avec William Blanc

L’invité : William Blanc, historien

Le film : Excalibur, de John Boorman (1981)

La discussion :

  • Présentation du film
  • Le parcours de John Boorman
  • Un projet initial : adapter le Seigneur des anneaux, et assumer la fantasy par opposition aux représentations du mythe arthurien dans les années 1950
  • La base du film : Le morte d’Arthur de Thomas Mallory (1470)
  • Merlin, le personnage central du film, et la place de la magie
  • L’épée Excalibur comme fil directeur du film, quitte à retoucher le mythe
  • Le personnage négatif de Morgane
  • L’exaltation de la nature et du lien avec la terre
  • Les jeux d’intertextualité, avec T. S. Eliot notamment (The Waste Land)
  • Les choix musicaux : Carl Orff, Wagner…
  • Les choix visuels du film, ses jeux de lumières et de couleurs
  • Son influence et sa postérité, en France notamment

Pour aller plus loin :

 

87. Autour de Jean Delumeau, avec Guillaume Cuchet et Isabelle Poutrin

Le thème : Jean Delumeau (1923-2020), son œuvre et sa place dans l’historiographie

Jean Delumeau dans “Apostrophes” en 1978

Les invité-e-s : Isabelle Poutrin, Professeure d’histoire moderne à l’université de Reims ; Guillaume Cuchet, Professeur d’histoire contemporaine à l’université de Paris-est Créteil.

La discussion :

  • La place majeure tenue par Jean Delumeau dans l’historiographie (1’)
  • Un parcours universitaire qui conduit à Rome et à l’histoire moderne (4’)
  • À l’origine, loi du religieux, un historien de l’économie et de la société, sur les lancées de Fernand Braudel (6’)
  • Extrait : Jean Delumeau et l’alun de Rome (8′)
  • Un historien des grands mouvements et de la longue durée (11’30)
  • Extrait : le choix d’écrire un volume de la Nouvelle Clio sur la Réforme (13′)
  • Un historien soucieux d’œcuménisme (15’)
  • Jean Delumeau participant de la construction d’une légitimité de l’histoire religieuse, longtemps marginale ou cléricale (16’)
  • Un historien des « mentalités » (18’)
  • Un talent du texte et de la citation (21’)
  • Comment articuler l’histoire des croyances, et celles des pratiques sociales ? (25’)
  • Une carrière singulière, au Collège de France, avec des enquêtes collectives (29’)
  • Extrait : la peur en occident (introduction de la 2e partie, lue par Héloïse Chéronnet, 28’30)
  • Un historien de la peur, mais pas seulement, en lien dialectique avec une dimension rassurante de l’Église et du paradis (31’)
  • Des prolongements aux idées de Delumeau, sur le « contexte panique » du XVIe siècle, chez Denis Crouzet ou Caroline Callard (33’)
  • Jean Delumeau, essayiste catholique, aux prises avec la « déchristianisation » (34’)
  • Les liens entre passé et présent dans son œuvre, et la question du degré de christianisation du Moyen âge (37’)
  • Les critiques adressées par Jean Delumeau à l’Église et à son rigorisme (39’)
  • Une (légère) ouverture à l’histoire des femmes (42′)
  • Un livre collectif questionnant L’historien et la foi (1996) (44′)
  • Quelle postérité ?

Liens et bibliographie :

Références citées durant l’émission et prolongements :

84. La christianisation du monde viking, avec Stéphane Coviaux

L’invité : Stéphane Coviaux, professeur en classes préparatoires littéraires

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Le livre : La fin du monde viking, Paris, Passés composés, 2019.

Un objet mentionné dans le podcast (31′): moule de stéatite trouvé au Danemark, servant à forger des croix et des marteaux de Thor

Hammer

La discussion :

  • La naissance de cette recherche et l’intérêt pour le monde scandinave (1’10)
  • Les langues qu’il faut parler pour mener de telles recherches (2’00)
  • Le fait de travailler sur un objet aussi présent dans la culture populaire (3’45)
  • Le mot « viking » et ses ambiguïtés (4’50)
  • Le cadre spatial large du livre, et son choix (5’55)
  • L’articulation entre sources écrites, généralement postérieures, et sources archéologiques, au cœur de ce champ de recherches (7’20)
  • Les problèmes d’interprétation des données archéologiques (9’40)
  • Un document exceptionnel : la grande pierre de Jelling (10’10)
  • À inscrire dans un type de documents, les pierres runiques (12’40)
  • Des missionnaires au second plan par rapport aux rois dans le processus de christianisation, éminemment politique (14’30)
  • Une conversion sous la menace, avec Olaf Tryggvasson ? (17’15)
  • Quelle grammaire rituelle pour les processus de conversion et les baptêmes ? (18’20)
  • Quelle raison profonde à ces choix de conversion pour les rois nordiques, avec quels éléments préalables de contacts avec des chrétiens ? (20’35)
  • La variété des acteurs concernés : marchands, esclaves…. (22’45)
  • Quelle place pour les reliques dans la christianisation du nord ? (24’05)
  • Le rôle de la papauté dans ce processus, qui interagit en partie avec la Réforme grégorienne (25’15)
  • La place du christianisme oriental, et les influences byzantines, dans le monde nordique (27’00)
  • Les hésitations religieuses et les refus de la nouvelle religion (28’00)
  • Les réemplois et continuités entre dieux scandinaves et christianisme (31’30)
  • Les femmes, gagnantes ou perdantes de la christianisation ? (32’40)
  • Ce que la christianisation a pu changer au quotidien pour les populations nordiques (alimentation, onomastique…) (34’20)
  • Quelles traces visibles aujourd’hui de cette période ? (36’30)

Les références citées dans le podcast et les conseils de lecture :

  • Pierre Bauduin, Le Monde franc et les Vikings (VIIIe-Xe siècle), Paris, Albin Michel, 2009
  • Pierre Bauduin, Histoire des Vikings. Des invasions à la diaspora, Paris, Tallandier, 2019
  • Halldor Laxness, La saga des fiers-à-bras
  • Knut Hamsun, Pan

 

82. Derniers siècles romains, avec Claire Sotinel

Émission en partenariat avec Chemins d’histoire, podcast de Luc Daireaux, enregistrée dans les studios de Radio Clype (réalisation Margot Leutard).

L’invitée : Claire Sotinel, professeure d’histoire à l’université Paris-est-Créteil

Rome, la fin d'un empire - <p><span style="font-size:12px">En 212, l’empereur Caracalla accorde la citoyenneté romaine à tous les habitants libres de l’Empire. Cette mesure couronne une évolution séculaire vers un empire politiquement unifié et culturellement universel.</span></p> <p><span style="font-size:12px">Près de trois siècles plus tard, l’avènement du roi ostrogoth Théodoric marque la fin d’un processus au terme duquel les provinces occidentales et l’Italie elle-même ont échappé à l’administration impériale. En Orient, Constantinople est la capitale d’un Empire romain désormais byzantin.</span></p> <p><span style="font-size:12px">La période qui se déploie dans cet ouvrage est le cadre d’impressionnantes transformations : la fin d’une société d’ordres, l’implantation de populations exogènes, la déconstruction politique de l’Empire, la diffusion du christianisme devenu religion impériale, la vitalité maintenue d’une culture latine qui produit les grandes œuvres d’Ammien Marcelin ou de saint Augustin…</span></p> <p><span style="font-size:12px">L’Antiquité tardive est aujourd’hui le sujet de vifs débats entre les historiens, certains tenant au « déclin de la civilisation » et d’autres évoquant la notion moins pessimiste de transition. Nourri des études les plus neuves, ce livre restitue, loin des clichés et des idées reçues, toute la richesse et la complexité de ces années tourmentées : il interroge la notion de crise qui se révèle d’une singulière fécondité, notamment par l’inventivité mise en œuvre pour maintenir, voire renforcer l’unité de l’Empire confronté aux pires menaces intérieures et extérieures.</span></p> <p><span style="font-size:12px">En plus de 650 pages richement illustrées, Claire Sotinel, spécialiste de l’Antiquité tardive, retrace, au plus près des événements, la longue histoire, entièrement revisitée, de cette fin de l’Empire romain qui ne fut pas une agonie mais bien plutôt une effervescente recomposition politique, économique, sociale et culturelle.</span></p>

Le livre : Rome, la fin d’un empire, de Caracalla à Théodoric (212 à la fin du Ve siècle), Paris, Belin, collection « Mondes anciens », 2019.

La discussion :

  • Quels choix pour ce troisième volume consacré à Rome dans la série « Mondes anciens » ? (1’45)
  • L’édit de Caracalla en 212, point de départ de l’ouvrage, et transformation profonde du monde romain (5’05)
  • La réussite même de l’empire, qui l’amène à se transformer et prépare les conditions de sa disparition (6’30)
  • Les choix iconographiques de l’ouvrage, et la double lecture qu’ils permettent (8’45)
  • Le poids d’une question historiographique ancienne, liée à l’idée de « déclin » et de « décadence » (11’50)
  • Des visions concurrentes de la fin de l’antiquité suivant le champ de l’histoire étudié : transition culturelle avec Peter Brown ou Henri-Irénée Marrou, chute brutale avec Bryan Ward-Perkins… (16’05)
  • La question des transitions économiques entre Antiquité et Moyen âge (21’50)
  • Comment penser la christianisation du monde antique, passage d’une religion civique à « une religion de la personne et de la communauté » (23’45)
  • La « crise du IIIe siècle » en lien avec des reconfigurations géopolitiques majeures (26’50)
  • La difficulté à lire l’Histoire Auguste, seule source narrative suivie pour cette période (30′)
  • Héliogabale / Antonin le jeune, prototype des personnages dont l’histoire est simplifiée par cette source (33’25)
  • Les difficultés rencontrées à l’époque de Valérien et de Gallien (34’45)
  • La réinvention de l’empire à l’époque de la tétrarchie (36’45)
  • Une idée reçue à effacer dans l’historiographie : le « partage » de l’empire entre Orient et Occident après Théodose (41’25)
  • La conversion de Constantin, et les interprétations que l’on peut en donner ; son établissement d’un « langage impérial de neutralité religieuse » (44’30)
  • Le règne de Julien et les contradictions de sa politique religieuse (50’00)
  • La complexité des rapports aux barbares, à la fin de la période, et la nécessité d’en percevoir la diversité (53’35)
  • La fin de l’empire romain, fin d’un modèle politique, mais « ce n’est pas la fin du monde » (58’30)

Les références évoquées dans le podcast (par ordre alphabétique)

  • Peter Brown, Le monde de l’Antiquité tardive, de Marc Aurèle à Mahomet, Bruxelles, éd. de l’Université de Bruxelles, 2011.
  • André Chastagnol, L’évolution politique, sociale et économique du monde romain, de Dioclétien à Julien : la mise en place du régime du Bas-Empire, 284-363, Paris, SEDES, 3e éd., 1997.
  • François Chausson, Stemmata aurea : Constantin, Justine, Théodose. Revendications généalogiques et idéologie impériale au IVe siècle, Rome, Erma di Bretschneider, 2007.
  • Michel Christol, Les Règnes de Valérien et de Gallien (253-268) : travaux d’ensemble, questions chronologiques, Berlin, W. de Gruyter, 1975.
  • Andrea Giardina, « Esplosione di tardoantico », Studi Storici, vol. 40, n°1 (janv.-mars 1999), pp. 157-180.
  • Peter Heather, Rome et les barbares. Histoire nouvelle de la chute d’un empire, Paris, Alma, 2017.
  • François Jacques, Les cités de l’occident romain, Paris, Les Belles Lettres, 1990.
  • Claude Lepelley (dir.), La fin de la cité antique et le début de la cité médiévale de la fin du IIIe siècle à l’avènement de Charlemagne, Bari, Edipuglia, 1996.
  • J.H.W.G. Liebeschuetz, The decline and fall of the Roman city, Oxford, Oxford University Press, 2001
  • Henri-Irénée Marrou, Décadence romaine ou Antiquité tardive  ? iiie-vie siècle, Paris, Seuil, 1977.
  • Bryan Ward-Perkins, La chute de Rome. Fin d’une civilisation, Paris, Alma, 2014