222. The Last Duel, avec Justine Breton et Christophe Naudin

AVERTISSEMENT : le film discuté dans cette vidéo comporte des scènes de viol et violence sexuelle

Discussion avec Justine Breton et Christophe Naudin du film de Ridley Scott The Last Duel (2021), avec Matt Damon, Jodie Comer, Adam Driver et Ben Affleck

Références citées dans l’émission :

– “What’s Fact and What’s Fiction in The Last Duel” par Sara McDougall et David Perry (Slate, en ligne)
– “« Réveiller la Vénus endormie » : le plaisir sexuel et ses limites dans le discours médical de la première moitié du xve siècle”, par Estela Bonnafoux (Questes, 37, 2018)

Image de fond : Chroniques de Froissart, Bibliothèque nationale de France. Bibliothèque de l’Arsenal. Ms-5188 réserve, fol. 15v (XVe s.)

218. Guédelon, le chantier d’un château médiéval, avec Emmanuel Gleyze (l’histoire autrement #7)

L’invité : Emmanuel Gleyze, sociologue

Le chantier de Guédelon, mai 2019 (photo AL)

Le thème : le chantier du château médiéval de Guédelon

La discussion :

  • Le projet de Guédelon et son originalité (1:10)
  • Un chantier qui a considérablement avancé en plus de vingt ans (2:45)
  • Michel Guyot, le créateur du projet (3:45)
  • Un projet en partie inspiré de celui de la frégate L’Hermione (6:40)
  • Un château inscrit dans une temporalité plausible, dans la première moitié du XIIIe siècle (8:30), avec une architecture « philippienne » (10:30)
  • Un projet de recherche centré sur le rapport entre hommes et matière (12:00), avec l’idée que le travail de la pierre transforme les individus (15:00)
  • Le refus des outils modernes à Guédelon (17:00), un lieu qui ne se limite pas au château (18:30)
  • L’archéologie expérimentale à Guédelon (20:40)
  • Repérer des « repentirs » de la construction (23:20), faire de la chaux comme au Moyen âge (25:00)
  • Les ambiguïtés de Guédelon dans le rapport au passé et à l’« authenticité » (29:00), suscitant des controverses ou oppositions (32:00)
  • Les écarts dans les techniques ou le droit avec le XIIIe siècle (33:30)
  • Un chantier associatif devenu société anonyme, suscitant d’autres tensions ou ambiguïtés (35:20)
  • Quels prolongements de Guédelon, sur place et ailleurs (39:00) ?
  • Quel rapport au Moyen âge pour les acteurs de Guédelon ? (43:00)
  • Qui est le seigneur de Guédelon ? (44:30)

204. L’histoire autrement #4 : la recherche est (vraiment) un sport de combat, avec Pierre-Henry Bas et Stéphane Hadjeras

L’histoire n’appartient pas qu’aux historiennes et aux historiens : la série d’émissions #HistoireAutrement fait porter le regard sur des pratiques non académiques de l’histoire.

Les invités : Pierre-Henry Bas, docteur en histoire et praticien d’Arts martiaux historiques européens ; Stéphane Hadjéras, docteur en histoire et entraîneur de boxe, auteur de Georges Carpentier, l’incroyable destin d’un boxeur devenu star (Paris, Nouveau monde, 2021).

Codex Wallerstein, Augsburg, Cod.I.6.4º.2 folio 107v, ca. 1400

Le thème : activité de recherche en histoire et pratique des sports de combat

La discussion :

  • Le centenaire du combat Carpentier-Dempsey (1:45) inscrit dans une modernité médiatique de la boxe au début du XXe siècle (3:00)
  • Le parcours de Stéphane Hadjéras entre boxe et recherche (5:00)
  • Le parcours de Pierre-Henry Bas entre escrime et recherche (7:00)
  • Que sont les « arts martiaux historiques européens » (AMHE) ? (10:00) quelles différences avec le « Béhourt » (13:00) ?
  • L’intérêt des sciences sociales pour la boxe, à travers notamment les travaux de Loïx Wacquant (17:00)
  • Les similarités dans la vie et le rythme de travail d’un boxeur et d’un chercheur (18:40)
  • Le regard porté sur les doctorants par les sportifs, et inversement (22:15)
  • Les seuils de douleur et de résistance physique ont-ils une histoire ? (26:20)
  • La codification des geste de combat au Moyen âge (33:00)
  • Comment passer des sources à la reconstitution des gestes ? (37:00)
  • Les différences et ressemblances entre la boxe actuelle et celle d’il y a un siècle (42:00)
  • Des pratiques masculines dans l’histoire, en voie de féminisation dans la société (49:00)
  • La valorisation de ces activités et des AMHE (54:00)

 

193. Épées médiévales, avec Martin Aurell

L’invité : Martin Aurell, professeur d’histoire médiévale à l’université de Poitiers

Le livre : Excalibur, Durendal, Joyeuse. La force de l’épée, Paris, PUF, 2021.

La discussion :

  • La point de départ du livre, un article devenu livre (1:00)
  • Un corpus d’épées dans les textes, dans les images, et issu de l’archéologie (2:00)
  • Les savoirs sur l’épée renouvelés par l’archéologie expérimentale (4:30)
  • Les différences entre épées antiques, du haut Moyen âge, et du Moyen âge central (7:00), en lien avec des évolutions de la société et de la guerre (8:00)
  • Le coût élevé des épées et leur valeur sociale ainsi que familiale (10:20)
  • Être enterré avec son épée, une pratique qui décline au Moyen âge central (11:50)
  • Une tension et des différences entre récits d’origine germanique, valorisant la figure du forgeron, et littérature en langue romane (13:50)
  • La christianisation de l’épée au Moyen âge central (16:45)
  • Des épées en forme de croix, mises en scène comme telles dans des récits (18:50)
  • Le rapport exceptionnel entre Roland et son épée Durandal (21:30)
  • Épées incassables, épées fragiles (23:05)
  • L’association de l’eau et de l’épée (25:20)
  • L’épée masculine, prolongement phallique ? (27:00)
  • L’importance d’Excalibur (30:30)
  • L’épée comme preuve de l’ancienneté de sa famille : Jean de Warenne en 1279 (33:20)
  • Le déclin de l’épée à la fin du Moyen âge (35:20)
  • La place de l’épée médiévale dans la culture contemporaine (38:00)

Le conseil de lecture : Georges Duby, Guillaume le maréchal, le meilleur chevalier du monde

Voir également : Excalibur ; la christianisation des Vikings ; Tolkien

103. Revoir ‘Excalibur’, avec William Blanc

L’invité : William Blanc, historien

Le film : Excalibur, de John Boorman (1981)

La discussion :

  • Présentation du film
  • Le parcours de John Boorman
  • Un projet initial : adapter le Seigneur des anneaux, et assumer la fantasy par opposition aux représentations du mythe arthurien dans les années 1950
  • La base du film : Le morte d’Arthur de Thomas Mallory (1470)
  • Merlin, le personnage central du film, et la place de la magie
  • L’épée Excalibur comme fil directeur du film, quitte à retoucher le mythe
  • Le personnage négatif de Morgane
  • L’exaltation de la nature et du lien avec la terre
  • Les jeux d’intertextualité, avec T. S. Eliot notamment (The Waste Land)
  • Les choix musicaux : Carl Orff, Wagner…
  • Les choix visuels du film, ses jeux de lumières et de couleurs
  • Son influence et sa postérité, en France notamment

Pour aller plus loin :

 

84. La christianisation du monde viking, avec Stéphane Coviaux

L’invité : Stéphane Coviaux, professeur en classes préparatoires littéraires

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Le livre : La fin du monde viking, Paris, Passés composés, 2019.

