238. Chefs révolutionnaires, avec David A. Bell

L’invité : David A. Bell, professeur à l’université Princeton

Le livre : Le culte des chefs. Charisme et pouvoir à l’âge des révolutions, Paris, Fayard, 2022.

La discussion :

  • Introduction (00:00)
  • Pourquoi étudier ensemble cinq « hommes à cheval » de la fin du XVIIIe siècle ? (1:20)
  • Le paradoxe d’hommes autoritaires nés de révolutions dites démocratiques (4:45)
  • Pourquoi une conception moderne du charisme émerge-t-elle dans cette période ? (10:00)
  • Un charisme construit et véhiculé par l’imprimé (14:00)
  • En quoi les conceptions du charisme changent après 1750 ? (16:00)
  • Que rôle joue l’apparence physique dans la construction du charisme ? (19:40)
  • Le charisme entendu comme une relation entre un chef, un entourage et un public (23 :00), avant tout pour les élites lettrées ? (24:00)
  • Quel lien entre sécularisation religieuse et culte des chefs ? (26:00)
  • Un modèle de virilité caractéristique de la période (28:40)
  • Robespierre, contre-exemple de la démonstration ? (30:30)
  • La construction charismatique de Toussaint Louverture compliquée par son origine d’esclave africain (35:05)
  • Un livre qui permet d’historiciser le phénomène Trump et la politique contemporaine ? (39:20)
  • Quelle place du « grand homme » dans l’historiographie ? (43:15)

Les références citées dans l’émission :

  • Table ronde de H-Diplo sur le livre de David Bell
  • Benedict Anderson, L’imaginaire national. Réflexions sur l’origine et l’essor du nationalisme, Paris, La découverte, 2006 [1983]
  • Robert B. Palmer, The Age of the Democratic Revolution: A Political History of Europe & America, 1760-1800, Princeton, Princeton University Press, 1969.
  • Jean-Claude Monod, Qu’est-ce qu’un chef en démocratie ? Politiques du charisme, Paris, Seuil, 2012.
  • Cristina Soriano, Tides of Revolution. Information, Insurgencies, and the Crisis of Colonial Rule in Venezuela, Albuquerque, University of New Mexico Press, 2018.

Le conseil de lecture : Antoine Lilti, Figures publiques. L’invention de la célébrité, 1750-1850, Paris, Fayard, 2014

234. Quoi de neuf sur Molière? avec Cyril Chervet, Marine Roussillon et Christophe Schuwey

Le thème: quatrième centenaire de la naissance de Molière; le livre: Clara Dealberto, Jules Grandin et Christophe Schuwey, Atlas Molière, Paris, Les arènes, 2022.

Les invité-e-s:

  • Cyril Chervet, professeur d’études théâtrales en CPGE
  • Marine Roussillon, maîtresse de conférences à l’université d’Artois
  • Christophe Schuwey, professeur de littérature à Yale

 

La discussion:

  • Introduction (00:00)
  • Pourquoi un « atlas » Molière ? (01:40)
  • Comment vit-on l’année Molière en tant que dix-septéimiste ? (3:00)
  • À travers Molière, redécouvrir un monde littéraire un peu oublié derrière le « grand auteur » (5:00)
  • Approcher Molière en croisant théâtre, littérature, histoire (7:00)
  • Sortir Molière d’un cadre scolaire et théâtral parfois réducteur (11:00)
  • La fausse question de l’authenticité des pièces de Molière (13:00)
  • De quelles sources dispose-t-on sur Molière ? (15:20)
  • L’insertion sociale de Molière (20:00)
  • À quoi ressemble le théâtre au XVIIe siècle ? (23:00)
  • Les spectacles et plaisirs, éléments de légitimation du pouvoir royal (24:45)
  • Un exemple: les plaisirs de l’île enchantée (30:00)
  • Un rapport critique à la religion, dans Tartuffe et les pièces médicales (33:00)
  • Les complexités de l’affaire Tartuffe (37:00)
  • Molière et les femmes: passe-t-il le test de Bechdel ? (41:00)
  • Les autrices du temps de Molière comme Marie-Catherine Desjardins (45:00)
  • Quel document d’époque rêverait-on de retrouver ? (49:00)
  • [avec Cyril Chervet] la familiarité des élèves avec Molière (55:00)
  • Des pièces plus difficiles que d’autres à mettre en scène (58:00)
  • Les moments marquants des mises scène de Molière: Louis Jouvet dans les années 1940 (59:30), Antoine Vitez (1:01:00), Ariane Mnouchkine (1:04:00)
  • La reconstitution de la déclamation baroque (1:08:00)
  • Une profusion de spectacles (1:09:00) dont un Tartuffe singulier en trois actes (1:11:00)

Les références citées dans l’émission:

  • Georges Forestier (dir.), Molière, œuvres complètes, Paris, La Pléiade, 2021.
  • Madeleine Jurgens, Elizabeth Maxfield-Miller, Cent ans de recherches sur Molière, sur sa famille et sur les comédiens de sa troupe, Paris, Imprimerie
  • Martine Reid, Femmes et littérature. Une histoire culturelle, Paris, Gallimard, « Folio », 2 vol., 2020.

Les conseils de lecture:

  • Judith Lyon-Caen, Dinah Ribard, L’historien et la littérature, Paris, La Découverte, « Repères », 2010.
  • Marie-Armande Jeanne Gacon, La femme grenadier , Le temps des cerises, 2022.
  • Dan Pfeiffer, Un-Trumping America: A Plan to Make America a Democracy Again, 2020 (du podcast Pod Save America)
  • Béatrice Picon-Vallin, Le Théâtre du Soleil. Les cinquante premières années, Arles, Actes Sud, 2015.

 

212. Écrire l’histoire du capitalisme, avec Pierre François et Claire Lemercier

Les invité-e-s : Pierre François, directeur de recherche en sociologie au CNRS ; Claire Lemercier, directrice de recherche en histoire au CNRS

Le livre : Sociologie historique du capitalisme, Paris, La découverte, 2021.

La discussion :

  • La genèse d’un livre qui est un manuel et se veut accessible, mais ne se limite pas à ce format (2:15)
  • Un livre qui assume de ne pas être écrit pour les économistes ni avec leur type de formalisation (5:30)
  • Le capitalisme, un objet pouvant susciter l’unité des sciences sociales ? (8:00)
  • Que met-on sous le terme « capitalisme » ? (9:45)
  • Pourquoi peut-on situer l’entrée du capitalisme à la fin du XVIIe siècle ? (14:00)
  • Une lecture non techniciste de cette genèse du capitalisme (16:15)
  • La place du travail contraint et des colonies « laboratoires » du capitalisme (ou non) à l’époque moderne (19:00)
  • Pas d’incompatibilité entre Ancien régime et capitalisme ! (21:15)
  • Les trois âges du capitalisme (23:20)
  • L’âge de l’usine, entre 1880 et 1980 environ (26:30)
  • Pourquoi le passage à l’âge de la finance, au début des années 1980 (28:00)
  • Les conflits comme moteurs de cette histoire (31:00)
  • La place de l’État dans l’histoire du capitalisme (36:30)
  • Pourquoi le libéralisme de 2021 n’est pas celui de 1821 (39:00)
  • Quelle place pour l’événement dans les trois âges du capitalisme ? (40:15)
  • Une conjonction de tournants entre 1860 et 1890 ? (43:00)

 

Les conseils de fin d’émission :

209. L’ordinaire de la Saint-Barthélemy, avec Jérémie Foa

L’invité : Jérémie Foa, maître de conférences à Aix-Marseille Université (laboratoire TELEMMe)

Le livre : Tous ceux qui tombent, Visages du massacre de la Saint-Barthélémy, Paris, La découverte, 2021.

La discussion :

  • Une approche de la Saint-Barthélémy non par le haut mais par ses acteurs ordinaires et leurs pratiques (1:30)
  • La volonté de retrouver les victimes, leurs noms, de les faire revenir au jour par l’écriture, dans la lignée de Michelet (5:00)
  • Une dimension morale dans un travail qui dénonce des tueurs et redonne un nom aux personnes massacrées (6:40)
  • Nommer pour ne pas essentialiser « le peuple » ou « les Parisiens » (8:00)
  • Les tueurs, leur insertion sociale et confessionnelle (10:30)
  • Le travail dans les archives, au croisement de la méthode et du hasard (12:30)
  • Une archéologie de la Saint-Barthélemy est-elle possible ? (15:00)
  • La Saint-Barthélemy préparée sans être préméditée (17:30)
  • Un livre traversé par les échos de violences extrêmes plus récentes, des guerres mondiales au Rwanda (21:20)
  • Intermède musical (25:30) : « Elo Hi (canto nero) » de Goran Bregovic, interprété par Ofra Haza pour la bande originale de La Reine Margot (1994)
  • Après l’événement : le massacre saisi par le droit (27:00)
  • Les voisins ne sont pas seulement des tueurs (30:45)
  • L’ordinaire de la Saint-Barthélemy, dévoilé par des archives qui n’évoquent pas directement le massacre (31:45)
  • Vers une cartographie historique de la Saint-Barthélemy, pour prendre le « tournant spatial » des sciences sociales ? (35:00)
  • La présence de la Seine dans le livre, et en filigrane du 17 octobre 1961 (36:30)
  • L’impunité des tueurs, insérés dans les réseaux de la Cour (39:45)
  • Quel dialogue avec l’historiographie américaine sur ces questions ? (43:00)

Les références citées durant l’émission :

  • Denis Crouzet, Les guerriers de Dieu, la violence au temps des troubles de religion, vers 1525-vers 1610, Seyssel, Champ Vallon, 1990.
  • Denis Crouzet, Le haut cœur de Catherine de Médicis, Paris, Albin Michel, 2005.
  • Hélène Dumas, Le Génocide au village. Le massacre des Tutsi au Rwanda, Paris, Le Seuil, coll. « L’univers historique », 2014.
  • Nicolas Mariot, « Faut-il être motivé pour tuer ? Sur quelques explications aux violences de guerre », Genèses, 2003/4 (n°53), p. 154-177.
  • Nicolas Mariot (et al.), « L’ordinaire de la guerre », Agone, 2014/1 (n° 53)
  • Philippe Sands, The Ratline. Love, Lies and Justice on the Trail of a Nazi Fugitive, Londres, Weidenfeld & Nicolson, 2020.

Les conseils de fin d’émission :

  • Karl Jacoby, L’esclave qui devint millionnaire. Les vies extraordinaires de William Ellis, Toulouse, Anacharsis, 2018.
  • Saint-Germain ou la négociation, téléfilm de Gérard Corbiau (2003) d’après le roman de Francis Walder (1958).

206. L’histoire autrement #5 : un webdoc historique avec Isabelle Heullant-Donat et Olivier Lambert

L’histoire n’appartient pas qu’aux historiennes et aux historiens : la série d’émissions #HistoireAutrement fait porter le regard sur des pratiques non académiques de l’histoire.

Les invité-e-s : Isabelle Heullant-Donat, professeure d’histoire médiévale à l’université de Reims ; Olivier Lambert, producteur (Lumento)

Le thème : le webdocumentaire Le cloître et la prison issu du programme de recherche Enfermements

 

La discussion :

  • Le choix d’un webdocumentaire pour prolonger un projet de recherche (1:00)
  • Le lien entre univers monastique et carcéral, à travers le site de Clairvaux en particulier (2:30)
  • Du côté de la production, l’intérêt pour l’histoire et pour les projets interactifs (9:30)
  • Le webdocumentaire, un type de projet non directif, qui rompt avec les habitudes des historiens et des historiennes (13:45)
  • Les atouts du webdoc par rapport à d’autres supports (BD, documentaire classique…) (18:00)
  • La pérennité d’un support numérique (20:30)
  • On n’écrit pas un webdoc comme on écrit un livre (26:00), et les usagers en font des usages variés (31:00)
  • Les vertus du « tournant spatial » des sciences humaines (36:15)
  • Un travail inscrit dans la durée (40:00)
  • Les financements et soutiens du projet (44:45)
  • Les incertitudes de la réception d’un tel projet, dans le champ académique (50:00) et en ligne (55:00)

205. Les jardins de Paris au XVIIIe siècle, avec Jan Synowiecki

L’invité : Jan Synowiecki, ATER à l’université Paris-Saint-Denis

Le livre : Paris en ses jardins. Nature et culture urbaines à Paris au XVIIIe siècle, Ceyssel, Champ Vallon, 2021.

La discussion :

  • Des jardins fermés lors du déconfinement de 2020 aux jardins du XVIIIe siècle, des enjeux proches ? (1:25)
  • Le choix d’un sujet de thèse portant sur l’histoire environnementale (3:30)
  • Des jardins parisiens du XVIIIe siècle plus fragiles et moins ordonnés que dans leur image idéalisée (4:40)
  • Le jardin n’est pas tout à fait l’antichambre de la Révolution (7:30)
  • À qui appartiennent les jardins sous l’Ancien régime ? Propriété du prince ou espace public ? (10:00)
  • Peut-on aller sur les pelouses ou cueillir des fleurs au jardin ? (12:20)
  • L’inscription historiographique du livre dans l’histoire environnementale (15:30)
  • Est-ce qu’il peut exister une archéologie des jardins ? (18:30)
  • L’identité et les fonctions des trois grands jardins royaux évoqués, Luxembourg, Tuileries (initialement un parc de chasse !), Jardin du Roi (19:00)
  • Des espaces en tension, alors qu’on craint de manquer de surfaces agricoles, et un débat sur la végétaion « utile » qui culmine lors de la Révolution (23:00)
  • L’exclusion sociale à l’entrée des jardins, et la complexité du partage social qui n’oppose pas simplement noblesse et Tiers état (26:30)
  • Est-ce qu’on se bat en duel dans les jardins parisiens ? Quelle place pour les enfants au jardin ? (29:45)
  • Les chaises et les bancs, deux logiques différentes, enjeu de débat au XVIIIe siècle (32:00)
  • La gestion des animaux et la catégorisation des « nuisibles » (33:45)
  • Des jardins qui sont en interaction avec la ville et d’autres espaces (37:00)

Les références citées dans l’émission (par ordre alphabétique) :

  • Elsa Devienne, La ruée vers le sable, Une histoire environnementale des plages de Los Angeles au XXe siècle, Éditions de la Sorbonne, 2020.
  • Marion Ernwein, Les natures de la ville néolibérale. Une écologie politique du végétal urbain, Grenoble, UGA éditions, 2019.
  • Grégory Quenet, Versailles, une histoire naturelle, Paris, La Découverte, 2015
  • Laurent Turcot, Le promeneur à Paris au XVIIIe siècle, Paris, Le Promeneur, 2007.
  • Pauline Valade, Le goût de la joie. Réjouissances monarchiques et joie publique à Paris au XVIIIe siècle, Ceyssel, Champ Vallon, 2021.

201. Le Musée Carnavalet rénové et repensé, avec Noémie Giard et Juliette Tanré-Szewczyk

Les invitées :

  • Noémie Giard, cheffe du service des publics du Musée Carnavalet – Histoire de Paris
  • Juliette Tanré-Szewczyk, conservatrice au département des sculptures du muséeLa galerie des enseignes. Photo Jean-Baptiste Gurliat / Ville de Paris

Le thème : réouverture du Musée Carnavalet – Histoire de Paris en juin 2021

La discussion :

  • Le plaisir de la réouverture et les premiers retours positifs des visiteurs (0:45)
  • Les origines du projet de rénovation (2:20) et ses raisons, dans un lieu dont la muséographie avait vieilli (3:25)
  • Les contraintes de la rénovation dans un lieu qui a une histoire longue (4:55) avec la spécificité des salles à décor (6:10)
  • La rénovation des œuvres elles-mêmes, et le travail de recherche suscité par la fermeture (9:00)
  • Début de la visite (12:15) : les salles d’introduction et les nouvelles salles préhistoriques, antiques et médiévales au sous-sol
  • Suite de la visite (15:15) : Renaissance et Ancien régime
  • La période révolutionnaire, toujours l’un des points forts du musée (16:30)
  • Une muséographie qui fait dialoguer les types d’œuvres : peinture, imprimé, objets, sculptures… (19:30)
  • Reprise de la visite : les salles du XIXe siècle (22:00)
  • Une partie des historiens associés au projet de rénovation (23:20)
  • Fin de la visite, avec une grande nouveauté : la pleine intégration de la période contemporaine, jusqu’à nos jours (24:15)
  • Comment raconter une histoire de Paris qui ne soit pas que celle des pouvoirs mais aussi des habitants ordinaires ? (27:00)
  • Le travail important mené sur la médiation et l’accessibilité du musée : aux personnes en situation de handicap, aux enfants (33:00) en particulier
  • L’inscription du musée Carnavalet dans le paysage des musées parisiens (35:40)
  • La dimension numérique du musée : site, application (37:40) et son accompagnement pédagogique (40:45)
  • Les objets « coup de cœur » des invitées (42:00)

190. La jeunesse de Voltaire, avec Pierre-Yves Beaurepaire et Nicolas Charles

Une émission réalisée en commun avec le podcast Histoire en séries de Nicolas Charles

L’invité: Pierre-Yves Beaurepaire, professeur à l’université Nice-Côte-d’Azur

Le thème: Les aventures du jeune Voltaire, série diffusée sur France télévisions en 2021.

