208. L’histoire soviétique au miroir de la psychiatrie, avec Grégory Dufaud

L’invité : Grégory Dufaud, historien spécialiste de l’URSS

Le livre : Une histoire de la psychiatrie soviétique, Paris, éditions de l’EHESS, 2021.

 

La discussion :

  • Le premier sujet de recherche de Grégory Dufaud, les Tatars de Crimée (1:10)
  • Les contradictions qu’ils illustrent entre projet bolchevik et construction nationale (4:00)
  • Le déplacement de la recherche vers la psychiatrie soviétique (7:00)
  • L’organisation non chronologique du livre (10:00)
  • Une histoire de l’URSS ayant dépassé les paradigmes « totalitaire » et « révisionniste » (12:00)
  • La convergence partielle entre les préoccupations des bolcheviks et celles de certains psychiatres (16:00)
  • Le dénuement matériel de la psychiatrie soviétique (18:00)
  • Les liens entre fragilité sociale et fragilité psychique (19:30)
  • Comment les psychiatres soviétiques ont traversé les épisodes répressifs ? (22:30)
  • La place de la psychanalyse en URSS (24:00)
  • L’URSS plus ouverte aux échanges qu’on ne l’imagine parfois (26:45)
  • Par quelles sources approcher le quotidien des patients et internés ? (31:00)
  • Un extrait de film de Dziga Vertov
  • L’asile psychiatrique, espace paradoxal de liberté au plan politique ? (35:00)
  • Mais la réalité des internements forcés de l’ère brejnevienne (38:00)
  • Un travail mené en parallèle avec la publication du dernier livre de Larissa Zakharova, De Moscou aux terres plus lointaines (44:30)

Les conseils de lecture

  • Ilf et Petrov, Le veau d’or
  • Romans noirs d’Arkady et Gueorgy Vaïner,

 

207. Intellectuels à l’épreuve, avec Brigitte Gaïti et Nicolas Mariot

Les invité-e-s : Brigitte Gaïti (professeure de science politique à Paris-I) et Nicolas Mariot (directeur de recherches au CNRS)

Le livre : Intellectuels empêchés, ou comment penser dans l’épreuve, Paris, ENS éditions, 2021, disponible en ligne sur Open edition.

La discussion :

  • Qu’est-ce qu’un intellectuel « empêché », en prison, en guerre, malade, en camp…? (1:00)
  • Un livre qui ne cherche pas à montrer que le travail intellectuel fait « tenir » dans l’épreuve (5:30)
  • Empêchement subi, empêchement choisi (7:30)
  • Une clé de lecture de l’empêchement intellectuel : la « skholê » platonicienne (et bourdieusienne) (12:15)
  • Le paradoxe de l’empêchement : Sartre n’a jamais autant travaillé que sous l’uniforme durant la « drôle de guerre » (15:00)
  • Les captivités productives de Norbert Elias et Fernand Braudel (17:00)
  • Des phénomènes que l’on peut qualifier de « régression vers l’habitus ? » (18:25)
  • L’importance de la mémoire dans l’activité intellectuelle (24:30)
  • L’empêchement, expérience inaugurale, fondatrice pour certaines œuvres : Braudel, Barthes, Goody… (26:15)
  • Une ressource des intellectuels empêchés : la discipline (29:10)
  • L’empêchement, c’est les autres : le cas de Jean Malaquais en 1939-1940 (34:00)
  • Les intermittences de l’intellectualité dans des situations extrêmes (38:30)
  • Un livre qui rejoint l’historiographie du travail intellectuel dans sa matérialité, contre la pure histoire des idées (41:00)
  • L’envers de l’empêchement : les tâches intellectuelles accomplies et non reconnues par des épouses (44:00)
  • Des étapes parfois sous-estimées dans les biographies d’intellectuels (46:00)

Les références citées durant l’émission (par ordre alphabétique) :

