157. Faire l’histoire chorale de la démocratie athénienne, avec Vincent Azoulay et Paulin Ismard

Une émission préparée et réalisée en commun avec Luc Daireaux du podcast “Chemins d’histoire”

Les invités : Vincent Azoulay, directeur d’études à l’EHESS ; Paulin Ismard, professeur à l’université d’Aix-Marseille

Le livre : Athènes 403. Une histoire chorale, Paris, Flammarion, 2020.

La discussion :

  • A l’origine du travail, une volonté de questionner le politique, dans la lignée des travaux de Nicole Loraux notamment (1’)
  • Des questionnements qui viennent en partie du présent, et une écriture « percutée » par des événements
  • La démarche de l’histoire chorale, pari d’écriture et d’historiographie
  • La choralité qui tient aussi à la démocratie
  • Extrait : le discours de Cléocritos, rapporté par Xénophon (Helléniques, II, 4, 20-22)
  • Le contexte de la stasis athénienne de 404-403 BCE
  • Le vocabulaire du chœur et son expérience, au centre de la formation des jeunes gens dans les cités grecques
  • Le choix des personnages et leur organisation, entre figures « majuscules » et « minuscules »
  • La complémentarité d’un livre écrit à deux, de façon chorale également
  • Un livre structuré en deux parties, avec des protagonistes politiques mais aussi des pas de côté
  • La résolution de la crise politique, par des modérés « sans modération », avec un compromis politique à certains égards violent
  • Les différentes temporalités de l’histoire racontée
  • L’usage de l’imagination, contrôlée par les sources, pour reconstituer une scène impliquant par exemple la prêtresse d’Athéna, Lysimachè, mais avec des garde-fous
  • La place de cette prêtresse, qu’Aristophane transpose sous le personnage de Lysistrata
  • La capacité de tous les Athéniens à percevoir des enjeux comme ceux de l’autochtonie
  • L’histoire chorale, une proposition transposable dans d’autres contextes ?

156. Portrait de l’historien en traducteur, avec Jacques Dalarun

L’invité: Jacques Dalarun, directeur de recherches au CNRS

Jacques Dalarun | École nationale des chartes

Jacques Dalarun (photo (c) Ecole des Chartes)

Le thème: l’activité de traduction en histoire (écouter le premier volet de l’entretien avec Jacques Dalarun, sur le livre de William Chester Jordan)

La discussion:

  • Le manque de traductions, et l’enfermement dans des écoles historiques nationales qui en résulte (1’)
  • Le manque de reconnaissance, pour la carrière, du travail sur les sources et des traductions, à l’inverse (3’45)
  • Une expérience de traducteur qui vient du travail depuis le latin, sur les sources franciscaines (5’)
  • Qu’est-ce qu’un bon traducteur ? (7’)
  • Des traductions – collaborations avec les collègues ayant écrit les ouvrages (8’30) et les liens forts qui se créent à l’occasion (11’30)
  • La technicité de l’opération de traduction, s’agissant des citations de sources dans les livres d’histoire (13’)
  • La méthode de travail et de lecture, « à blanc » (15’) et l’écueil de l’ennui pour un travail chronophage (16’)
  • Les langues et surtout les auteurs plus difficiles à traduire que d’autres (19’45)
  • Le caractère littéraire de la traduction (22’)
  • La traduction comme nécessité et vertu pour les historiens (25’)

Ouvrages traduits par Jacques Dalarun et cités durant l’émission:

  • François d’Assise au miroir de la liturgie, textes édités et présentés par Marco Bartoli, Jacques Dalarun, Timothy J. Johnson, Paris, Les Éditions franciscaines, 2015.

  • Saul Friedländer, Où mène le souvenir : ma vie, Paris, Éditions du Seuil, 2016.

  • Roberto Bizzocchi, Les sigisbées : comment l’Italie inventa le mariage à trois, XVIIIe siècle, Pris, Alma, 2016.

  • Peter Heather, Rome et les barbares : histoire nouvelle de la chute d’un empire, Paris, Alma, 2016.

  • Sanjay Subrahmanyam,  Leçons indiennes. Itinéraires d’un historien : Delhi-Lisbonne-Paris-Los Angeles, Paris, Alma, 2015.
  • Francesco Berti, Voyage avec l’ami. Mort et vie de Giuliano Benassi, Paris, Gallimard, 2013.
  • Robert Lerner, Ernst Kantorowicz, une vie d’historien, Paris, Gallimard, 2019.