La discussion:

  • Une série fidèle à ce que l’on sait des jeunes années de Voltaire ? (3:45)
  • L’éducation du futur Voltaire chez les jésuites (5:45)
  • Les rapports avec sa famille (7:50)
  • Les distances sociales maintenues entre un roturier comme Arouet et les aristocrates qu’il fréquente (10:00)
  • Le changement de nom de Voltaire, étape capitale de sa trajectoire (11:30)
  • Le monde des salons aristocratiques au début du XVIIIe siècle, et des intrigues de la Régence (cour de la duchesse et du duc du Maine) (14:20)
  • La forme de célébrité construite par Voltaire (16:55)
  • Le monde des policiers et des informateurs (19:55)
  • Le rôle de l’imprimé et des écrits dans les rapports de pouvoir (23:20)
  • Les premiers combats de Voltaire (27:30)
  • Les confrontations avec l’Église, et le déisme de Voltaire (32:00)
  • Voltaire, d’abord un homme de théâtre (34:50)
  • Le libertinage, défi à l’autorité (38:20)
  • Les relations amoureuses de Voltaire (41:00)
  • Une série à mettre en regard d’autres représentations (43:35) et d’autres séries sur la période (46:00) ainsi que d’autres films (50:00)

Les références citées durant l’émission:

  • Pierre-Yves Beaurepaire, La France des Lumières 1715-1789, Paris, Belin, 2011.
  • Id., Echec au roi – Irrespect, contestations et révoltes dans la France des Lumières, Paris, Belin, 2015.
  • Marion Brétéché, Les compagnons de Mercure. Journalisme et politique dans l’Europe de Louis XIV, Ceyzérieux, Champ Vallon, 2015.
  • Robert Darnton, Bohème littéraire et Révolution, Le monde des livres au XVIIIe siècle, Paris, Gallimard, 1983.
  • Antoine Lilti, Le monde des salons: Sociabilité et mondanité à Paris au XVIIIe siècle, Paris; Fayard, 2005
  • Id. Figures publiques : l’invention de la célébrité, 1750-1850, Paris, Fayard, 2014.

Le conseil de lecture: Pierre Milza, Voltaire, Paris, Perrin, 2015

189. Le bicentenaire de Napoléon, avec Aurélien Lignereux

L’invité: Aurélien Lignereux, professeur à l’IEP de Grenoble

François-Joseph Sandmann, Napoléon à Saint-Hélène, ca 1820.

Le thème: historiographie de la période napoléonienne à l’occasion du bicentenaire de la mort de Napoléon

 

La discussion :

  • Le champ particulier des études napoléoniennes, au croisement de différents acteurs, pas uniquement universitaires
  • Les controverses liées au bicentenaire : la Fondation Napoléon, une instance neutre ? (5:00)
  • Quel positionnement pour un historien universitaire au sein de ce champ (7:30)
  • La profusion éditoriale actuelle et le type d’ouvrages paraissant sur Napoléon (9:35)
  • La place de l’histoire militaire, et ses renouvellements (11:15)
  • Les difficultés de la commémoration officielle de Napoléon par la République, dans une année tronquée par la crise sanitaire (15:45)
  • L’épisode du retour programmé du corps d’un général mort en Russie, et ses enjeux diplomatiques (21:30)
  • Les renouvellements historiographiques de l’histoire napoléonienne et leurs origines (26:30)
  • Des chantiers majeures : police et maintien de l’ordre (32:30)
  • Les sources spécifiques de la période napoléonienne (38:20)
  • Une clef de lecture générationnelle pour comprendre la période (40:30)
  • Une histoire féminine de la période est-elle possible ? (43:30)
  • Le Premier Empire, matrice des impérialismes européens au XIXe siècle ? (47:00)

Les travaux mentionnés durant l’émission (par ordre alphabétique) :

  • Michael Broers, Europe Under Napoleon 1799-1815, Londres, Hodder, 1996.
  • Walter Bruyère-Ostells, Benoît Pouget et Michel Signoli, Des chairs et des larmes. Combattre, souffrir, mourir dans les guerres de la Révolution et de l’Empire, 1792-1815, Avignon, Presses universitaires de Provence, 2020.
  • Jane Burbank, Frederick Cooper, Empires. De la Chine ancienne à nos jours, Paris, Payot, 2011.
  • Hervé Drévillon, Olivier Wieviorka (dir.), Histoire militaire de la France, I. Des Mérovingiens au Second Empire, Paris, Perrin, 2018.
  • Aurélien Lignereux, L’empire des Français, 1799-1815, Paris, Seuil, 2013.
  • Id., Les impériaux, administrer et habiter l’Europe de Napoléon, Paris, Perrin, 2021
  • Id., avec Quentin Deluermoz et Arnaud-Dominique Houte, « Sociétés et forces de sécurité au XIXe siècle », Revue d’histoire du 19e siècle, 50, 2015
  •  Nathalie Petiteau (dir.), Voies nouvelles pour l’histoire du Premier Empire. Territoires, pouvoirs, identités : colloque d’Avignon, 9-10 mai 2000, Paris, La boutique de l’histoire, 2000.
  • Maria Pia Donato, Les archives du monde. Quand Napoléon confisqua l’histoire, Paris, PUF, 2020.
  • Anne Verjus, Le bon mari : une histoire politique des hommes et des femmes à l’époque révolutionnaire, Paris, Fayard, 2010.
  • Stuart Woolf, Napoleon’s Integration of Europe, L. Longman, 1993.

Les conseils de fin d’émission :

 

 

187. Hommage à Bertrand Tavernier, avec Véronique Beaulande-Barraud, Annie Duprat, Gwendal Piégais et Manon Pignot

Les invité-es : Véronique Beaulande-Barraud (Professeure à l’université Grenoble-Alpes), Annie Duprat (Professeure émérite à l’université de Cergy), Gwendal Piégais (doctorant à l’université de Bretagne-occidentale) et Manon Pignot (MCF à l’université de Picardie-Jules Verne)

L’hommage: Bertrand Tavernier (1941-2021), son cinéma, ses films historiques

La discussion:

  • Un personnage majeur et à part dans le cinéma français (1:00)
  • Un rapport à l’histoire éclectique, doublé d’un regard sur la société contemporaine (3:20)
  • Une conscience politique qui se traduit également par un travail de documentariste important, pour La Guerre sans nom (1992) notamment (4:45)
  • Que la fête commence (1975), un film complexe, situé sous la Régence (7:00)
  • Extrait d’entretien (Arte, Olivier Père, 2018) : l’écriture du scénario (9:00)
  • Les protagonistes du film : Émilie, Philippe d’Orléans, l’abbé Dubois, Pontcallec (10:20)
  • La réception pas évidente du film (14:30)
  • Un film tout sauf « académique », et marqué par la mort (19:00)
  • La critique des institutions, une ligne de force du cinéma de Tavernier (21:00)
    • Extrait d’entretien (Parlons cinéma, 1979) : les deux personnages du juge et l’assassin (24:40)
  • Le juge et l’assassin (1976), loin des images d’Épinal sur la France des années 1890 (26:00)
  • La capacité de Tavernier à choisir des sujets à la marge des « grands » événements historiques, ou dans leurs interstices (28:30)
  • La passion Béatrice (1987), une image sombre de la période médiévale, commentée par Véronique Beaulande-Barraud (33:00)
  • La Vie et rien d’autre (1989), le chef-d’œuvre sur le deuil de la Grande Guerre (38:00)
  • La puissance des paysages et la matérialité du deuil (42:00)
  • Un film qui anticipe sur le retour mémoriel de la guerre de 1914-1918 (45:00)
  • Extrait d’entretien (FilmoTV, 2011) : comment filmer l’histoire, à hauteur de personnages ? (50:00)
  • Capitaine Conan (1996), un film s’inscrivant dans les débats historiographiques sur la violence de guerre (53:00)

Bibliographie sélective: de et sur Bertrand Tavernier

  • 50 ans de cinéma américain, Paris, éditions Nathan, 1991, 1246 p.
  • Amis américains : entretiens avec les grands auteurs d’Hollywood, coédition Institut Lumière/Actes Sud, 1993, 828 p.
  • Pas à pas dans la brume électrique, Paris, Éditions Flammarion, 2009, 267 p.
  • « Le cinéma et rien d’autre. Entretien », Le Débat, 2005/4 (n° 136), p. 134-145
  • Le cinéma dans le sang, entretiens avec Noël Simsolo, Paris, Ecriture, 2011.
  • Jean-Luc Douin, Bertrand Tavernier, cinéaste insurgé, Paris, Ramsay, 2006.

Bibliographie sélective: Tavernier et l’histoire