188. Histoire et mémoire du spartakisme, avec Nicolas Offenstadt

L’invité: Nicolas Offenstadt (MCF HDR Université Paris-I)

Le livre: Gilbert Badia, Le spartakisme. Les dernières années de Rosa Luxemburg et Karl Liebknecht, Ivry, éditions Otium, 2021 [1967]

La discussion :

  • Pourquoi lire cette réédition d’un livre de 1967 ? (1:00)
  • Le parcours de Gilbert Badia, germaniste, résistant, militant communiste, passeur de la RDA en France… (4:00)
  • Quelle position pouvait avoir un intellectuel communiste dans les années 1950-1980 dans le monde universitaire ? (8:30)
  • Les rapports de Gilbert Badia au régime de la RDA et à ses organes de sécurité (12:10)
  • Un livre marqué par les questionnements politiques des années 1960 sur la révolution et l’organisation révolutionnaire (17:30)
  • À l’arrière-plan de l’ouvrage, le questionnement sur la « trahison » de la social-démocratie (21:15)
  • Le spartakisme, né du rejet de la Grande Guerre (24:30)
  • La figure marquante de Karl Liebknecht (27:00)
  • La naissance du spartakisme et son développement à partir de 1916 (29:30)
  • Nuancer la place des spartakistes dans la révolution allemande (34’)
  • Le rôle des socialistes majoritaires en partie réévalué (38:30)
  • Les commémorations de la révolution allemande en 2018-2019 (42:00)
  • Quelles traces, quels monuments du spartakisme dans l’Allemagne contemporaine ? (51:00)

Principaux ouvrages de de Gilbert Badia:

  • La fin de la République allemande, 1929-1933, éditions sociales, Paris, 1958.
  • Histoire de l’Allemagne contemporaine, 2 volumes, éditions sociales, 1962, rééd. 1964, 1975.
  • Les spartakistes, 1918, l’Allemagne en révolution, Collections archives, Julliard, 1966.
  • Le Spartakisme, les dernières années de Rosa Luxemburg et de Karl Liebknecht, L’Arche, 1967.
  • Rosa Luxemburg : Journaliste, polémiste, révolutionnaire, éditions sociales, 1975.
  • (dir.) Les barbelés de l’exil, Presses universitaires de Grenoble, 1979.
  • Feu au Reichstag : l’acte de naissance du régime nazi, éditions sociales, 1983.
  • (dir.) Les Bannis de Hitler, EDI-Presses universitaires de Vincennes, 1984.
  • Clara Zetkin, féministe sans frontières, Éditions de l’Atelier, 1993.
  • Rosa Luxemburg, épistolière, Éditions de l’Atelier, 1995.
  • Ces Allemands qui ont affronté Hitler, Éditions de l’Atelier, 2000.

Notice biographique de Gilbert Badia

La chanson de fin: Ernst Buch, Das Lied der Matrosen, tiré du film du même nom, par Kurt Maetzig et Günter Reisch (1958)

 

187. Hommage à Bertrand Tavernier, avec Véronique Beaulande-Barraud, Annie Duprat, Gwendal Piégais et Manon Pignot

Les invité-es : Véronique Beaulande-Barraud (Professeure à l’université Grenoble-Alpes), Annie Duprat (Professeure émérite à l’université de Cergy), Gwendal Piégais (doctorant à l’université de Bretagne-occidentale) et Manon Pignot (MCF à l’université de Picardie-Jules Verne)

L’hommage: Bertrand Tavernier (1941-2021), son cinéma, ses films historiques

La discussion:

  • Un personnage majeur et à part dans le cinéma français (1:00)
  • Un rapport à l’histoire éclectique, doublé d’un regard sur la société contemporaine (3:20)
  • Une conscience politique qui se traduit également par un travail de documentariste important, pour La Guerre sans nom (1992) notamment (4:45)
  • Que la fête commence (1975), un film complexe, situé sous la Régence (7:00)
  • Extrait d’entretien (Arte, Olivier Père, 2018) : l’écriture du scénario (9:00)
  • Les protagonistes du film : Émilie, Philippe d’Orléans, l’abbé Dubois, Pontcallec (10:20)
  • La réception pas évidente du film (14:30)
  • Un film tout sauf « académique », et marqué par la mort (19:00)
  • La critique des institutions, une ligne de force du cinéma de Tavernier (21:00)
    • Extrait d’entretien (Parlons cinéma, 1979) : les deux personnages du juge et l’assassin (24:40)
  • Le juge et l’assassin (1976), loin des images d’Épinal sur la France des années 1890 (26:00)
  • La capacité de Tavernier à choisir des sujets à la marge des « grands » événements historiques, ou dans leurs interstices (28:30)
  • La passion Béatrice (1987), une image sombre de la période médiévale, commentée par Véronique Beaulande-Barraud (33:00)
  • La Vie et rien d’autre (1989), le chef-d’œuvre sur le deuil de la Grande Guerre (38:00)
  • La puissance des paysages et la matérialité du deuil (42:00)
  • Un film qui anticipe sur le retour mémoriel de la guerre de 1914-1918 (45:00)
  • Extrait d’entretien (FilmoTV, 2011) : comment filmer l’histoire, à hauteur de personnages ? (50:00)
  • Capitaine Conan (1996), un film s’inscrivant dans les débats historiographiques sur la violence de guerre (53:00)

Bibliographie sélective: de et sur Bertrand Tavernier

  • 50 ans de cinéma américain, Paris, éditions Nathan, 1991, 1246 p.
  • Amis américains : entretiens avec les grands auteurs d’Hollywood, coédition Institut Lumière/Actes Sud, 1993, 828 p.
  • Pas à pas dans la brume électrique, Paris, Éditions Flammarion, 2009, 267 p.
  • « Le cinéma et rien d’autre. Entretien », Le Débat, 2005/4 (n° 136), p. 134-145
  • Le cinéma dans le sang, entretiens avec Noël Simsolo, Paris, Ecriture, 2011.
  • Jean-Luc Douin, Bertrand Tavernier, cinéaste insurgé, Paris, Ramsay, 2006.

Bibliographie sélective: Tavernier et l’histoire

 

175. Buczacz, anatomie d’un génocide, avec Omer Bartov et Tal Bruttmann

L’invité: Omer Bartov, professeur à l’université Brown

Le livre: Anatomie d’un génocide. Vie et mort dans une ville nommée Buczacz, Paris,  Plein jour éditions, 2021 [2018]

La discussion:

  • Préface et présentation d’Omer Bartov, par Tal Bruttmann, historien, spécialiste de la Shoah
  • La 1e question de l’entretien porte sur la localisation de la ville de Buczacz étudiée dans le livre, aujourd’hui en Ukraine, et qui a varié dans l’histoire
  • Le livre comporte un aspect intime d’histoire familiale, comme ceux de Daniel Mendelsohn et Philippe Sands, j’ai demandé à Omer Bartov la place de cette dimension dans son ouvrage
  • La question suivante porte sur la durée de la recherche et la difficulté de brasser des matériaux dans de nombreuses langues
  • L’histoire de Buczacz paraît linéaire avec une explosion inéluctable de la violence : d’où ma question, est-ce qu’il y a des moments de bifurcation, après lesquels cette histoire aurait pu se dérouler autrement ?
  • Cette idée que la 1e GM constitue un tournant pour l’Europe de l’est et du sud-est, radicalisant les antagonismes, Omer Bartov l’a développée dans un projet collectif dirigé avec Eric Weitz, Shatterzone of empires, la zone d’effondrement des empires, il explique maintenant ces logiques
  • La question suivante porte de façon plus générale sur la manière dont la guerre fait s’effondrer les normes sociales et morales, ce qui était aussi l’un des aspects étudiés dans L’armée d’Hitler
  • Dans l’entre-deux-guerres à Buczacz on voit monter les nationalismes, ce qui pose un problème particulier pour les Juifs de Galicie : contrairement aux Ukrainiens et Polonais il leur est difficile de revendiquer ce territoire
  • La question suivante porte sur le rôle des aspects économiques et sociaux, de la pauvreté de cette région, dans les mécanismes de la violence, en lien avec le ressentiment des acteurs
  • Comme dit précédemment, la 2e GM commence à l’est de la Pologne, à Buczacz, avec l’occupation soviétique, de 1939 à 194 : un moment important parce que les Juifs se retrouvent associés au régime communiste
  • Un aspect très frappant des pages consacrées au génocide commis par les Allemands est que son déroulement est presque quotidien, avec des meurtres en pleine rue, de façon quasi constante, très loin de l’image parfois diffusée de la Hhoah, d’un crime de bureau et d’une organisation industrielle du meurtre de masse
  • J’ai ensuite posé à Omer Bartov la question de ses choix d’écriture, dans un chapitre qui n’est pas chronologique mais passe en revue des expériences individuelles et des portraits ; en demandant aussi quel lien il voyait entre son intégration des témoignages et celle faite par Saül Friedlander dans sa grande synthèse
  • Un des aspects terribles racontés dans le livre est cette sorte de dissonance cognitive chez les Allemands qui commettent des meurtres épouvantables ou y assistent, et vivent leur vie de famille tranquille en buvant du schnaps. Est-ce qu’on peut l’expliquer ?
  • Le livre confirme aussi, ce que l’on savait, à quel point ces crimes sont restés presque totalement impunis
  • La fin de l’occupation allemande ne signifie pas la fin de la violence, d’abord entre groupes nationalistes, puis en raison des politiques staliniennes
  • Une avant-dernière question qui porte sur les traces très minimes de ces événements à Buczacz et dans la région aujourd’hui
  • Pour finir, j’ai demandé à Omer Bartov sa réaction à la traduction en français de son livre

Travaux d’Omer Bartov

  • The Eastern Front, 1941–1945: German Troops and the Barbarization of Warfare, Palgrave Macmillan, 2001
  • Hitler’s Army: Soldiers, Nazis, and War in the Third Reich, Oxford Paperbacks, 1992; trad. fr. L’armée d’Hitler, La Wehrmacht, les nazis et la guerre, Paris, Hachette, 1999.
  • Murder in Our Midst: The Holocaust, Industrial Killing, and Representation, Oxford University Press, 1996
  • Mirrors of Destruction: War, Genocide, and Modern Identity, Oxford University Press, 2002
  • Germany’s War and the Holocaust: Disputed Histories, Cornell University Press, 2003
  • The “Jew” in Cinema: From The Golem to Don’t Touch My Holocaust, Indiana University Press, 2005
  • Erased: Vanishing Traces of Jewish Galicia in Present-Day Ukraine, Princeton University Press, 2007
  • (dir., avec Eric Weitz) Shatterzone of Empires: Coexistence and Violence in the German, Habsburg, Russian, and Ottoman Borderlands, Bloomington, Indiana University Press, 2013
  • The Holocaust: Origins, Implementation, Aftermath. Routledge, 2015
  • Anatomy of a Genocide: The Life and Death of a Town Called Buczacz, Simon & Schuster, 2018.
  • Voices on War and Genocide: Three Accounts of the World Wars in a Galician Town, Berghahn Books, 2020

Auteurs et ouvrages cités dans l’émission (par ordre alphabétique, en traduction)

  • Shmuel Yosef Agnon (prix Nobel de littérature 1966)
  • Saül Friedlander, L’Allemagne nazie et les juifs, 2 vol., Paris, Seuil, 2008.
  • Raul Hilberg, Exécuteurs, victimes, témoins. La catastrophe juive (1933-1945), Paris, Gallimard, 1994.
  • Timothy Snyder, Terres de sang. L’Europe entre Hitler et Staline, Paris, Gallimard, 2012.
    • Recension par Omer Bartov : “Bloodlands : Europe between Hitler and Stalin (Book review)”, Slavic Review, Vol. 70, No. 2 (Summer 2011), p. 424-428