 

154. Relire Christopher Browning sur la Shoah, avec Nicolas Mariot

L’invité : Nicolas Mariot, directeur de recherche au CNRS

Le livre : Christopher R. Browning, Ordinary Men: Reserve Police Battalion 101 and the Final Solution in Poland, New York, Harper Collins, 1992, trad. fr. par Elie Barnavi : Des hommes ordinaires, le 101e bataillon de la police allemande et la Solution finale en Pologne, Paris, Les belles lettres, 1994.

La discussion :

  • Pourquoi il s’agit d’un livre important dans l’historiographie des guerres, des violences extrêmes et de la Shoah (1’30)
  • L’ouverture, à la suite de l’ouvrage, d’un champ d’études : la Täterforschung, recherche sur les bourreaux (3’10)
  • Le parcours pas tout à fait linéaire de Christopher Browning (4’)
  • Un champ historiographique initialement très peu structuré (6’)
  • Des travaux qui s’inscrivent dans les débats naissants entre « intentionnalistes » et « fonctionnalistes » (8’20)
  • Le rôle de Christopher Browning comme expert dans des procès (10’50)
  • Le livre, monographie sur un bataillon de police (12’)
  • Un travail quasi expérimental, proche de la microstoria (14’)
  • Le déplacement géographique et interprétatif majeur dont le livre est un signe, vers l’est de l’Europe, et vers ce qu’on appellera (parfois abusivement) la « Shoah par balles » (16’20)
  • Les choix d’écriture marquants du livre (20’45), et sa structure argumentative qui alterne entre « comment » et « pourquoi » (22’40)
  • Les descriptions denses de Christopher Browning (26’), montrant les processus de violence et leur perfectionnement
  • Les refus de participer aux tueries, et leur interprétation (30’50)
  • Les sources, et les problèmes qu’elles posent (33’15)
  • L’impunité presque totale des criminels dans les années 1960-1970 (35’)
  • Les divergences méthodologiques entre Browning et Goldhagen (36’), et les prolongements de l’enquête
  • Tout le monde peut-il devenir un tueur ? (40’30)
  • Les transpositions possibles de ces questionnements sur d’autres terrains, comme celui du génocide des Tutsi au Rwanda (45’)

 

Les références citées durant l’émission (par ordre alphabétique) :

  • Christopher R. Browning, The Final Solution and the German Foreign Office : a study of Referat D III of Abteilung Deutschland, 1940–43, New York, Holmes & Meier, 1978.
  • Christopher R. Browning, The origins of the Final Solution : the evolution of Nazi Jewish policy, September 1939-March 1942, Jerusalem/Lincoln, Yad Vashem/University of Nebraska Press, 2004
  • Christopher R. Browning, « Postface » rédigée en 1998 sous le titre « Ordinary Men or Ordinary Germans? » et publiée en français dans la réédition de Des hommes ordinaires. Le 101e bataillon de réserve de la police allemande et la solution finale en Pologne, Paris, Les Belles Lettres, 2002.
  • Christopher R. Browning, « Bourreaux allemands. Comportements et mobiles à la lumière de nouveaux documents », chapitre VI de Politique nazie, travailleurs juifs, bourreaux allemands, Paris, Le Belles Lettres, 2002 [2000].
  • Christopher R. Browning, « The Personal Contexts of a Holocaust Historian: War, Politics, Trials and Professional Rivalry », in Holocaust Scholarship. Personal Trajectories and Professional Interpretations, Basingstoke, Palgrave Macmillan, 2015, p. 48-66.
  • Lucy Dawidowicz, The War against the Jews, 1933-1945, New York, Holt, Rinehart and Winston, 1975.
  • François Furet (éd.), L‘Allemagne nazie et le génocide juif, Paris, Gallimard, 1985.
  • Daniel Jonah Goldhagen, Hitler’s willing executioners. Ordinary Germans and the Holocaust, New York, Alfred A. Knopf, 1996.
  • Jan Gross, Les Voisins : 10 juillet 1941, un massacre de Juifs en Pologne, Paris, Fayard, 2002.
  • Raul Hilberg, The Destruction of the European Jews, Chicago, Quadrangle Books, 1961.
  • Christian Ingrao, Jean Solchany, « La “Shoah par balles”. Impressions historiennes sur l’enquête du père Desbois et sa médiatisation », Vingtième siècle. Revue d’histoire, n°102, 2009/2, p. 3-18.
  • Nicolas Mariot, « Faut-il être motivé pour tuer ? Sur quelques explications aux violences de guerre », Genèses, 2003/4 (n°53), p. 154-177.
  • Nicolas Mariot et Claire Zalc, Face à la persécution. 991 Juifs dans la guerre, Paris, Odile Jacob, 2010
  • Jean Solchany, « De la régression analytique à la célébration médiatique: le phénomène Goldhagen », Revue d’histoire moderne et contemporaine, 44/3, 1997, p. 514-529