  • Bruno Bettelheim, Le cœur conscient. Comment garder son autonomie et parvenir à l’accomplissement de soi dans une société de masse [The Free Press, 1960], Paris, Robert Laffont, 1972
  • Marc Bloch, « Réflexions d’un historien sur les fausses nouvelles de la guerre » [Revue de synthèse historique, 1921], Paris, Allia, 1999.
  • Paule Braudel, « Les origines intellectuelles de Fernand Braudel : un témoignage », Annales. Économies, Sociétés, Civilisations. 47ᵉ année, N. 1, 1992, p. 237-244.
  • Jean Cassou, Trente-trois sonnets composés au secret, Paris, Mercure de France, 1962.
  • Muriel Darmon, Réparer les cerveaux, Sociologie des pertes et des récupérations post-AVC, Paris, La découverte, 2021.
  • Jack Goody, « Curiosité d’anthropologue. Entretien avec Jack Goody », Politix, vol. 9, no 34, 1996, p. 204-221.
  • Christophe Granger, Joseph Kabris. Les possibilités d’une vie, Paris, Anamosa, 2020.
  • Jean Guéhenno, La jeunesse morte, Paris, Claire Paulhan, 2008.
  • Ruth Klüger, Refus de témoigner. Une jeunesse [Weiter leben, 1992], Paris, Viviane Hamy, 1997.
  • Jean Malaquais, Journal de guerre suivi de Journal du métèque, Paris, Phébus, 1997.
  • Nicolas Mariot, Tous unis dans la tranchée ? 14-18, les intellectuels rencontrent le peuple, Paris, Seuil, 2013.
  • Michael Pollak, L’expérience concentrationnaire. Essai sur le maintien de l’identité sociale, Paris, Métailié, 1990.
  • Tiphaine Samoyault, Roland Barthes, Paris, Seuil, 2015.
  • Anne-Marie Thiesse, Le roman du quotidien. Lecteurs et lectures populaires à la Belle Époque, Paris, Seuil, 1984.
  • Travaux de Françoise Waquet.

Les conseils de lecture :

  • Nicolas Mathieu, Leurs enfants après eux, Arles, Actes Sud, 2018.
  • Claire Andrieu, Tombés du ciel

205. Les jardins de Paris au XVIIIe siècle, avec Jan Synowiecki

L’invité : Jan Synowiecki, ATER à l’université Paris-Saint-Denis

Le livre : Paris en ses jardins. Nature et culture urbaines à Paris au XVIIIe siècle, Ceyssel, Champ Vallon, 2021.

La discussion :

  • Des jardins fermés lors du déconfinement de 2020 aux jardins du XVIIIe siècle, des enjeux proches ? (1:25)
  • Le choix d’un sujet de thèse portant sur l’histoire environnementale (3:30)
  • Des jardins parisiens du XVIIIe siècle plus fragiles et moins ordonnés que dans leur image idéalisée (4:40)
  • Le jardin n’est pas tout à fait l’antichambre de la Révolution (7:30)
  • À qui appartiennent les jardins sous l’Ancien régime ? Propriété du prince ou espace public ? (10:00)
  • Peut-on aller sur les pelouses ou cueillir des fleurs au jardin ? (12:20)
  • L’inscription historiographique du livre dans l’histoire environnementale (15:30)
  • Est-ce qu’il peut exister une archéologie des jardins ? (18:30)
  • L’identité et les fonctions des trois grands jardins royaux évoqués, Luxembourg, Tuileries (initialement un parc de chasse !), Jardin du Roi (19:00)
  • Des espaces en tension, alors qu’on craint de manquer de surfaces agricoles, et un débat sur la végétaion « utile » qui culmine lors de la Révolution (23:00)
  • L’exclusion sociale à l’entrée des jardins, et la complexité du partage social qui n’oppose pas simplement noblesse et Tiers état (26:30)
  • Est-ce qu’on se bat en duel dans les jardins parisiens ? Quelle place pour les enfants au jardin ? (29:45)
  • Les chaises et les bancs, deux logiques différentes, enjeu de débat au XVIIIe siècle (32:00)
  • La gestion des animaux et la catégorisation des « nuisibles » (33:45)
  • Des jardins qui sont en interaction avec la ville et d’autres espaces (37:00)

Les références citées dans l’émission (par ordre alphabétique) :

  • Elsa Devienne, La ruée vers le sable, Une histoire environnementale des plages de Los Angeles au XXe siècle, Éditions de la Sorbonne, 2020.
  • Marion Ernwein, Les natures de la ville néolibérale. Une écologie politique du végétal urbain, Grenoble, UGA éditions, 2019.
  • Grégory Quenet, Versailles, une histoire naturelle, Paris, La Découverte, 2015
  • Laurent Turcot, Le promeneur à Paris au XVIIIe siècle, Paris, Le Promeneur, 2007.
  • Pauline Valade, Le goût de la joie. Réjouissances monarchiques et joie publique à Paris au XVIIIe siècle, Ceyssel, Champ Vallon, 2021.

