279. La faim justifie-t-elle les révolutions? (Les mercredis des révolutions)

 Les mercredis des révolutions, Université populaire de la société d’histoire de 1848 en partenariat avec Politis, Mediapart et Paroles d’histoire. Retrouvez tout le programme de la 6e saison (2022-2023).

La faim justifie-t-elle la révolution ?

Séance enregistrée le mercredi 8 février 2023.

De la Révolution française au Printemps arabe, la faim joue souvent un rôle catalyseur pour nombre de mouvements révolutionnaires. Cette séance sera l’occasion d’explorer la place centrale, en temps de crise politique profonde, des questions liées à l’alimentation – entre spectre de la famine, lutte contre la vie chère, protection des ressources et dénonciation des spéculateurs.

Si la faim permet hier comme aujourd’hui de mobiliser les foules, les moments révolutionnaires offrent-ils en retour l’occasion de repenser les discours et les pratiques alimentaires ? La faim est-elle instrumentalisée à des fins politiques ? En quoi révèle-t-elle les tensions, mais aussi les solidarités communautaires en jeu lors de ces moments révolutionnaires ? Alors que la FAO reconnaît aujourd’hui l’accès à l’alimentation comme un droit humain fondamental, les révolutions passées et présentes ont-elles contribué à en faire un véritable enjeu démocratique ? Quelles menaces pèsent sur ce droit à l’heure actuelle, dans le contexte de la crise écologique et des bouleversements géopolitiques qu’elle sous-tend ?

Débat avec l’historien Paul Maneuvrier-Hervieu (Université de Milan), spécialiste des crises alimentaires et des émeutes de la faim, et le géographe Gilles Fumey (Sorbonne Université), auteur de Géopolitique de l’alimentation (2009). Animation : Ophélie Siméon

278. Algérie 1871, la dépossession des terres à la loupe, avec Didier Guignard

L’invité : Didier Guignard, chargé de recherches au CNRS

Le livre : L’Algérie sous séquestre. Une coupe dans le corps sociale (XIXe-XXe siècles), Paris, éditions du CNRS, 2023.

La discussion :

  • Introduction (00:00)
  • L’enjeu du livre, approcher la complexité du séquestre des terres algériennes après la révolte de 1871 (1:30)
  • Un parcours de recherche amenant à l’Algérie coloniale via les archives d’outre-mer à Aix-en-Provence (4:30)
  • Un livre né d’une enquête de terrain sur une ferme de la région des Issers (6:00)
  • La question de la terre, au cœur de débats historiographiques sur la déstructuration de la société paysanne algérienne, dans la lignée des travaux de Pierre Bourdieu et Abdelmalek Sayad (9:45)
  • La place de la langue arabe, et des entretiens, dans la recherche (13:00)
  • L’inscription du livre dans un programme de recherche plus large sur les confiscations de terres et les changements du rapport à la propriété (17:30)
  • La contradiction fondamentale du séquestre, opéré par une République qui défend au même moment la propriété « inviolable et sacrée » (21:30)
  • L’origine de la révolte algérienne de 1871 (24:30)
  • Un historien pionnier sur la période, André Nouschi (27:30)
  • Les contradictions pratiques du séquestre, entre la décision de confisquer des terres et la difficulté de l’opérer (31:00)
  • Le décalage entre le droit français et la myriade de situations du droit foncier local (34:30)
  • Quels savoir-faire des administrateurs coloniaux pour réaliser ces opérations ? (37:00)
  • Le résultat du séquestre et les ressentiments durables qui en résultent (40:15)
  • Le rejeu du séquestre sanglant dans un fait divers de 1890 (45:00)
  • L’opposition et l’articulation entre la montagne et la plaine, structurante dans la longue durée de l’histoire algérienne (47:20)

Le conseil de lecture: Neil MacMaster, War in the Moutains: Peasant Society and Counterinsurgency in Algeria, 1918-1958, Oxford, Oxford University Press, 2020.

277. Un album d’Auschwitz, avec Tal Bruttmann

L’invité : Tal Bruttmann, historien

Le livre : Tal Bruttmann, Stefan Hördler et Christoph Kreutzmüller, Un album d’Auschwitz. Comment les nazis ont photographié leurs crimes, Paris, Seuil, 2023.