137. Écritures alternatives de l’histoire, avec Axelle Brodiez-Dolino et Émilien Ruiz

Les invité-e-s : Axelle Brodiez-Dolino, historienne au CNRS ; Emilien Ruiz, historien à Sciences Po, membres du comité de rédaction de la revue Le Mouvement Social

Le numéro de revue : Le Mouvement Social n° 269-270, 2019/4, « Écrire autrement ? L’histoire sociale en quête de publics » 

La discussion :

  • Présentation de la revue Le Mouvement Social (1’30)
  • Le thème du numéro : écrire l’histoire autrement (BD, théâtre, blogs…) (3’)
  • La nouveauté des formes d’intervention actuelle des historien-ne-s dans l’espace public (8’
  • En lien avec un contexte qui est aussi politique, avec des usages réactionnaires de l’histoire (10’45)
  • Les questions méthodologiques (histoire comme travail de la preuve), au cœur des enjeux politiques (12’45)
  • Les injonctions paradoxales des institutions et des pairs vis-à-vis des interventions dans l’espace public : encouragées (14’) sans être toujours valorisées (17’30), avec des obstacles notamment juridiques (19’)
  • Le plaisir et l’intérêt de ces écritures alternatives, avec la rencontre d’un public plus vaste (20’30)
  • La notion d’histoire publique, qui permet en partie de poser ces enjeux, mais aussi les problèmes qu’elle pose (22’30)
  • Les questions de statut, de légitimité, de reconnaissance pour les collègues qui tentent ces écritures alternatives (28’)
  • Le rôle du web, des réseaux sociaux, de Wikipedia dans ces évolutions (29’30)
  • Quelle réception de ces pratiques, quelle efficacité, quantitative et qualitative ? (35’)
  • Quelle place pour les émotions dans ces pratiques, et quel enrichissement pour les historien-ne-s ? (38’)
  • La catégorie « histoire populaire » et ce qu’elle dit, par son relatif succès, des écritures alternatives de l’histoire et de leur réception (42’)
  • Qui « nous » lit ? (48’)

Schéma de Lisa Gilbert diffusé sur Twitter puis auprès de la American Historical Association.

Ajout du 28 août 2020:schéma traduit et adapté par André Loez

 

124. Histoires de Tintin #1 – la BD, objet historiographique, avec Sylvain Lesage

L’invité : Sylvain Lesage, maître de conférences à l’Université de Lille

Le thème : comment la bande dessinée est devenue un objet historiographique

Affiche de l’exposition Hergé en 1977 lors du Festival d’Angoulême

La discussion :

  • Aux sources d’un regard historiographique sur la BD : la bédéphilie dans les années 1960 1’20)
  • Un mouvement à la fois italien, français et belge, et très masculin (6’40)
  • L’émergence d’une BD plus adulte et autoréférentielle dans les années 1970 (9’)
  • Comment la BD franco-belge intéresse également les bédéphiles (12’20)
  • Les formes d’institutionnalisation de la BD avec l’expression « neuvième art », le festival d’Angoulême… (18’15)
  • La réification de l’auteur, que le phénomène Hergé pousse à son comble (24′)
  • La chronologie de la prise en compte de la BD aux États-Unis, plus précoce (27′)
  • La façon dont la BD est entrée à l’université, d’abord via la sémiotique ou la sociologie, puis pour l’histoire avec Pascal Ory (36′)
  • Le paysage historiographique au milieu des années 2000 (45′)
  • La place singulière de Tintin dans ce paysage, et les limites que la surfocalisation sur cette œuvre implique (51′)

Les références citées dans le podcast

  • L. Boltanski, « La constitution du champ de la bande dessinée », Actes de la Recherche en Sciences Sociales, 1975, 1, p. 37-59
  • Francis Lacassin, Pour un neuvième art : la bande dessinée, Union Générale d’Éditions, 10/18, 1971
  • P. Ory, « Mickey go home !  La désaméricanisation de la bande dessinée (1945-1950) », Vingtième Siècle. Revue d’histoire, 1984, p. 77‑88
  • T. Crépin, Haro sur le gangster ! : la moralisation de la presse enfantine, 1934-1954, Paris, CNRS, 2001

Bibliographie complémentaire

  • O. Mitterrand, L’histoire par la bande : bande dessinée, histoire et pédagogie, Paris, Syros, 1993.
  • P. Ory, Le petit nazi illustré : une pédagogie hitlérienne en culture française: « le Téméraire » (1943-1944), Paris, Nautilus, 2002 (Albatros, 1979).
  • J. Gallego (dir.), La bande dessinée historique: premier cycle: l’Antiquité, Pau, Presses de l’Université de Pau et des Pays de l’Adour, 2015.
  • T. Martine, Le Moyen Âge en bande dessinée, Paris, Karthala, 2016.
  • P. Delisle, Bande dessinée franco-belge et imaginaire colonial : des années 1930 aux années 1980, Paris, Karthala, 2008.
  • M. Porret (dir.), Objectif bulles : bande dessinée & histoire, Genève, Georg, 2009.
  • A. Genoudet, Dessiner l’histoire: pour une histoire visuelle, Paris, Éditions le Manuscrit, 2015.
  • Sylvain Lesage, Publier la bande dessinée. Les éditeurs franco-belges et l’album, 1950-1990 (Presses de l’ENSSIB, 2017)

87. Autour de Jean Delumeau, avec Guillaume Cuchet et Isabelle Poutrin

Le thème : Jean Delumeau (1923-2020), son œuvre et sa place dans l’historiographie

Jean Delumeau dans “Apostrophes” en 1978

Les invité-e-s : Isabelle Poutrin, Professeure d’histoire moderne à l’université de Reims ; Guillaume Cuchet, Professeur d’histoire contemporaine à l’université de Paris-est Créteil.

La discussion :

  • La place majeure tenue par Jean Delumeau dans l’historiographie (1’)
  • Un parcours universitaire qui conduit à Rome et à l’histoire moderne (4’)
  • À l’origine, loi du religieux, un historien de l’économie et de la société, sur les lancées de Fernand Braudel (6’)
  • Extrait : Jean Delumeau et l’alun de Rome (8′)
  • Un historien des grands mouvements et de la longue durée (11’30)
  • Extrait : le choix d’écrire un volume de la Nouvelle Clio sur la Réforme (13′)
  • Un historien soucieux d’œcuménisme (15’)
  • Jean Delumeau participant de la construction d’une légitimité de l’histoire religieuse, longtemps marginale ou cléricale (16’)
  • Un historien des « mentalités » (18’)
  • Un talent du texte et de la citation (21’)
  • Comment articuler l’histoire des croyances, et celles des pratiques sociales ? (25’)
  • Une carrière singulière, au Collège de France, avec des enquêtes collectives (29’)
  • Extrait : la peur en occident (introduction de la 2e partie, lue par Héloïse Chéronnet, 28’30)
  • Un historien de la peur, mais pas seulement, en lien dialectique avec une dimension rassurante de l’Église et du paradis (31’)
  • Des prolongements aux idées de Delumeau, sur le « contexte panique » du XVIe siècle, chez Denis Crouzet ou Caroline Callard (33’)
  • Jean Delumeau, essayiste catholique, aux prises avec la « déchristianisation » (34’)
  • Les liens entre passé et présent dans son œuvre, et la question du degré de christianisation du Moyen âge (37’)
  • Les critiques adressées par Jean Delumeau à l’Église et à son rigorisme (39’)
  • Une (légère) ouverture à l’histoire des femmes (42′)
  • Un livre collectif questionnant L’historien et la foi (1996) (44′)
  • Quelle postérité ?