203. Justiciers sommaires, avec Laurent Gayer et Gilles Favarel-Garrigues

Les invités : Laurent Gayer et Gilles Favarel-Garrigues, directeurs de recherche au CNRS (CERI-Sciences Po)

Le livre : Fiers de punir. Le monde des justiciers hors-la-loi, Paris, Seuil, 2021.

La discussion :

  • Le sujet du livre, l’auto-justice et ses différentes formes, pratiquée par des acteurs variés (1:40)
  • Un exemple de ces figures de « justicier », un encounter specialist de la police de Karachi, Rao Anwar (4:30)
  • Des actes d’auto-justice entre secret et médiatisation (6:50)
  • La violence punitive comme phénomène global aujourd’hui, avec des traductions en France (9:40)
  • Des éléments historiques pour penser ces actes : le charivari (11:30), l’« économie morale » (14:30)
  • Le double phénomène né aux États-Unis du lynchage (16:00) et du vigilantisme (21:20)
  • L’auto-justice, absente des États solidement installés, ayant réussi à obtenir le « monopole » weberien de la violence légitime ? (26:40)
  • Le recours à des peines ou supplices spectaculaires, en rupture avec la « sobriété punitive » identifiée par Michel Foucault ? (34:00)
  • Les contextes d’épuration et de sortie de guerre, propices à des formes d’auto-justice ? (35:50)
  • Les années 1970, moment de diversité maximale des « justiciers » autoproclamés (39:00)
  • Les déclinaisons culturelles de ces figures : Foxy Brown, Taxi Driver, The Punisher… dont les créateurs ont pris leurs distances avec les usages délétères du personnage (42:30)
  • Racines et logiques du vigilantisme contemporain, d’abord en Amérique latine (47:30) puis avec le tournant numérique (51:00)

Les références citées durant l’émission (par ordre alphabétique) :

  • James Allen (et. al.), Without Sanctuary – Lynching Photography in America, Palms Publishers, 2000
  • Tal Bruttmann et André Loez, « Watchmen, l’envers de l’histoire américaine », Paroles d’histoire n° 110, 15 avril 2020.
  • Michel Foucault, Surveiller et punir. Naissance de la prison, Paris, Gallimard, 1975.
  • Laurent Fourchard, Trier, exclure et policer. Vies urbaines en Afrique du Sud et au Nigeria, Presses de Sciences Po, « Académique », 2018.
  • David Garland, The Culture of Control : Crime and Social Order in Contemporary Society, Oxford, Oxford University Press, 2001.
  • Romain Le Cour Grandmaison, « « Vigilar y Limpiar ». Identification et auto-justice dans le Michoacán, Mexique [1] », Politix, 2016/3 (n° 115), p. 103-125. URL :
  • Dominique Linhardt, “Un monopole sous tension: les deux visages de la violence d’Etat”, 2019
  • Harel Shapira, Waiting for José: The Minutemen’s Pursuit of America, Princeton, N.J.: Princeton University Press, 2013.
  • Edward P. Thompson, « The moral economy of the English crowd in the Eighteenth Century », Past & Present, 50, 1971, p. 76-136, trad., « L’économie morale de la foule dans l’Angleterre du XVIIIe siècle », dans E. P. Thompson, Florence Gauthier, Guy-Robert Ikni et al. (éd.), La guerre du blé au XVIIIe siècle : la critique populaire contre le libéralisme économique, Montreuil, Éditions de la passion, 1988, p. 31-92; cf. D. Fassin « Les économies morales revisitées », Annales. Histoire, Sciences Sociales, 2009/6 (64e année), p. 1237-1266.
  • Edward P. Thompson, « “Rough Music” : le charivari anglais », Annales. Économies, Sociétés, Civilisations, 27ᵉ année, n°2, 1972, p. 285-312.

Les conseils de nos invités :

  • Atreyee Sen, Shiv Sena Women. Violence and Communalism in a Bombay Slum, Indiana University Press, 2007.
  • Mathew Heineman, Cartel land, film documentaire de 2015.