La discussion :

  • Introduction (00:00)
  • La découverte de photos en partie inédites prises par Zbigniew Leszek Grzywaczewski lors de la révolte du ghetto de Varsovie en 1943 (2:30)
  • Biographie d’un objet: l’album de Lili Jacob (5:00)
  • Le rôle clef de Serge Klarsfeld dans sa transformation en document pour l’histoire… (10:15)
  • …mais l’absence de regard proprement historien sur des photos utilisées comme illustrations, souvent de façon erronée ou décontextualisée (11:45)
  • Un livre collectif, avec une répartition des rôles et des compétences entre les trois auteurs (15:20)
  • Les méthodes de travail (17:30)
  • Auschwitz, un lieu qui ne constitue pas un secret (24:00)
  • Est-ce plus éprouvant de travailler sur des photos ? (27:15)
  • Un album structurellement trompeur sur ce qu’il montre et ne montre pas de l’assassinat des Juifs (28:30)
  • Discussion de la photo 118 (32:00)
  • Des photos qui comme la langue nazie mêlent efficacité et euphémisation (33:00)
  • Le contexte spécifique du printemps 1944, avec les tensions et contradictions de la politique nazie (36:00)
  • Les photographes SS de l’album, Walter et Hoffmann (39:00)
  • Le travail de contextualisation et d’identification: personnes, wagons, convois… (43:00)
  • Un album reprenant les codes de l’antisémitisme nazi (47:45)
  • La violence derrière l’euphémisation (49:00)
  • Le tri et la « valorisation » des « effets », une partie intégrante du processus d’assassinat (52:30)
  • Photographie et « déshumanisation » (53:30)
  • La spécificité irréductible du contexte de cet album: ce ne sont pas des photos génériques de la Shoah (57:15)
  • Contre l’idée d’une absence d’images de la Shoah: la profusion des documents iconographiques (1:01:15) parmi lesquels des dessins (1:05:00)
  • Analyse de la photo 27 (1:10:00)

 

Sources d’histoire 1: une photo d’Auschwitz, commentée par Tal Bruttmann

Commentaire par Tal Bruttmann d’une photo de l’album de Lili Jacob, dit Album d’Auschwitz (conservé à Yad Vashem), prise le 26 mai 1944 par le photographe SS Bernhard Walter (extrait de l’épisode 277 du podcast): “sélection” à la sortie d’un train de déportation en provenance de Beregszász (photo 27, commentée p. 200 du livre collectif Un album d’Auschwitz).

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276. Passage en revues: “écritures populaires au XIXe siècle” (RH19 n°65)

Le numéro de revue : « Écrits et écritures populaires au XIXe siècle », Revue d’histoire du XIXe siècle, 65, 2022/2

https://journals.openedition.org/rh19/docannexe/file/8876/couv_rh19_65-small250.jpg

Les invités : Alexandre Frondizi, chercheur contractuel à l’INED ; Emmanuel Fureix, professeur à l’UPEC

La discussion :

  • Introduction (00:00)
  • Présentation de la Revue d’histoire du XIXe siècle (00:50)
  • La question des écritures populaires, à travers la figure de Joseph Déjacque (2:30)
  • L’origine du dossier « écritures populaires » au XIXe (6:00)
  • Écrits populaires, informels, ordinaires, vernaculaires… ? (10:15)
  • Les différentes strates historiographiques sur la question (14:30)
  • Écrits populaires « iconiques » (Martin Nadaux, Norbert Truquin….) et « ordinaires » (20:00)
  • Les liens entre écriture populaire et émancipation (25:30)
  • Un entretien-hommage dans le numéro, avec Jacques Rancière, Michèle Riot-Sarcey, Martin Lyons et Béatrice Fraenkel (27:40)
  • Une conceptualisation de plus en plus poussée pour analyser ces textes (32:00)
  • Accéder à l’écrit, une émancipation ? (35:30)
  • Le décloisonnement géographique du numéro: Québec, États-Unis, Angleterre, Mexique, Italie… (39:00)
  • Quelle conservation de ces documents ? (44:30)
  • Une opacité parfois indépassable des documents (53:00)

Sélection bibliographique (à partir de l’introduction du numéro):

Sur les catégories de « populaire » et « culture populaire :

  • Pierre Bourdieu, « Vous avez dit “populaire” ? », Actes de la recherche en sciences sociales, vol. 46, mars 1983, p. 98-105 ; Dominique Kalifa, « Les historiens français et “le populaire” », