193. Épées médiévales, avec Martin Aurell

L’invité : Martin Aurell, professeur d’histoire médiévale à l’université de Poitiers

Le livre : Excalibur, Durendal, Joyeuse. La force de l’épée, Paris, PUF, 2021.

La discussion :

  • La point de départ du livre, un article devenu livre (1:00)
  • Un corpus d’épées dans les textes, dans les images, et issu de l’archéologie (2:00)
  • Les savoirs sur l’épée renouvelés par l’archéologie expérimentale (4:30)
  • Les différences entre épées antiques, du haut Moyen âge, et du Moyen âge central (7:00), en lien avec des évolutions de la société et de la guerre (8:00)
  • Le coût élevé des épées et leur valeur sociale ainsi que familiale (10:20)
  • Être enterré avec son épée, une pratique qui décline au Moyen âge central (11:50)
  • Une tension et des différences entre récits d’origine germanique, valorisant la figure du forgeron, et littérature en langue romane (13:50)
  • La christianisation de l’épée au Moyen âge central (16:45)
  • Des épées en forme de croix, mises en scène comme telles dans des récits (18:50)
  • Le rapport exceptionnel entre Roland et son épée Durandal (21:30)
  • Épées incassables, épées fragiles (23:05)
  • L’association de l’eau et de l’épée (25:20)
  • L’épée masculine, prolongement phallique ? (27:00)
  • L’importance d’Excalibur (30:30)
  • L’épée comme preuve de l’ancienneté de sa famille : Jean de Warenne en 1279 (33:20)
  • Le déclin de l’épée à la fin du Moyen âge (35:20)
  • La place de l’épée médiévale dans la culture contemporaine (38:00)

Le conseil de lecture : Georges Duby, Guillaume le maréchal, le meilleur chevalier du monde

Voir également : Excalibur ; la christianisation des Vikings ; Tolkien

192. La Commune, carnet d’expériences, avec Quentin Deluermoz

L’invité : Quentin Deluermoz, professeur à l’Université de Paris

Le livre : Commune(s). Une traversée des mondes au XIXe siècle, Paris, Seuil, 2020.

La discussion :

  • Pourquoi écrire un livre conçu comme un carnet d’expériences, non linéaire ou narratif sur la Commune (1:30)
  • Un événement à réinscrire dans un contexte, celui de la décennie 1860, qui est celle d’une poussée démocratique à l’échelle internationale (4:15), un moment illustré par la trajectoire de Gustave Cluseret (6:00)
  • Ce que font les événements de 1870-1871 à la stature impériale de la France dans le monde (7:00)
  • Les lectures locales de la Commune à l’étranger, qui font jouer les failles politiques internes à différents pays (8:50)
  • L’insertion des événements dans un âge global de la communication qui intensifie la circulation des nouvelles (10:30)
  • Les enjeux globaux de la Commune, peu sensibles à l’échelle du quartier et de l’insurrection (13:25)
  • La Commune, « semi-État » sur la scène internationale ? (15:00)
  • Quel est le champ sémantique du mot Commune en 1871 ? (17:35)
  • La Commune d’Alger, si paradoxale, émancipatrice mais pas pour les Algériens colonisés (20:10)
  • Étudier la Commune comme si l’on ne connaissait pas sa fin, pour saisir ses « dynamiques d’émergence » (23:10)
  • Un bilan pas si « mince » à l’échelle individuelle et du quartier (26:30)
  • Une forme de légalisme communard, dans un événement qui n’est pas sans structure, avec une « pluralité d’ordres » (29:30)
  • Faire l’histoire du désengagement ou de l’indifférence vis-à-vis de la Commune (32:20)
  • Les différents massifs d’archives restant à exploiter (35:00)
  • Une discordance des temporalités vécues, entre Versaillais et Communards, s’accusant mutuellement d’anachronismes (37:30)
  • La remise en ordre discursive de l’après-Commune (39:10)
  • Des échos de la Commune dans le mouvement ouvrier américain (41:15)
  • Le moment commémoratif particulier de 2021 qui fait sens dans le cadre de mutations du rapport au politique (42:30)

Les historiennes et historiens mentionné-e-s dans la discussion:

  • Historiographie de la Commune : Jacques Rougerie, Robert Tombs
  • Polysémie du mot Commune : Claire Judde, Jérémie Foa
  • Algérie : Sylvie Thénault, Hélène Blais
  • Approche processuelle : Haim Burstin, Timothy Tackett
  • Processus de nomination et réinvestissement : Boris Gobille
  • Commune rurale de Corneilla-la-Rivière : Jérôme Quaretti
  • Mouvements sans leaders : Yves Cohen
  • Survivance du passé : Aby Wartburg

Le conseil: Les damnés de la Commune, de Raphaël Meyssan

Les autres émissions sur la Commune: Maitron de la Commune ; commémorer la Commune ; dessiner la Commune

191. Le sort des aviateurs abattus dans la Seconde Guerre mondiale, avec Claire Andrieu

L’invitée : Claire Andrieu, professeure des universités à Sciences Po Paris

Le livre : Tombés du ciel, le sort des pilotes abattus en Europe, 1939-1945, Paris, Tallandier, 2021.

La discussion :

  • Le projet du livre, né d’un questionnement sur la Résistance (1:30)
  • Une longue enquête débutée en 2003 (3:30)
  • Un livre qui porte sur de multiples facettes de la guerre, et différentes historiographies (4:40)
  • L’ampleur de la guerre aérienne au-dessus de l’Europe durant la Seconde Guerre mondiale (6:40)
  • La situation toujours incertaine de la reddition, de la capture, de la rencontre avec un aviateur abattu (8:45)
  • Les violences exercées contre les aviateurs alliés dans l’Allemagne nazie à la fin de la guerre (11:40)
  • Une lecture des comportements et de la guerre repolitisée (13:50)
  • L’autonomie relative de la population par rapport aux dirigeants (16:20)
  • La spécificité des sources selon chaque situation nationale, avec la quasi absence de sources en Grande-Bretagne (18:30)
  • Franz von Werra, pilote allemand abattu au-dessus de la Grande-Bretagne (21:50)
  • La remise en cause partielle de l’image « dorée » du consensus britannique durant la bataille d’Angleterre (23:30)
  • Inversement, des stéréotypes à réviser, sur la défaite française de 1940, et l’Exode (25 :40)
  • L’aide aux aviateurs alliés, élément d’une Résistance de masse dans la France occupée (29:10)
  • La place centrale des femmes dans cette aide massive (31:45)
  • Les difficultés pratiques de l’hébergement de ces aviateurs (34:00)
  • Comment qualifier et conceptualiser cette forme de Résistance, au-delà du terme de « résistance civile » ? (36:20)
  • Les risques pris par celles et ceux qui hébergent et convoient des aviateurs (39:00)
  • Les faibles traces mémorielles de cette dimension de la Résistance (40:42)
  • Le sort des aviateurs russes au-dessus de l’Allemagne, comparable à celui des alliés occidentaux (42:10)

Le conseil de lecture : Kenzaburo Oê, Gibier d’élevage / The catch, 1957

188. Histoire et mémoire du spartakisme, avec Nicolas Offenstadt

L’invité: Nicolas Offenstadt (MCF HDR Université Paris-I)

Le livre: Gilbert Badia, Le spartakisme. Les dernières années de Rosa Luxemburg et Karl Liebknecht, Ivry, éditions Otium, 2021 [1967]

La discussion :

  • Pourquoi lire cette réédition d’un livre de 1967 ? (1:00)
  • Le parcours de Gilbert Badia, germaniste, résistant, militant communiste, passeur de la RDA en France… (4:00)
  • Quelle position pouvait avoir un intellectuel communiste dans les années 1950-1980 dans le monde universitaire ? (8:30)
  • Les rapports de Gilbert Badia au régime de la RDA et à ses organes de sécurité (12:10)
  • Un livre marqué par les questionnements politiques des années 1960 sur la révolution et l’organisation révolutionnaire (17:30)
  • À l’arrière-plan de l’ouvrage, le questionnement sur la « trahison » de la social-démocratie (21:15)
  • Le spartakisme, né du rejet de la Grande Guerre (24:30)
  • La figure marquante de Karl Liebknecht (27:00)
  • La naissance du spartakisme et son développement à partir de 1916 (29:30)
  • Nuancer la place des spartakistes dans la révolution allemande (34’)
  • Le rôle des socialistes majoritaires en partie réévalué (38:30)
  • Les commémorations de la révolution allemande en 2018-2019 (42:00)
  • Quelles traces, quels monuments du spartakisme dans l’Allemagne contemporaine ? (51:00)

Principaux ouvrages de de Gilbert Badia:

  • La fin de la République allemande, 1929-1933, éditions sociales, Paris, 1958.
  • Histoire de l’Allemagne contemporaine, 2 volumes, éditions sociales, 1962, rééd. 1964, 1975.
  • Les spartakistes, 1918, l’Allemagne en révolution, Collections archives, Julliard, 1966.
  • Le Spartakisme, les dernières années de Rosa Luxemburg et de Karl Liebknecht, L’Arche, 1967.
  • Rosa Luxemburg : Journaliste, polémiste, révolutionnaire, éditions sociales, 1975.
  • (dir.) Les barbelés de l’exil, Presses universitaires de Grenoble, 1979.
  • Feu au Reichstag : l’acte de naissance du régime nazi, éditions sociales, 1983.
  • (dir.) Les Bannis de Hitler, EDI-Presses universitaires de Vincennes, 1984.
  • Clara Zetkin, féministe sans frontières, Éditions de l’Atelier, 1993.
  • Rosa Luxemburg, épistolière, Éditions de l’Atelier, 1995.
  • Ces Allemands qui ont affronté Hitler, Éditions de l’Atelier, 2000.

Notice biographique de Gilbert Badia

La chanson de fin: Ernst Buch, Das Lied der Matrosen, tiré du film du même nom, par Kurt Maetzig et Günter Reisch (1958)

 

186. Historiographies d’ailleurs, avec Nathalie Kouamé, Aurélia Michel et Anne Viguier

Les invitées : Nathalie Kouamé (PR Université Paris), Aurélia Michel (MCF Université Paris), Anne Viguier (MCF Inalco)

Le livre : Nathalie Kouamé, Éric P. Meyer et Anne Viguier (dir.), Encyclopédie des historiographies : Afriques, Amériques, Asies ; Volume 1 : sources et genres historiques (Tome 1 et Tome 2), Paris, Presses de l’Inalco, 2020.

La discussion :

  • Les origines et les buts de l’Encyclopédie des historiographies (1:30)
  • Le rôle de l’INALCO et de ses presses dans la genèse du projet (6:00)
  • Le contenu du premier volume de cette Encyclopédie : « genres et sources », dans la variété des écritures non occidentales de l’histoire (8:45)
  • La variété des notices et des types de notices (9:45)
  • La tension entre conception occidentale des « sources » et la nature des récits du passé non occidentaux (11:00)
  • La place (réduite) des récits ou archives émanant de l’occident (15:00)
  • Les équilibres géographiques au sein du projet (21:35)
  • Des notices encyclopédiques classiques, et d’autres relevant plus d’une démarche de recherche (27:00)
  • Le cadre géographique large du projet (28:40)
  • La place donnée à des périodisations non occidentales ? (32:20)
  • Les objets comme sources (37:20)
  • Les traces du passé des sociétés dites sans écriture (38:45)
  • Le second volume du projet, à venir, consacré aux débats historiographiques (40:20)

 

184. Histoires connectées de l’antiquité, avec Maurice Sartre

L’invité : Maurice Sartre, professeur émérite à l’université de Tours

Le livre : Le bateau de Palmyre. Quand les mondes anciens se rencontraient, VIe s. av. J-C, VIe s. ap. J-C, Paris, Tallandier, 2021.

