111. The Long Song, une belle série sur l’esclavage, avec Fanny Malègue et David Chaunu

Les invité-e-s : Fanny Malègue, doctorante à l’EHESS, et David Chaunu, doctorant à Paris-Sorbonne

L’œuvre : The Long Song, mini-série de la BBC (2016), adaptée du roman d’Andrea Levy.

La discussion :

  • L’origine de la série, adaptation d’un roman d’Andrea Levy (1’30)
  • Un jeu habile de la série sur l’esclavage et sa représentation, et sur les codes narratifs des récits d’anciens esclaves comme celui de Equiano (4’)
  • Le nom, l’identité, comme enjeu clef dans les sociétés esclavagistes, avec ici la réification de « Miss July » nommée « Marguerite » par sa maîtresse (6’10)
  • Le contexte historique de la série : les « îles à sucre » exploitées par les empires (10’15)
  • Les hiérarchies de statut, travail et couleur dans la société jamaïquaine, et la place de la ville en son sein (11’30)
  • La place des distinctions de couleur dans la société servile (14’30)
  • Une série qui met en scène l’« agency », la capacité d’agir, de Miss July (18’50), et les relations maîtres-esclaves de façon complexe, à rebours d’autres représentations comme celle de Django Unchained
  • La mise en scène des maîtres et de leur fragilité ou déclassement (22’50)
  • Le personnel d’encadrement des plantations et leurs propres rapports d’infériorité mais aussi d’assimilation au groupe des maîtres (26’)
  • L’abolition de l’esclavage en 1833 comme point de pivot de la série, qui insiste avant tout sur les continuités (29′)
  • Le maintien d’une domination économique sur les anciens esclaves (33′)
  • Le personnage de Robert Goodwin, et les ambiguïtés de l’abolitionnisme qu’il permet de mettre en scène, à travers les relations amoureuses et de couple qu’il entretient (35’30)
  • Le travail sur la langue propre à la série (40′)
  • Conseils de lecture (44′)

Conseils de lecture / Pour aller plus loin :

  • Cousseau Vincent, « Nommer l’esclave dans la Caraïbe xviie-xviiie siècles », Annales de démographie historique, 2016/1 (n° 131), p. 37-63.
  • Paul Cheney, Cul de Sac: Patrimony, Capitalism, and Slavery in French Saint-Domingue. Chicago: University of Chicago Press, 2017
  • Abigail L. Swingen, Competing Visions of Empire: Labor, Slavery, and the Origins of the British Atlantic Empire, New Haven CT: Yale University Press, 2015.
  • Site de Trevor Burnard, spécialiste de l’histoire de la Jamaïque

 

104. La série ‘Peaky Blinders’, avec Victor Faingnaert

L’invité: Victor Faingnaert

La série: Peaky Blinders

La discussion :

  • Les origines et buts de la série, et de son créateur Steven Knight
  • Les rapports compliqués entre cet auteur et les historiens, quant à la représentation des classes populaires
  • Une contre-image de la Grande-Bretagne
  • Les origines du nom « Peaky Blinders » et les faits réels à l’origine de la série
  • Le style visuel de la série, Birmingham comme ville industrielle qui fait aussi référence aux décors de western
  • L’univers politique et social de la série, une lutte des classes tempérée par la volonté d’embourgeoisement des Shelby
  • Les origines variées des personnages, telles que la série les met en scène : italiens, juifs, gitans, noirs britanniques…
  • La place accordée à la question irlandaise
  • Une série plus juste sur le plan sociologique qu’historique ?
  • Les rôles féminins de la série, en écho aux femmes des classes populaires britanniques
  • La réception enthousiaste de la série et ses effets en Grande-Bretagne, avec une mode « Peaky »