202. Engels et la guerre des paysans dans l’histoire allemande, avec Rachel Renault

L’invitée : Rachel Renault, maîtresse de conférences à l’université du Mans

Le livre : Friedrich Engels, La guerre des paysans, préface d’Éric Vuillard, introduction et notes de Rachel Renault, éditions sociales, 2021.

La discussion :

  • L’intérêt du livre d’Engels, presque deux cents ans après sa naissance (1:00)
  • Éléments de contexte : la guerre des paysans (4:00), Thomas Müntzer, le rôle répressif de Luther, les particularités du Saint Empire (9:30)
  • Qui est Friedrich Engels en 1850 ?
  • Un livre sur 1525 qui est aussi une réflexion sur l’échec politique de 1848-1849
  • La question du morcellement politique allemand, au XVIe siècle et au XIXe siècle, et des rôles respectifs de la Prusse et de l’Empire (19:00)
  • Le problème du Sonderweg ou « chemin particulier » de l’histoire allemande (21:00)
  • Un éloge paradoxal de la bourgeoisie allemande chez Engels (25:00)
  • Un livre qui est une des premières mises en pratique du matérialisme historique (26:20)
  • Une évocation du Saint Empire qui résonne avec les renouvellements historiographiques le concernant (29:45)
  • Ce qui rend le texte « périmé » ou problématique au regard des savoirs actuels sur la guerre des paysans (32:00)
  • La religion, un simple « masque » d’intérêts sociaux ? (34:00)
  • Quel regard porté sur les paysans, et leur rôle de « frein » aux forces révolutionnaires ? (38:15)
  • La force narrative et intellectuelle du texte (42:00)

Le conseil de visionnage : Le jeune Marx, film de Raoul Peck (2017)

198. Le manuscrit d’un couturier médiéval, avec Julie Claustre

L’invitée : Julie Claustre, maîtresse de conférences en hostoire médiévale à l’université Paris-1

Le livre : Faire ses comptes au Moyen âge. Les mémoires de besogne de Colin de Lormoye, Paris, Les Belles Lettres, 2021.

La discussion :

  • Le caractère exceptionnel du livre d’un artisan du Paris médiéval (0:45)
  • L’histoire du manuscrit, retrouvé au début du XXe siècle, dans une reliure (2:00)
  • Une façon à l’époque courante de retrouver des manuscrits médiévaux (4:00)
  • Un livre écrit sur papier, ce qui est courant au XVe siècle (5:45)
  • Dans quel état se trouve le manuscrit aujourd’hui ? (6:30)
  • Une écriture propre aux marchands et aux artisans ? (8:10)
  • Comment cerner Colin de Lormoye, dans d’autres archives ? (11:50)
  • Quel type de scripteur était ce couturier parisien ? (14:50)
  • Une lecture du texte, pour donner une idée de sa nature (18:45)
  • Les différents types de notices du texte (factures, quittances…) (20:00)
  • Un texte dépourvu de notations politiques ou autobiographiques (24:00)
  • La temporalité du texte, à lire en filigrane dans des indices du texte (26:30)
  • Un document qui tranche avec les schémas et controverses (Weber/Sombart) sur la « naissance » du capitalisme au Moyen âge (30:00)
  • La place ambiguë des couturiers médiévaux (34:30)
  • Le vocabulaire et les pratiques du travail de Colin (37:15)
  • Quelle iconographie de ce métier au Moyen âge ? (39:45)

Le conseil de lecture : François Héran, Lettre aux professeurs sur la liberté d’expression, Paris, La découverte, 2021.

 

194. Le basculement colonial au Niger, avec Camille Lefebvre

L’invitée : Camille Lefebvre, directrice de recherche au CNRS

Le livre : Des pays au crépuscule. Le moment de l’occupation coloniale, Sahara-Sahel, Paris, Fayard, 2021.