Liens et bibliographie :

Références citées durant l’émission et prolongements :

73. Archéologie du XIXe siècle, avec Manuel Charpy et Stéphanie Sauget

Les invité-e-s : Stéphanie Sauget, professeure à l’université de Tours ; Manuel Charpy, chargé de recherche au CNRS

La parution : Histoire et archéologie : que faire du XIXe siècle ?, n°58/2019 de la Revue d’histoire du 19e siècle

La discussion :

  • L’exemple des fouilles du cimetière des Crottes à Marseille pour illustrer l’intérêt de la démarche archéologique appliquée au XIXe siècle, pour mesurer notamment les écarts entre normes et pratiques (1′)
  • Un XIXe siècle paradoxal, qui a légué objets et monuments, et dont l’archéologie ne peut se limiter à l’enfoui, à la fouille (4’15)
  • Le travail de Daniel Sayers, archéologue américain, sur le « grand marais lugubre » (great dismal swamp), et les traces qu’il y repère de communautés d’anciens esclaves en fuite autonomes (5’20)
  • Les parcours ayant amené Stéphanie Sauget et Manuel Charpy à travailler sur la culture matérielle, via les enjeux spatiaux ou ceux concernant les objets du XIXe siècle (8′)
  • La difficulté paradoxale de trouver des objets « ordinaires », et les fonds désormais accessibles de l’INPI (11′)
  • L’évolution de la démarche archéologique et historienne, qui ne cherche plus seulement le « bel objet »
  • L’établissement du dialogue entre historien-ne-s et archéologues : que fait-on de la « couche XIXe », récente, lors des fouilles ? (15’10)
  • La naissance de l’« archéologie générale » autour de Philippe Bruneau à la fin des années 1970, une démarche développée également dans les « pays neufs » comme les États-Unis et le Brésil, et en France en lien avec les préoccupations sur le patrimoine industriel (18’30)
  • L’archéologie qui permet de saisir la vie – la biographie ? – des objets (25′)
  • L’archéologie de la Grande Guerre et son essor à partir de 1991, et les problèmes (juridiques, moraux, éthiques) que posent les fouilles de terrains funéraires récents : « j’ai fouillé un soldat de 14 comme j’aurais fouillé du mérovingien ! » (26’15)
  • Comment faire l’archéologie d’une tombe qu’on ne peut pas fouiller ? à partir de l’article de Bruno Bertherat sur la tombe de Jeanne Moyaux morte en 1877 (28’40)
  • Extrait audio : Lucien Febvre, “vers une autre histoire”, 1949, in Combats pour l’histoire (lu par Jeanne Omhover, 32’55)
  • Le paradoxe d’un XIXe siècle qui est partout, mais absent en même temps, ou transformé, même dans les espaces dits préservés (35’40)
  • Des archives utiles pour parler de ceux qui ne parlent (n’écrivent) pas (40’30)

Les références citées dans l’émission :

  • Maurice Agulhon, « Esquisse pour une archéologie de la République. L’allégorie civique féminine », Annales. Économies, Sociétés, Civilisations, 28e année, n° 1, 1973, p. 5-34.
  • Thierry Bonnot, « La biographie d’objets : Une proposition de synthèse », Culture & Musées [En ligne], 25 | 2015
  • Jacques-Olivier Boudon, Le plancher de Joachim. L’histoire retrouvée d’un village français, Paris, Belin, 2018.
  • Manuel Charpy, Intérieurs parisiens. De l’atelier aux appartements, XVIIIe-XXe siècles, Paris, Flammarion, catalogue d’exposition, 2014.
  • Revue RAMAGE
  • Nicolas Offenstadt, Urbex RDA, Paris, Albin Michel, 2019.
  • Stéphanie Sauget, À la recherche des pas perdus. Une histoire des gares parisiennes, Paris, Tallandier, 2009

Les conseils de lecture :

70. Sciences et savoirs à l’époque moderne, avec Axelle Chassagnette

L’invitée : Axelle Chassagnette, Maîtresse de conférences en histoire moderne, Université Lumière Lyon 2

Le thème : Sciences et techniques au XVIIe-XVIIIe siècles, nouvelle question au programme de 2nde pour la rentrée 2019, en lien avec le chapitre rédigé dans l’ouvrage historiographique : Sébastien Cote, Emmanuelle Picard (dir.), Regards historiques sur Nations empires et nationalités de 1789 aux lendemains de la Première Guerre mondiale, Paris, Nathan, 2019.

La discussion :

  • Le regard d’une universitaire spécialiste de ces questions sur l’inscription au programme de 2nde de l’histoire des sciences (1’20)
  • Les difficultés pour enseignants et étudiants à s’approprier le contenu même des sciences de l’époque (3’05)
  • Un vocabulaire de la « science » qui n’est pas le même à l’époque moderne et aujourd’hui, et qui n’a pas les mêmes cloisonnements entre philosophie, théologie, savoirs relatifs à la nature… (5’20)
  • La notion de « révolution scientifique », qui a aujourd’hui été revisitée et nuancée (7’50)
  • Comment faire pour enseigner la période sans la réduire à une liste des « grandes figures » comme Galilée et Newton ? (11’50)
  • La place accordée aux femmes dans le programme, et le nécessaire rappel du statut minoritaire de figures comme Émilie du Châtelet (14’30)
  • La question des rapports entre sciences et Églises, qui ne se réduisent pas à des confrontations (16’10)
  • Les circulations des savoirs entre sphère savante et usages populaires (20’10)
  • Le rôle des États dans la construction des sciences, qui peuvent devenir des instruments de gouvernement (22’15)
  • La question des langues, et les circulations géographiques des savoirs, ainsi que les mutations de l’édition (25’20)
  • Les objets (télescope, microscope…) qui restent imparfaits à l’époque moderne, comme en attestent les observations de Galilée (30’15)
  • La circulation des savants en Europe (32’40)
  • Analyse d’un document : Michel van der Muischer, Médecin dans son cabinet, 1680 (35’00)

Les conseils de lecture et les références citées dans le podcast :

– Michel Lagrée, La Bénédiction de Prométhée. Religion et technologie, Paris, Fayard, 2000.
– Simone Mazauric, Histoire des sciences à l’époque moderne, Paris, Armand Colin, 2009
– Steven Shapin, Une histoire sociale de la vérité. Science et mondanité dans l’Angleterre du XVIIe siècle, Paris, La Découverte, 2014.
– Steven Shapin, La révolution scientifique, Paris, Flammarion, 1998.
L’affaire des faux Galilée

69. Pierre Laborie et l’historiographie de la Résistance, avec Cécile Vast

L’invitée : Cécile Vast, docteure en histoire, chercheure associée au LAHRA

Le livre : Pierre Laborie, Penser l’événement, 1940-1945, Paris, Gallimard, « Folio histoire », 2019.

La discussion :

  • Un projet éditorial qui prend source dans les derniers textes que Pierre Laborie composait à la fin de sa vie (0:50)
  • Son expérience personnelle de la guerre et de la mort, enfant, au printemps 1944 dans le Lot (5:00)
  • La question du silence et la difficulté de son interprétation historique (7:00)
  • Un parcours de recherche débuté à la fin des années 1960, comme professeur du secondaire, et en lien avec le Comité d’histoire de la 2e guerre mondiale, et qui aboutit à l’EHESS (8:35)
  • Une démarche inscrite dans une approche collective de la recherche, initiée par les colloques « La Résistance et les Français » à partir des années 1990 (12:50)
  • La recomposition des rapports entre historiens et témoins de la Résistance dans ces mêmes années 1990 (14:45)
  • L’épisode marquant que fut la table ronde de 1997 organisée par Libération, et le malaise qu’elle a suscité parmi des historiens comme Antoine Prost (18:35)
  • Le clivage dans l’historiographie de la Résistance entre deux types d’approches : priorité à son efficacité, ou à son inscription sociale ? (23:10)
  • Les critiques apportées par Pierre Laborie à la « vulgate » voulant que les Français aient été collectivement veules sous l’Occupation, liée notamment à la réception du film Le Chagrin et la Pitié (26:15)
  • Des positions historiographiques critiques envers certains aspects des travaux de Robert Paxton et Henry Rousso (30:28)
  • Les concepts introduits par Pierre Laborie, comme « crise d’identité nationale », « penser-double », « non-consentement » (34:45)
  • La dialectique de l’événement et de la structure dans son travail, en lien avec l’effondrement de 1940 (40:30)
    • Conseil de lecture (43:45)

Références et conseils de lecture :

« Pierre Laborie, un historien “trouble-mémoire” » (article sur Pierre Laborie avec liens et entretiens)

« Déplorable leçon d’histoire » : Tribune cosignée par Pierre Laborie suite à la table-ronde avec les époux Aubrac organisée par Libération en 1997.