Un objet mentionné dans le podcast (31′): moule de stéatite trouvé au Danemark, servant à forger des croix et des marteaux de Thor

Hammer

La discussion :

  • La naissance de cette recherche et l’intérêt pour le monde scandinave (1’10)
  • Les langues qu’il faut parler pour mener de telles recherches (2’00)
  • Le fait de travailler sur un objet aussi présent dans la culture populaire (3’45)
  • Le mot « viking » et ses ambiguïtés (4’50)
  • Le cadre spatial large du livre, et son choix (5’55)
  • L’articulation entre sources écrites, généralement postérieures, et sources archéologiques, au cœur de ce champ de recherches (7’20)
  • Les problèmes d’interprétation des données archéologiques (9’40)
  • Un document exceptionnel : la grande pierre de Jelling (10’10)
  • À inscrire dans un type de documents, les pierres runiques (12’40)
  • Des missionnaires au second plan par rapport aux rois dans le processus de christianisation, éminemment politique (14’30)
  • Une conversion sous la menace, avec Olaf Tryggvasson ? (17’15)
  • Quelle grammaire rituelle pour les processus de conversion et les baptêmes ? (18’20)
  • Quelle raison profonde à ces choix de conversion pour les rois nordiques, avec quels éléments préalables de contacts avec des chrétiens ? (20’35)
  • La variété des acteurs concernés : marchands, esclaves…. (22’45)
  • Quelle place pour les reliques dans la christianisation du nord ? (24’05)
  • Le rôle de la papauté dans ce processus, qui interagit en partie avec la Réforme grégorienne (25’15)
  • La place du christianisme oriental, et les influences byzantines, dans le monde nordique (27’00)
  • Les hésitations religieuses et les refus de la nouvelle religion (28’00)
  • Les réemplois et continuités entre dieux scandinaves et christianisme (31’30)
  • Les femmes, gagnantes ou perdantes de la christianisation ? (32’40)
  • Ce que la christianisation a pu changer au quotidien pour les populations nordiques (alimentation, onomastique…) (34’20)
  • Quelles traces visibles aujourd’hui de cette période ? (36’30)

Les références citées dans le podcast et les conseils de lecture :

  • Pierre Bauduin, Le Monde franc et les Vikings (VIIIe-Xe siècle), Paris, Albin Michel, 2009
  • Pierre Bauduin, Histoire des Vikings. Des invasions à la diaspora, Paris, Tallandier, 2019
  • Halldor Laxness, La saga des fiers-à-bras
  • Knut Hamsun, Pan

 

80. Histoire médiévale et bande dessinée, avec Fanny Madeline et Valérie Theis

Les invitées : Fanny Madeline, maître de conférences à l’université Paris-I ; Valérie Theis, professeur à l’ENS (Paris)

Les parutions : Croisades et cathédrales, d’Aliénor à Saint Louis ; À la vie, à la mort, des rois maudits à la guerre de cent ans (t. 7 et 8 de l’Histoire dessinée de la France, éditions La découverte / La revue dessinée)

La discussion :

  • Comment s’est fait le travail de coordination au sein de la collection, et entre les deux volumes ? (1’30)
  • Une collection qui a une identité forte, et qui fait souvent usage de narrateurs placés au sein du récit : le choix, ici, de la Mort comme narratrice pour le tome 8 (4’00), et de deux voyageurs pour le tome 7 (6’00)
  • Le jeu avec les représentations médiévales et le « médiévalisme », avec des clins d’œil aux Monty Python ou au Septième sceau (7’10)
  • Les représentations de la peste (10’00)
  • À quels lecteurs-lectrices s’adressent les albums, avec quels niveaux de lecture ? (12’40)
  • Les codes graphiques très différents des deux livres, et ce qu’ils permettent de montrer du Moyen âge ; comment s’est fait le travail avec les artistes (17’20)
  • Les dessins de paysages et de villes médiévales du tome 7 (22’30)
  • Des images qui prennent parfois le contrepied des clichés sur un Moyen âge crasseux ou obscurantistes (27’15)
  • Une narration dans le tome 7 qui est davantage géographique que chronologique (30’10)
  • La restitution des débats autour de l’hérésie et des cathares (31’30)
  • Les débats historiographiques présents dans le tome 8 : genèse de l’État moderne et du sentiment national (33’40)
  • La façon de montrer les crises économiques des XIIIe-XIVe siècles (37’40)
  • La place de l’Église et des clercs dans ces albums (40’45)

Les conseils de lecture :

78. J. R. R. Tolkien et l’histoire, avec Emilie Fissier et Frédéric Manfrin

Les invité-e-s : Emilie Fissier et Frédéric Manfrin, du département d’histoire de la Bibliothèque Nationale de France, commissaire associée et commissaire principal (avec Vincent Ferré) de l’exposition Tolkien

L’événement : exposition « Tolkien, voyage en terre du Milieu », du 22 octobre 2019 au 16 février 2020 à la Bibliothèque Nationale de France.

La discussion :

  • Les origines de l’exposition « Tolkien, voyage en Terre du milieu », en lien avec la Bodleian library d’Oxford,  et le « Tolkien estate » (1:15)
  • Les choix d’objets mis en regard des œuvres de Tolkien (5:50)
  • Un parti-pris de l’exposition : ne rien montrer de postérieur à 1972, pour replonger les visiteurs dans l’imaginaire propre à l’auteur (7:20)
  • Le genre de la « fantasy », déjà en partie constitué quand Tolkien commence à écrire (8:20)
  • Les anneaux de Tolkien ne sont pas le Ring de Wagner ! (10:15)
  • L’enfance de Tolkien près de Birmingham, et la sensibilité à la nature, aux paysages, qui en découle (12:40)
  • Le rapport complexe de Tolkien à Shakespeare, et à l’antiquité gréco-latine (15:10)
  • L’invention linguistique comme source fondamentale de son inspiration (17:00)
  • L’entrée en guerre de 1914, moment ambigu pour qui travaille sur les langues et l’aire germanique (19:10)
  • La marque de la Grande Guerre sur l’œuvre de Tolkien, travaillée par la mort (21:00)
  • Tolkien dans l’entre-deux-guerres, savant et écrivain pour ses enfants (24:20)
  • Son talent graphique et la variété de sa palette (26:00)
  • Le succès du Hobbit (1937) et le début d’une véritable carrière d’écrivain (28:30)
  • Le travail propre de Tolkien sur la langue anglaise, et sa musicalité (30:00)
  • La cosmogonie de la Terre du Milieu (31:45)
  • La réception du Seigneur des anneaux, et son ampleur sur les campus américains dans les années 1960 en particulier (32:45)
  • Les paradoxes d’une lecture pacifiste de Tolkien, alors qu’un personnage comme Faramir souligne la légitimité de la guerre (34:25)
  • Le Moyen âge de Tolkien, antérieur à la conquête normande, et loin de la matière arthurienne (37:00)
  • La juxtaposition de périodes et de régions dans le monde imaginaire de Tolkien : Minas Tirith, allusion à Byzance (41:20)
  • Le thème de la quête, fonctionnant de manière inversée dans le Hobbit et le Seigneur des anneaux (42:40)
  • Un Tolkien « médiéviste » qui va jusqu’à inventer une tradition manuscrite de son propre texte ! (44:10)
  • Les sources d’inspiration de Tolkien pour les créatures fantastiques dont il peuple son œuvre (45:15)
  • Un Tolkien qui ne sépare pas les créatures en « races » (48:00)
  • L’apparence des manuscrits de Tolkien, qui évoquent à leur façon le Moyen âge (50:10)
  • Quels objets, quelles œuvres ont le plus marqué les commissaires de l’exposition ? (51:50)

Pour aller plus loin :

  • Tolkien, voyage en Terre du Milieu, catalogue de l’exposition de la BNF, 2018.
  • John Garth, Tolkien et la Grande Guerre, Paris, Christian Bourgois, 2014.

74. Méditerranée médiévale et festival “Secousse 1099”, avec Florian Besson et Iris Pupella-Noguès

Les invité-e-s : Florian Besson (médiéviste, co-animateur du site Actuel Moyen âge) et Iris Pupella-Noguès (cofondatrice de la Boîte à histoire)

L’événement : Festival « Secousse 1099 » organisé le 28 septembre 2019 à Paris

La discussion :

  • Les origines du festival « Secousse 1099 » (1′)
  • La forme du festival, avec une dimension ludique et participative (4′)
  • Les problèmes posés par un festival sur la Première croisade, événement a priori moins ludique et émancipateur que 1848, objet de la première édition du festival (7′)
  • L’importance de faire entendre une parole historienne sur des événements pouvant être « brûlants » comme les croisades (9’20)
  • La Méditerranée médiévale, au cœur de débats et de l’enseignement (programme de 2nde, concours d’agrégation interne), avec le risque d’y projeter sans recul les identités ou affrontements religieux contemporains (11’45)
  • La controverse ayant entouré la parution du livre de Sylvain Gouguenheim, Aristote au Mont Saint-Michel, en 2008, et ce qu’elle révèle des usages idéologiques de la Méditerranée médiévale (14’40)
  • À l’inverse, la lecture critique qu’on adopte désormais envers l’idée d’une « tolérance » ou convivencia entre communautés confessionnelles au Moyen âge (18’45)
  • Les différentes strates historiographiques concernant la Méditerranée médiévale, et les paradigmes successifs de son étude, de Pirenne à Braudel et après (21’40)
  • Le rôle du livre d’Amin Maalouf, Les croisades vues par les Arabes, paru en 1983 (26’10)
  • Les apports de l’archéologie, mis en valeur au festival « Secousse 1099 » (30′)
  • Une suggestion de documents permettant d’illustrer en cours de 2nde la notion de transferts culturels : les traités d’optique arabes (33′)
  • La mise en scène des croisades dans le cinéma, au prisme du médiévalisme (33’40)

Les conseils de lecture :

  • John Tolan, Mahomet l’européen: Histoire des représentations du Prophète en Occident, Paris, Albin Michel, 2018.
  • Gérard Noiriel, Le venin dans la plume. Édouard Drumont, Éric Zemmour et la part sombre de la République, Paris, La Découverte, 2019.
  • Dennis Lehane, Un pays à l’aube, Paris, Rivages, 2008.

La bibliographie et les références citées dans le podcast (par ordre chronologique) :

  • Henri Pirenne, Mahomet et Charlemagne, préface de Bruno Dumézil, Paris, Tallandier, 2005 [1937].
  • Fernand Braudel, La Méditerranée et le Monde méditerranéen à l’époque de Philippe II, Paris, Armand Colin, 1949.
  • Joshua Prawer, Histoire du Royaume latin de Jérusalem, 2 vol., Paris, éd. du CNRS, 1970.
  • Jonathan Riley-Smith, Les Croisades, Paris, Pygmalion, 1990.
  • Amin Maalouf, Les croisades vues par les Arabes, Paris, J.-C. Lattès, 1983.
  • David Nirenberg, Violence et minorités au Moyen Âge, trad. de l’anglais par Nicole Genet, préf. de Claude Gauvard, Paris, PUF, coll. « Le nœud gordien », 2001.
  • Sylvain Gouguenheim, Aristote au Mont-Saint-Michel. Les racines grecques de l’Europe chrétienne, Paris, Seuil, 2008 [compte-rendu par Blaise Dufal]
  • Anneliese Nef, Conquérir et gouverner la Sicile islamique aux XIe et XIIe siècles (B.E.F.A.R.), Rome, 2011.
  • Claire Soussen, Judei Nostri. Juifs et chrétiens dans la Couronne d’Aragon à la fin du Moyen Âge, Toulouse, Méridiennes, 2011.
  • Christophe Cailleaux, « Chrétiens, juifs et musulmans dans l’Espagne médiévale. La convivencia et autres mythes historiographiques », Cahiers de la Méditerranée [En ligne], 86 | 2013, mis en ligne le 15 décembre 2013, consulté le 24 septembre 2019. URL :
  • Florian Besson et al., Chrétiens, juifs et musulmans – Pouvoirs et minorités dans l’espace méditerranéen – XIe-XVe siècles, Neuilly, Atlande, 2018.
  • Collectif, Actuel Moyen âge, l’aventure continue, Paris, Arkhê, 2019.

53. Revoir “Le Nom de la Rose”, avec Elisabeth Lusset

L’invitée: Elisabeth Lusset, chargée de recherche au CNRS

F. Murray Abraham, Michael Lonsdale, Sean Connery, Umberto Eco et Jean-Jacques Annaud sur le tournage du Nom de la Rose

Le film: Le Nom de la Rose de Jean-Jacques Annaud (1986), d’après le roman d’Umberto Eco

La discussion:

  • Présentation générale et résumé du film (1:30)
  • L’origine du projet et le rôle des médiévistes comme conseillers historiques: Jacques Le Goff, Jean-Claude Schmitt, Michel Pastoureau, Françoise Piponnier…(5:45)
  • Le casting et le choix discuté de Sean Connery (10:40)
  • Les décors et les inspirations pour l’abbaye, mélange de différents sites: Eberbach, Rocca di San Leo, Sagra di San Michele, Castel del Monte… (12:20)
  • Pourquoi une statue baroque dans un film médiéval ? (14:15)
  • La réception critique et publique du film (15:40)
  • Un roman d’Umberto Eco presque impossible à mettre à l’écran (17:55)
  • La réaction furieuse de Jacques le Goff à la vision du film, et l’écart ou la tension entre cinéastes et historiens (21:20)
  • Une représentation du Moyen âge en partie juste, mais largement fantasmée (22:50)
  • La mise en scène d’un monastère bénédictin, et de ses rapports avec les paysans montrés comme misérables et exploités (24:25)
  • Le discours idéologique ou politique du film, et l’Église dépeinte comme instance de domination (26:00)
  • L’origine des franciscains, et des accusations d’hérésie portées contre certains ordres ou groupes religieux: Dolciniens, Spirituels… (31:50) et la mise en scène des affrontements religieux dans le film (37:20)
  • La représentation de la vie monastique et la crainte du scandale face aux transgressions  (38:20)
  • Enquêtes, autopsies et poisons au Moyen âge (41:00)
  • Peut-on torturer un moine médiéval, comme le suggère Bernardo Gui dans le film ? (43:40)
  • La question de l’abstinence des clercs (45:40)
  • L’anglais comme équivalent du latin dans le film, et le jeu sur les origines géographiques des personnages, avec le monastère comme lieu d’accueil (46:40)
  • Livres, scriptorium, bibliothèques (49:35)
  • Un Moyen âge dépeint sous des couleurs sombres, issu d’un imaginaire gothique / romantique: bossu, procès d’une « sorcière »… (52:33)
  • Guillaume de Baskerville comme incarnation du versant positif, rationnel, du monde médiéval, par opposition au fanatisme de l’inquisiteur (moins sanguinaire dans la réalité) et du bibliothécaire (54:20)
  • Les scènes les plus intéressantes d’un point de vue pédagogique ou pour ce qu’elles révèlent de la vision contemporaine du Moyen âge (55:40)

Les références et conseils de lecture :

Sur le film :
– Jean-Jacques Annaud, Une vie pour le cinéma, entretiens avec M.-F. Leclère, Paris, Grasset, 2018
– Priska Morrissey, Historiens et Cinéastes : rencontre de deux écritures, Paris, l’Harmattan, coll. « Champs visuels », 2004.
– Jacques Le Goff, Une vie pour l’histoire: entretiens avec Marc Heurgon, Paris, La Découverte, 1996.
– Michel Pastoureau, « La collaboration historique au cinéma: entretien avec Michel Pastoureau », Revue de l’Association historique des élèves du lycée Henri-IV : L’émoi de l’histoire, 21, tome 1, printemps 2000, p. 6-23.

En histoire médiévale, pour l’éclairer :
“Le cloître et la prison”:  webdocumentaire sur l’enfermement à Clairvaux
– François Amy de la Bretèque, L’Imaginaire médiéval dans le cinéma occidental, Paris, Champion, 2004.
– Franck Collard, Le Crime de poison au Moyen Âge, Paris, PUF (« Le nœud gordien »), 2003.
– Faustine Harang, La torture au Moyen âge, Paris, PUF, 2018.
– Claude Gauvard, Condamner à mort au Moyen âge, Paris, PUF, 2018.
– Elisabeth Lusset, Crime, châtiment et grâce dans les monastères au Moyen Âge (XIIe-XVe siècle), Turnhout, Brepols, 2017.
– Sophie Page, Magic in the Cloister. Pious Motives, Illicit Interests and Occult Approaches to the Medieval Universe, University Park (PA), The Pennsylvania State University Press, 2013.