La discussion :

  • Le sens du titre : des pays au crépuscule avant la « longue nuit » coloniale (Achille Mbembé) (1:15)
  • Les choix sémantiques du livre : parler d’histoire africaine sans reproduire le vocabulaire de la colonisation (2:00)
  • Le cadre géographique du livre : Zinder et Agadez, dans l’actuel Niger, villes différentes et complémentaires (4:45)
  • L’incompréhension du cadre politique local par les militaires français (6:45)
  • Le Sahel, un lieu qui fait l’objet de savoirs coloniaux qui n’empêchent pas les préjugés (7:50)
  • Un travail sur le Niger qui est le fruit de rencontres et du hasard (9:00)
  • La place de l’enquête de terrain, devenue très compliquée du fait de la situation géopolitique contemporaine (10:15)
  • Les échos entre histoire coloniale et conflits contemporains (12:00)
  • Hier comme aujourd’hui, le petit nombre de militaires français pour cet immense espace (13:20)
  • La variété des sources et des langues permettant de raconter cette histoire, et la richesse des archives locales (16:30)
  • Les usages de l’Islam par les colonisateurs français (19:30), grâce notamment au traducteur Moïse Landeroin (21:40)
  • Les étapes de la prise de contrôle de la région par la France, et les moments où cela s’est joué (24:00) avec la construction d’un fort (26:45)
  • Les bouleversements des rapports sociaux et sexués avec les débuts de la colonisation, et la remise en cause partielle de l’esclavage (29:40), thème affiché des discours coloniaux (32:00)
  • La place des eunuques dans les sociétés locales (36:20)
  • Une colonisation qui s’étoffe très peu au Niger, même dans les années suivantes (39:00)
  • Les faux-semblants de l’abolition de l’esclavage dans la région (41:00)

Le conseil de lecture : Leonora Miano, Afropea (Grasset, 2020)

193. Épées médiévales, avec Martin Aurell

L’invité : Martin Aurell, professeur d’histoire médiévale à l’université de Poitiers

Le livre : Excalibur, Durendal, Joyeuse. La force de l’épée, Paris, PUF, 2021.

La discussion :

  • La point de départ du livre, un article devenu livre (1:00)
  • Un corpus d’épées dans les textes, dans les images, et issu de l’archéologie (2:00)
  • Les savoirs sur l’épée renouvelés par l’archéologie expérimentale (4:30)
  • Les différences entre épées antiques, du haut Moyen âge, et du Moyen âge central (7:00), en lien avec des évolutions de la société et de la guerre (8:00)
  • Le coût élevé des épées et leur valeur sociale ainsi que familiale (10:20)
  • Être enterré avec son épée, une pratique qui décline au Moyen âge central (11:50)
  • Une tension et des différences entre récits d’origine germanique, valorisant la figure du forgeron, et littérature en langue romane (13:50)
  • La christianisation de l’épée au Moyen âge central (16:45)
  • Des épées en forme de croix, mises en scène comme telles dans des récits (18:50)
  • Le rapport exceptionnel entre Roland et son épée Durandal (21:30)
  • Épées incassables, épées fragiles (23:05)
  • L’association de l’eau et de l’épée (25:20)
  • L’épée masculine, prolongement phallique ? (27:00)
  • L’importance d’Excalibur (30:30)
  • L’épée comme preuve de l’ancienneté de sa famille : Jean de Warenne en 1279 (33:20)
  • Le déclin de l’épée à la fin du Moyen âge (35:20)
  • La place de l’épée médiévale dans la culture contemporaine (38:00)

Le conseil de lecture : Georges Duby, Guillaume le maréchal, le meilleur chevalier du monde

Voir également : Excalibur ; la christianisation des Vikings ; Tolkien

192. La Commune, carnet d’expériences, avec Quentin Deluermoz

L’invité : Quentin Deluermoz, professeur à l’Université de Paris

Le livre : Commune(s). Une traversée des mondes au XIXe siècle, Paris, Seuil, 2020.

La discussion :

