423. Brasero, une contre-histoire buissonnière, avec Patrick Marcolini et Anne Steiner

Le numéro de revue : Brasero, revue de contre-histoire, n°5, 2025, éditions L’échappée

L’invité et l’invitée :

  • Patrick Marcolini, philosophe et maître de conférences en esthétique à l’université Paul-Valéry-Montpellier 3
  • Anne Steiner, sociologue

La discussion :

  • Une revue de « contre-histoire » au croisement de plusieurs influences dont celle du situationnisme (1:00)
  • Ce qu’on trouve dans la revue, qui « se regarde autant qu’elle se lit » (9:30)
  • Un espace pour les sujets de marge, de niche, singuliers, « braséresques » (20:45)
  • Comment fabriquer de façon efficace une revue de sensibilité libertaire ? (28:15)
  • Porter une parole de gauche anti-autoritaire dans le débat public (35:45)

Les conseils de lecture : Vie et Destin de Vassili Grossmann, René Guénon

Note importante : à la fin de l’émission est mentionné positivement l’anarchiste André Prudhommeaux. Un auditeur nous signale que cet auteur était aussi un antisémite convaincu, défenseur de Paul Rassinier dans les années 1950, comme le montre notamment le livre de Bruno David, Intellectuels ouvriéristes. Les communistes des conseils en France 1927-1934, Presses universitaires de Provence, Aix-en-Provence, 2025. Ni Paroles d’histoire, ni Brasero ne disposaient de cette information au moment de l’enregistrement et de la diffusion, mais il est important qu’elle soit signalée, ce sera aussi le cas dans la revue.

296. Histoire de l’anarchisme (les mercredis des révolutions)

Dernière séance de l’Université populaire de la société d’histoire de 1848, mercredi 7 juin de 18h30 à 20h30 à la mairie du XVIIIe arrondissement de Paris.

Avec Sidonie Verhaeghe, maitresse de conférences en science politique, auteure de Vive Louise Michel ! Célébrité et postérité d’une figure anarchiste (Vulaines-sur-Seine, Éditions du Croquant, 2021) et Tancrède Ramonet, documentariste, auteur d’une série de documentaires sur l’anarchisme (coproduite par Temps noir et Arte).

Discussion animée par Caroline Fayolle.

La discussion :

  • Histoire du drapeau noir et des symboles anarchistes (3:00)
  • Proudhon, « père de l’anarchisme » ? (15:00)
  • De Blanqui à Bakounine (25:00)
  • La Commune de 1871, révolution anarchiste ? (35:00)
  • Le vivier anarchiste de Saint-Imier en Suisse (44:00)
  • La « propagande par le fait » et la vague d’attentats à la fin du XIXe siècle (50:00)
  • Grève générale et anarcho-syndicalisme (1:01:00)
  • Femmes et anarchisme (1:05:00)
  • Anarchistes dans les révolutions du XXe siècle (1:16:30)
  • Actualité de l’anarchisme (1:23:20

Théorisé au XIXe siècle, l’anarchisme donna lieu à différentes expérimentations, de l’Europe aux États-Unis, en passant par la Russie. Loin de constituer une pensée politique homogène, il se diffracte en plusieurs courants : anarchistes individualistes, partisans de la propagande par le fait, socialistes libertaires, anarcho-syndicalistes… Quels rapports ces différents courants entretiennent-ils avec l’idée même de révolution ? Comment des précurseurs de l’anarchisme comme Proudhon ou Bakounine se positionnent-ils vis-à-vis des révolutions de 1848 ou de 1871 ? En quoi la critique de l’État portée par l’anarchisme a-t-elle pu entrer en conflit, ou au contraire coexister, avec la stratégie insurrectionnelle de la prise du pouvoir gouvernemental ? En quoi l’internationalisme révolutionnaire a pu constituer un terrain favorable à l’émergence de réseaux transnationaux de militant.es anarchistes ? Quels rapports entretenaient-ils avec les autres courants politiques révolutionnaires (socialisme, communisme…) ? Comment les militant.es anarchistes engagé.es au sein de processus révolutionnaires ont-ils tenté d’orienter la révolution dans une perspective anti-autoritaire et autogestionnaire ? Quels sont les apports des femmes révolutionnaires, à l’image de Louise Michel, à la pensée anarchiste en général et à l’anarcha-féminisme en particulier ?

En abordant ces différents questionnements, cette séance se propose de donner à entendre celles et ceux qui ont brandi le drapeau noir sur les barricades.