La discussion :

  • Le projet du livre, qui prend ses distances avec l’idée d’une « mondialisation antique » (1:15)
  • Les origines de ce travail, lié à des renouvellements historiographiques et à des expériences personnelles, comme les fouilles d’Aï Khanoum (4:15)
  • La structure du livre, appuyé sur des sources, et sur une présentation géographique (8:20)
  • La postérité d’une historiographie d’époque coloniale (12:20)
  • Les difficultés à retrouver aujourd’hui les toponymes anciens (14:50)
  • Les cartes inédites accompagnant le livre (18:15)
  • Des sources fragmentaires et incomplètes pour certains récits de voyage, et le rapport spécifique à la géographie que dessinent ces documents (20:45)
  • Des voyages antiques qui présentent des difficultés pratiques, expliquant des connexions limitées (25:30)
  • Les « routes de la soie », une idée reçue à nuancer (30:20)
  • Les apports de l’archéologie pour penser ces connexions (34:20)
  • L’absence de monnaies romaines en Chine (37:50)
  • Voyages individuels et politiques d’État (39:40)
  • Les rythmes chronologiques de ces contacts (43:15)

Le conseil de lecture : Pline, Strabon, le Périple de la Mer Érythrée

Un épisode de In Our Time sur Strabon à écouter en complément

180. Les contours de la Shoah en Bulgarie, avec Nadège Ragaru

L’invitée : Nadège Ragaru, directrice de recherche à Sciences PO (CERI / CNRS)

Le livre : « Et les Juifs bulgares furent sauvés… » Une histoire des savoirs sur la Shoah en Bulgarie, Paris, Presses de Sciences Po, 2020.

Carte de contextualisation : Les territoires sous occupation civile et/ou militaire bulgare pendant la seconde guerre mondiale

La discussion:

  • Présentation du contexte et de la situation spécifique de la Bulgarie dans la Seconde Guerre mondiale, ainsi que de la « double configuration » du sort des Juifs de la région (1:30)
  • Pourquoi en venir à complexifier le récit dominant sur le « sauvetage » des Juifs bulgares ? (4:00)
  • L’inscription particulière de la Bulgarie dans l’historiographie et dans l’espace de la période, longtemps étudiée à part ou invisibilisée (9:15)
  • Une histoire qui s’écrit depuis plusieurs espaces : la Bulgarie communiste, l’occident, Israël… (12:50)
  • Derrière l’image du « sauvetage » des Juifs bulgares, les réalités des persécutions (16:00)
  • L’historiographie de ces événements, pas cantonnée au travail des historiens : au croisement de l’histoire, de la justice, du cinéma (22:00)
  • Les choix d’écriture originaux, presque expérimentaux, du livre (27:40)
  • Les procès des persécutions antisémites de 1944-45 en Bulgarie, où commencent à se forger les récits  (31:20)
  • Une archive visuelle de la Shaih en Bulgarie (38:10) en partie visible en ligne (lien YouTube, dont le titre est inexact et pour lequel les localisations sont encore discutées)
  • Des images décontextualisées lorsqu’elles se retrouvent dans d’autres contextes : la preuve de la déportation devient la preuve du « sauvetage » (48:00)
  • L’année 1989 et ses suites, moment de reconfiguration du rapport au passé, mieux connu mais aussi objet de questionnements et de controverses (51:00)
  • L’idée d’une « tolérance bulgare » construite dans la longue durée, depuis la période ottomane (56:35)

Le conseil de film :

  • Le Miroir aux alouettes, film réalisé par Jan Kadar et Elmar Klos (1965)

179. Le Moyen âge de Norbert Elias, avec Étienne Anheim

L’invité : Etienne Anheim, directeur d’études à l’EHESS et des éditions de l’EHESS

Le livre : Norbert Elias, Moyen âge et procès de civilisation, traduction d’Anne-Marie Pailhès, Paris, Éditions de l’EHESS, 2021.