Parmi les travaux de Pierre Laborie :
– Résistants vichyssois et autres : l’évolution de l’opinion et des comportements dans le Lot de 1939 à 1944, Paris : Éditions du CNRS, 1980
L’opinion française sous Vichy : les Français et la crise d’identité nationale, Paris, Seuil, 1980.
Le chagrin et le venin. La France sous l’Occupation, mémoire et idées reçues, Paris, Bayard, 2011

Travaux cités durant l’émission :
François Azouvi, Le Mythe du grand silence. Auschwitz, les Français, la mémoire, Paris, Fayard, 2012.
– Eberhard Jäckel, La France dans l’Europe de Hitler, Paris, Fayard, 1968.
– Alf Lüdtke, « La domination au quotidien. “Sens de soi” et individualité des travailleurs en Allemagne avant et après 1933 », Politix, 4/13, 1991.
– François Marcot (dir.), avec la collaboration de Bruno Leroux et Christine Levisse-Touzé, Dictionnaire historique de la Résistance – Résistance intérieure et France libre, Paris, Robert Laffont, « Bouquins », 2006.
– Robert Paxton, La France de Vichy, Paris, Seuil, 1972.
– Henry Rousso, Le syndrome de Vichy (1944-1987), Paris, Seuil, 1987.

Conseil de lecture :

Claude Mauriac, Le temps immobile, 10 vol. Grasset

66. Bibliothèque idéale et participative (3) : époque contemporaine

Dans ce troisième épisode d’une série réalisée grâce aux contributions des auditrices et des auditeurs du podcast, qui ont envoyé un bref éloge d’un livre d’histoire les ayant marqués, sont évoqués les luttes et les drames de l’histoire contemporaine: Grande Guerre,Shoah, guerre d’Algérie, combats des minorités noires aux États-Unis… Mais aussi de belles tentatives pour reconstruire le monde d’individus connus ou inconnus.

Vus pouvez également écouter le premier volet de cette série portant sur l’antiquité et le moyen âge, et le second consacré à l’époque moderne  (du XVIe au XVIIIe siècle).

Les livres conseillés :

  • Alain Corbin, Le monde retrouvé de Louis-François Pinagot, sur les traces d’un inconnu, 1798-1876, Paris, Flammarion, 1998 (par Jérôme Lamy)
  • Gérard Noiriel, Les ouvriers dans la société française, xixe-xxe siècle, Paris, Le Seuil, 1986 (par Mathilde Larrère)
  • Timothy Tackett, Par la volonté du peuple. Comment les députés de 1789 sont devenus révolutionnaires, Paris, Albin Michel, 1997 (par Mathilde Larrère)
  • Patrick Cabanel, Le protestantisme français : la belle histoire, Nîmes, Alcide, 2017 (par Stéphane Zehr)
  • Michelle Perrot, George Sand à Nohant. Une maison d’artiste, Paris, Seuil, 2018 (par Mathilde Castanié)
  • Stéphane Audoin-Rouzeau, Annette Becker, 14-18, Retrouver la guerre, Paris, Gallimard, 2000 (par Nathan Menez)
  • Emmanuel Debruyne, « Femmes à boches ». Occupation du corps féminin dans la France et la Belgique de la Grande Guerre, Paris, Les Belles Lettres, 2018 (par Nicolas Charles)
  • Calel Perechodnik, Suis-je un meurtrier ?, Paris, Liana Levi, 1998 (par Théo Bonin)
  • Caroline Rolland-Diamond, Black America. Une histoire des luttes pour l’égalité et la justice (XIXe-XXIe siècle), Paris, La Découverte, 2016 (par Véronique Servat)
  • Alain Dewerpe, Charonne, 8 février 1962. Anthropologie historique d’un massacre d’État, Paris, Gallimard, 2006 (par Théophile Leroy)
  • Etienne Anheim, Le travail de l’histoire, Paris, Publications de la Sorbonne, 2018 (par Aurore Denmat-Léon)
  • Patrick Boucheron, Comment se révolter ?, Bayard, Montrouge, 2016 (par Marie-Cécile Pineau)