 

 

173. Super-héros et guerres mondiales, avec Alexandre Jubelin

Une discussion avec Alexandre Jubelin, producteur du podcast Le Collimateur, autour des films Captain America: First Avenger (Joe Johnston, 2011) et Wonder Woman (Patty Jenkins, 2017).

La question des super-héros a fait l’objet d’un entretien avec William Blanc (ép. 36)

151. Photographier les guerres coloniales, avec Daniel Foliard

L’invité : Daniel Foliard, maître de conférences à l’université de Nanterre

Le livre : Combattre, punir, photographier. Empires coloniaux, 1890-1914, Paris, La découverte, 2020.

La discussion :

  • La photo de couverture du livre, frappante, et ce qu’elle dit des pratiques de photographie et de violences de la période 1890-1914 (1’25)
  • Une approche élargie de la sphère impériale et coloniale, des conflits lointains de cette époque (5’20)
  • L’avènement non linéaire de la photographie dans ces espaces, avec les premières vues de guerre des années 1840-1850 (9’25)
  • Concurrences et hybridations entre photos et dessins ou peintures (13’30)
  • La photographie, une technique d’enregistrement, et de domination, pour les administrations coloniales (16’30)
  • Une photo coloniale dont il ne faut pas surestimer l’efficacité malgré le grand nombre de photographes (22’)
  • Des questions davantage travaillées dans l’historiographie anglophone (23’50)
  • Quelles solutions aux dilemmes éthiques posés par les photos de violence ? (27’40)
  • Une codification des genres photographiques, aux formats de plus en plus normés (carte postale, presse…) (31’20)
  • Des schèmes culturels sur la guerre et des circuits de fabrication et diffusion des images qui sont en place bien avant 1914 (36’)
  • Des contemporains qui ont conscience de la possibilité de retouche des images (39’)
  • Des cultures visuelles différentes, suivant les pays ? (42’45)
  • La présence, plus forte qu’on ne l’imagine, de morts européens, dans les pages des journaux de l’époque (46’10)

 

Les références citées dans l’émission :

  • Georges Didi-Huberman, Images malgré tout, Paris, Éditions de Minuit, 2003
  • Pierre Schill (éd.), Réveiller l’archive d’une guerre coloniale : photographies et écrits de Gaston Chérau, correspondant de guerre lors du conflit italo-turc pour la Libye (1911-1912), Grâne, Creaphis éditions, 2018.
  • Joëlle Beurier, Images et violence 1914-1918. Quand Le Miroir racontait la Grande Guerre, Paris, Éd. Nouveau monde, 2007
  • Susan Sontag, Devant la douleur des autres, trad. de l’anglais par F. Durant-Bogaert, Paris, Christian Bourgois, 2003.

 

Les conseils de lecture :

  • Daniel Mendelsohn, Les disparus, Paris, Flammarion, 2007.
  • Francesca Melandri, Tous, sauf moi, Paris, Gallimard, 2019.

 

97. Discours mobilisateurs, de Viviani et Churchill à Macron

Le thème : après l’allocution présidentielle annonçant la “guerre” contre la pandémie de Coronavirus, retour à l’aide d’archives audio sur différents discours historiques de mobilisation dans la Première et la Seconde Guerres mondiales. Lire également à ce propos le texte de Maxime Combes, “nous ne sommes pas en guerre, mais en pandémie”.