La discussion :

  • Une nouvelle collection de poche pour les sciences sociales aux éditions de l’EHESS (1’)
  • Un texte inédit en français, ce qui s’inscrit dans la réception longue et complexe des travaux d’Elias (2:00)
  • Ce qui explique en partie une réception moins forte de l’œuvre d’Elias chez les médiévistes (5:00)
  • Les problèmes qu’Elias cherche à résoudre en s’emparant du Moyen âge : l’origine de la société de cour et de la modernité (8:30)
  • La thèse forte du livre, qui fait de la cour l’instance intermédiaire ou le « chaînon manquant » entre monde féodal et société moderne capitaliste (10:30)
  • L’idée que la cour permet de commencer à réguler la violence « féodale » dès le Moyen âge central (15:30)
  • L’absence de l’Église dans l’argumentation et ses raisons (18:00)
  • La façon de travailler d’Elias et les matériaux dont il dispose, en tant que sociologue, dans les années 1930 (20:00)
  • Une démarche de sociologie historique qui amène Elias à penser les causes sociales des phénomènes et à « défataliser » l’histoire nationale, en lien avec d’autres courants intellectuels issus notamment de la sociologie (25:30)
  • Le « grand Moyen âge » de Norbert Elias, proche du « long Moyen âge » de Jacques Le Goff (30:30)
  • Repenser le Moyen âge au regard de l’histoire globale (34:00)

Les références citées durant l’émission (par ordre alphabétique) :

  • Étienne Anheim, « De l’usage de l’œuvre de Norbert Elias en histoire médiévale », publié en avril 2013, en ligne : www.menestrel.fr/?-elias-
  • Dominique Barthélemy, L’an mil et la Paix de Dieu. La France chrétienne et féodale 980-1060, Paris, Fayard, 1999.
  • Jérôme Baschet, La civilisation féodale : de l’an mil à la colonisation de l’Amérique, Paris, Aubier, 2004.
  • Marc Bloch, La société féodale, Paris, Albin Michel, 1939-1940.
  • Quentin Deluermoz (dir.), « Norbert Elias et le XXe siècle. Le processus de civilisation à l’épreuve », numéro thématique, Vingtième siècle. Revue d’histoire, 2010, no 106.
  • Claude Gauvard, « De grace especial ». Crime, État et société en France à la fin du Moyen Âge, Paris, Publications de la Sorbonne, 1991.
  • Alain Guerreau, Le féodalisme, un horizon théorique, Paris, le sycomore, 1980.
  • Dominique Iogna-Prat, La Maison Dieu. Une histoire monumentale de l’Église au Moyen Âge, 800-1200, Paris, Seuil, 2006
  • Marc Joly, Devenir Norbert Elias. Histoire croisée d’un processus de reconnaissance scientifique : la réception française, Paris, Fayard, 2012.
  • Michel Lauwers, Naissance du cimetière. Lieux sacrés et terre des morts dans l’Occident médiéval, Paris, Aubier, 1999.
  • Jacques Le Goff, « Pour un autre Moyen Âge », Europe, no 654, 1983, p. 19-24, repris dans L’imaginaire médiéval, Paris, Gallimard, 1985, p. 7-13.
  • Florian Mazel, L’évêque et le territoire. L’invention médiévale de l’espace, Paris, Seuil, 2016.
  • Michael Mitterauer, Why Europe? The Medieval Origins of Its Special Path, Chicago, University of Chicago Press, 2010.
  • Stephen White, Feuding and Peace-making in Eleventh-century France, Aldershot, Ashgate, 2004.