  • Pourquoi écrire un livre conçu comme un carnet d’expériences, non linéaire ou narratif sur la Commune (1:30)
  • Un événement à réinscrire dans un contexte, celui de la décennie 1860, qui est celle d’une poussée démocratique à l’échelle internationale (4:15), un moment illustré par la trajectoire de Gustave Cluseret (6:00)
  • Ce que font les événements de 1870-1871 à la stature impériale de la France dans le monde (7:00)
  • Les lectures locales de la Commune à l’étranger, qui font jouer les failles politiques internes à différents pays (8:50)
  • L’insertion des événements dans un âge global de la communication qui intensifie la circulation des nouvelles (10:30)
  • Les enjeux globaux de la Commune, peu sensibles à l’échelle du quartier et de l’insurrection (13:25)
  • La Commune, « semi-État » sur la scène internationale ? (15:00)
  • Quel est le champ sémantique du mot Commune en 1871 ? (17:35)
  • La Commune d’Alger, si paradoxale, émancipatrice mais pas pour les Algériens colonisés (20:10)
  • Étudier la Commune comme si l’on ne connaissait pas sa fin, pour saisir ses « dynamiques d’émergence » (23:10)
  • Un bilan pas si « mince » à l’échelle individuelle et du quartier (26:30)
  • Une forme de légalisme communard, dans un événement qui n’est pas sans structure, avec une « pluralité d’ordres » (29:30)
  • Faire l’histoire du désengagement ou de l’indifférence vis-à-vis de la Commune (32:20)
  • Les différents massifs d’archives restant à exploiter (35:00)
  • Une discordance des temporalités vécues, entre Versaillais et Communards, s’accusant mutuellement d’anachronismes (37:30)
  • La remise en ordre discursive de l’après-Commune (39:10)
  • Des échos de la Commune dans le mouvement ouvrier américain (41:15)
  • Le moment commémoratif particulier de 2021 qui fait sens dans le cadre de mutations du rapport au politique (42:30)

Les historiennes et historiens mentionné-e-s dans la discussion:

  • Historiographie de la Commune : Jacques Rougerie, Robert Tombs
  • Polysémie du mot Commune : Claire Judde, Jérémie Foa
  • Algérie : Sylvie Thénault, Hélène Blais
  • Approche processuelle : Haim Burstin, Timothy Tackett
  • Processus de nomination et réinvestissement : Boris Gobille
  • Commune rurale de Corneilla-la-Rivière : Jérôme Quaretti
  • Mouvements sans leaders : Yves Cohen
  • Survivance du passé : Aby Wartburg

Le conseil: Les damnés de la Commune, de Raphaël Meyssan

Les autres émissions sur la Commune: Maitron de la Commune ; commémorer la Commune ; dessiner la Commune

191. Le sort des aviateurs abattus dans la Seconde Guerre mondiale, avec Claire Andrieu

L’invitée : Claire Andrieu, professeure des universités à Sciences Po Paris

Le livre : Tombés du ciel, le sort des pilotes abattus en Europe, 1939-1945, Paris, Tallandier, 2021.

La discussion :

  • Le projet du livre, né d’un questionnement sur la Résistance (1:30)
  • Une longue enquête débutée en 2003 (3:30)
  • Un livre qui porte sur de multiples facettes de la guerre, et différentes historiographies (4:40)
  • L’ampleur de la guerre aérienne au-dessus de l’Europe durant la Seconde Guerre mondiale (6:40)
  • La situation toujours incertaine de la reddition, de la capture, de la rencontre avec un aviateur abattu (8:45)
  • Les violences exercées contre les aviateurs alliés dans l’Allemagne nazie à la fin de la guerre (11:40)
  • Une lecture des comportements et de la guerre repolitisée (13:50)
  • L’autonomie relative de la population par rapport aux dirigeants (16:20)
  • La spécificité des sources selon chaque situation nationale, avec la quasi absence de sources en Grande-Bretagne (18:30)
  • Franz von Werra, pilote allemand abattu au-dessus de la Grande-Bretagne (21:50)
  • La remise en cause partielle de l’image « dorée » du consensus britannique durant la bataille d’Angleterre (23:30)
  • Inversement, des stéréotypes à réviser, sur la défaite française de 1940, et l’Exode (25 :40)
  • L’aide aux aviateurs alliés, élément d’une Résistance de masse dans la France occupée (29:10)
  • La place centrale des femmes dans cette aide massive (31:45)
  • Les difficultés pratiques de l’hébergement de ces aviateurs (34:00)
  • Comment qualifier et conceptualiser cette forme de Résistance, au-delà du terme de « résistance civile » ? (36:20)
  • Les risques pris par celles et ceux qui hébergent et convoient des aviateurs (39:00)
  • Les faibles traces mémorielles de cette dimension de la Résistance (40:42)
  • Le sort des aviateurs russes au-dessus de l’Allemagne, comparable à celui des alliés occidentaux (42:10)

Le conseil de lecture : Kenzaburo Oê, Gibier d’élevage / The catch, 1957