Les extraits audio:

  • Emmanuel Macron, 16 mars 2020
  • Georges Clemenceau, années 1920 (2’10)
  • René Viviani, 5 août 1914 (3′)
  • René Viviani, 26 août 1914
  • Paul Deschanel, 22 décembre 1914 (5′)
  • Raymond Poincaré, 14 juillet 1915 (7’45)
  • James Hamilton Lewis, 1918 (9’20)
  • Franklin Lane, 1918 (10’10)
  • James W. Gerard, 1918 (11’10)
  • George VI, 3 septembre 1939 (13’20)
  • Paul Reynaud, 28 mai 1940 (15′)
  • maréchal Pétain, 17 juin 1940 (16’40)
  • maréchal Pétain, 30 octobre 1940
  • Jacques Doriot, juillet 1941 (17’40)
  • Winston Churchill, 13 mai 1940 (18’40)
  • Winston Churchill, 4 juin 1940
  • Winston Churchill, 18 juin 1940
  • Winston Churchill, 20 octobre 1940
  • général De Gaulle, 22 juin 1940 (28’30)
  • général De Gaulle, 23 octobre 1941
  • Franklin D. Roosevelt, 8 décembre 1941 (35’30)
  • Eleanor Roosevelt, 8 décembre 1941 (38’05)
  • un électricien new-yorkais, 8 décembre 1941
  • Sol Shidlinger, 8 décembre 1941

Pour aller plus loin:

BNF, archives de la parole

Library of Congress, recherche “discours”

78. J. R. R. Tolkien et l’histoire, avec Emilie Fissier et Frédéric Manfrin

Les invité-e-s : Emilie Fissier et Frédéric Manfrin, du département d’histoire de la Bibliothèque Nationale de France, commissaire associée et commissaire principal (avec Vincent Ferré) de l’exposition Tolkien

L’événement : exposition « Tolkien, voyage en terre du Milieu », du 22 octobre 2019 au 16 février 2020 à la Bibliothèque Nationale de France.

La discussion :

  • Les origines de l’exposition « Tolkien, voyage en Terre du milieu », en lien avec la Bodleian library d’Oxford,  et le « Tolkien estate » (1:15)
  • Les choix d’objets mis en regard des œuvres de Tolkien (5:50)
  • Un parti-pris de l’exposition : ne rien montrer de postérieur à 1972, pour replonger les visiteurs dans l’imaginaire propre à l’auteur (7:20)
  • Le genre de la « fantasy », déjà en partie constitué quand Tolkien commence à écrire (8:20)
  • Les anneaux de Tolkien ne sont pas le Ring de Wagner ! (10:15)
  • L’enfance de Tolkien près de Birmingham, et la sensibilité à la nature, aux paysages, qui en découle (12:40)
  • Le rapport complexe de Tolkien à Shakespeare, et à l’antiquité gréco-latine (15:10)
  • L’invention linguistique comme source fondamentale de son inspiration (17:00)
  • L’entrée en guerre de 1914, moment ambigu pour qui travaille sur les langues et l’aire germanique (19:10)
  • La marque de la Grande Guerre sur l’œuvre de Tolkien, travaillée par la mort (21:00)
  • Tolkien dans l’entre-deux-guerres, savant et écrivain pour ses enfants (24:20)
  • Son talent graphique et la variété de sa palette (26:00)
  • Le succès du Hobbit (1937) et le début d’une véritable carrière d’écrivain (28:30)
  • Le travail propre de Tolkien sur la langue anglaise, et sa musicalité (30:00)
  • La cosmogonie de la Terre du Milieu (31:45)
  • La réception du Seigneur des anneaux, et son ampleur sur les campus américains dans les années 1960 en particulier (32:45)
  • Les paradoxes d’une lecture pacifiste de Tolkien, alors qu’un personnage comme Faramir souligne la légitimité de la guerre (34:25)
  • Le Moyen âge de Tolkien, antérieur à la conquête normande, et loin de la matière arthurienne (37:00)
  • La juxtaposition de périodes et de régions dans le monde imaginaire de Tolkien : Minas Tirith, allusion à Byzance (41:20)
  • Le thème de la quête, fonctionnant de manière inversée dans le Hobbit et le Seigneur des anneaux (42:40)
  • Un Tolkien « médiéviste » qui va jusqu’à inventer une tradition manuscrite de son propre texte ! (44:10)
  • Les sources d’inspiration de Tolkien pour les créatures fantastiques dont il peuple son œuvre (45:15)
  • Un Tolkien qui ne sépare pas les créatures en « races » (48:00)
  • L’apparence des manuscrits de Tolkien, qui évoquent à leur façon le Moyen âge (50:10)
  • Quels objets, quelles œuvres ont le plus marqué les commissaires de l’exposition ? (51:50)

Pour aller plus loin :

  • Tolkien, voyage en Terre du Milieu, catalogue de l’exposition de la BNF, 2018.
  • John Garth, Tolkien et la Grande Guerre, Paris, Christian Bourgois, 2014.

73. Archéologie du XIXe siècle, avec Manuel Charpy et Stéphanie Sauget

Les invité-e-s : Stéphanie Sauget, professeure à l’université de Tours ; Manuel Charpy, chargé de recherche au CNRS

La parution : Histoire et archéologie : que faire du XIXe siècle ?, n°58/2019 de la Revue d’histoire du 19e siècle

La discussion :

  • L’exemple des fouilles du cimetière des Crottes à Marseille pour illustrer l’intérêt de la démarche archéologique appliquée au XIXe siècle, pour mesurer notamment les écarts entre normes et pratiques (1′)
  • Un XIXe siècle paradoxal, qui a légué objets et monuments, et dont l’archéologie ne peut se limiter à l’enfoui, à la fouille (4’15)
  • Le travail de Daniel Sayers, archéologue américain, sur le « grand marais lugubre » (great dismal swamp), et les traces qu’il y repère de communautés d’anciens esclaves en fuite autonomes (5’20)
  • Les parcours ayant amené Stéphanie Sauget et Manuel Charpy à travailler sur la culture matérielle, via les enjeux spatiaux ou ceux concernant les objets du XIXe siècle (8′)
  • La difficulté paradoxale de trouver des objets « ordinaires », et les fonds désormais accessibles de l’INPI (11′)
  • L’évolution de la démarche archéologique et historienne, qui ne cherche plus seulement le « bel objet »
  • L’établissement du dialogue entre historien-ne-s et archéologues : que fait-on de la « couche XIXe », récente, lors des fouilles ? (15’10)
  • La naissance de l’« archéologie générale » autour de Philippe Bruneau à la fin des années 1970, une démarche développée également dans les « pays neufs » comme les États-Unis et le Brésil, et en France en lien avec les préoccupations sur le patrimoine industriel (18’30)
  • L’archéologie qui permet de saisir la vie – la biographie ? – des objets (25′)
  • L’archéologie de la Grande Guerre et son essor à partir de 1991, et les problèmes (juridiques, moraux, éthiques) que posent les fouilles de terrains funéraires récents : « j’ai fouillé un soldat de 14 comme j’aurais fouillé du mérovingien ! » (26’15)
  • Comment faire l’archéologie d’une tombe qu’on ne peut pas fouiller ? à partir de l’article de Bruno Bertherat sur la tombe de Jeanne Moyaux morte en 1877 (28’40)
  • Extrait audio : Lucien Febvre, “vers une autre histoire”, 1949, in Combats pour l’histoire (lu par Jeanne Omhover, 32’55)
  • Le paradoxe d’un XIXe siècle qui est partout, mais absent en même temps, ou transformé, même dans les espaces dits préservés (35’40)
  • Des archives utiles pour parler de ceux qui ne parlent (n’écrivent) pas (40’30)

Les références citées dans l’émission :

  • Maurice Agulhon, « Esquisse pour une archéologie de la République. L’allégorie civique féminine », Annales. Économies, Sociétés, Civilisations, 28e année, n° 1, 1973, p. 5-34.
  • Thierry Bonnot, « La biographie d’objets : Une proposition de synthèse », Culture & Musées [En ligne], 25 | 2015
  • Jacques-Olivier Boudon, Le plancher de Joachim. L’histoire retrouvée d’un village français, Paris, Belin, 2018.
  • Manuel Charpy, Intérieurs parisiens. De l’atelier aux appartements, XVIIIe-XXe siècles, Paris, Flammarion, catalogue d’exposition, 2014.
  • Revue RAMAGE
  • Nicolas Offenstadt, Urbex RDA, Paris, Albin Michel, 2019.
  • Stéphanie Sauget, À la recherche des pas perdus. Une histoire des gares parisiennes, Paris, Tallandier, 2009

Les conseils de lecture :

66. Bibliothèque idéale et participative (3) : époque contemporaine

Dans ce troisième épisode d’une série réalisée grâce aux contributions des auditrices et des auditeurs du podcast, qui ont envoyé un bref éloge d’un livre d’histoire les ayant marqués, sont évoqués les luttes et les drames de l’histoire contemporaine: Grande Guerre,Shoah, guerre d’Algérie, combats des minorités noires aux États-Unis… Mais aussi de belles tentatives pour reconstruire le monde d’individus connus ou inconnus.

Vus pouvez également écouter le premier volet de cette série portant sur l’antiquité et le moyen âge, et le second consacré à l’époque moderne  (du XVIe au XVIIIe siècle).

Les livres conseillés :

  • Alain Corbin, Le monde retrouvé de Louis-François Pinagot, sur les traces d’un inconnu, 1798-1876, Paris, Flammarion, 1998 (par Jérôme Lamy)
  • Gérard Noiriel, Les ouvriers dans la société française, xixe-xxe siècle, Paris, Le Seuil, 1986 (par Mathilde Larrère)
  • Timothy Tackett, Par la volonté du peuple. Comment les députés de 1789 sont devenus révolutionnaires, Paris, Albin Michel, 1997 (par Mathilde Larrère)
  • Patrick Cabanel, Le protestantisme français : la belle histoire, Nîmes, Alcide, 2017 (par Stéphane Zehr)
  • Michelle Perrot, George Sand à Nohant. Une maison d’artiste, Paris, Seuil, 2018 (par Mathilde Castanié)
  • Stéphane Audoin-Rouzeau, Annette Becker, 14-18, Retrouver la guerre, Paris, Gallimard, 2000 (par Nathan Menez)
  • Emmanuel Debruyne, « Femmes à boches ». Occupation du corps féminin dans la France et la Belgique de la Grande Guerre, Paris, Les Belles Lettres, 2018 (par Nicolas Charles)
  • Calel Perechodnik, Suis-je un meurtrier ?, Paris, Liana Levi, 1998 (par Théo Bonin)
  • Caroline Rolland-Diamond, Black America. Une histoire des luttes pour l’égalité et la justice (XIXe-XXIe siècle), Paris, La Découverte, 2016 (par Véronique Servat)
  • Alain Dewerpe, Charonne, 8 février 1962. Anthropologie historique d’un massacre d’État, Paris, Gallimard, 2006 (par Théophile Leroy)
  • Etienne Anheim, Le travail de l’histoire, Paris, Publications de la Sorbonne, 2018 (par Aurore Denmat-Léon)
  • Patrick Boucheron, Comment se révolter ?, Bayard, Montrouge, 2016 (par Marie-Cécile Pineau)

60. Retour sur le centenaire de la Grande Guerre, avec Laurent Veyssière

L’invité: Laurent Veyssière, directeur général adjoint de la mission du centenaire de la Première Guerre mondiale

La discussion: les rencontres des 20-21 juin 2019 à la BNF; les acquis de la commémoration; les regrets; la dimension pédagogique comme élément fondamental

Un podcast improvisé (d’où la qualité moyenne du fichier audio) à la BNF à l’occasion des journées “il était une fois le centenaire