 

178. Archéologie du genre, avec Isabelle Algrain

L’invitée : isabelle Algrain, archéologue, chercheuse à l’Université Libre de Bruxelles

Le livre : Archéologie du genre. Construction sociale des identités et cultures matérielles, Bruxelles, Université des femmes, 2021.

La discussion :

  • Le genre, un outil conceptuel pour les sciences sociales et l’archéologie en particulier (1:00)
  • L’archéologie du genre, un champ de recherches né dans le monde anglophone dans les années 1970 (3:30)
  • La question du sexisme dans la discipline archéologique, et la féminisation partielle du métier (4:50)
  • Des questions qui se sont posées plus tardivement dans le monde francophone (7:20)
  • Le parcours de recherche d’Isabelle Algrain et ce qui l’a conduite à ces questions (8:50)
  • La lecture genrée des rôles et des objets, ancienne dans l’archéologie (10:50)
  • Relire les résultats de l’archéologie funéraire grâce aux analyses du sexe biologique des individus (12:15), comme pour la tombe de Vix (13:00)
  • Un champ de recherche qui vient parfois compliquer des raisonnements circulaires (16:00)
  • La tombe de Birka en Suède et la « guerrière viking » supposée (16:50)
  • Le genre, critère d’analyse qui n’est pas forcément l’outil principal ou le plus pertinent de l’étude (19:00)
  • Les « amants de Modène » qui n’en sont pas (20:00)
  • L’association textes / fouilles au prisme du genre (21:20)
  • Comment la question du genre peut se poser dans d’autres contextes que celui de l’archéologie funéraire (24:40)
  • La place de la comparaison dans ces questionnements (27:20)
  • Le réflexivité nécessaire dans ce champ de recherche pour ne pas plaquer des présupposés archéologiques sur le passé (30:30)
  • L’archéologie du genre est-elle prise au sérieux aujourd’hui dans la discipline ? (31:50)

Les références citées dans l’émission

177. Une histoire mixte de l’antiquité, avec Violaine Sébillotte Cuchet

L’invitée : Violaine Sébillotte-Cuchet, professeure à l’université Paris-I

Le thème : le projet Eurykleia, base de données pour une histoire mixte de l’antiquité, présenté dans le numéro de décembre 2020 de la revue Mètis

La discussion :

  • La revue Mètis et sa place originale dans les études grecques (1:30)
  • Présentation du projet Eurykleia (4:00)
  • À l’origine du projet, une insatisfaction liée aux études sur le genre, centrées sur les discours (5:20)
  • Des femmes pas si invisibles dans l’antiquité grecque, sur d’autres types de sources que celles de la tradition littéraire (7:00)
  • Un groupe de recherche collectif reliant des chercheuses de différents horizons (Adeline Grand-Clément, Sandra Péré-Noguès, Sandra Boehringer) (9:30)
  • L’origine et le sens du nom « Eurykleia » (12:40)
  • Que serait une « histoire mixte » de l’antiquité ? (14:00)
  • Les défis d’écriture posés par le projet (16:10)
  • Les entreprises prosopographiques du passé, et la distinction à faire avec le projet Eurykleia (18:30)
  • Comment analyser les documents étudiés ? Un exemple pris dans un sanctuaire, et la comparaison nécessaire avec le volet masculin de la documentation (23:35)
  • Un travail sur les femmes réelles, et pas sur les déesses (27:47)
  • Des noms féminins pas toujours évidents ni faciles à déchiffrer ! (29:25)
  • La nécessité de disposer d’outils statistiques (30:50), via une base ouverte et interopérable (33:25)
  • Englober toutes les périodes de l’antiquité grecque pour dégager constantes et contrastes (37:30)

Le conseil de lecture : Sandra Boehringer, L’homosexualité féminine dans l’Antiquité grecque et romaine, préface de David Halperin, Paris, Les Belles Lettres, 2007 (408 p.)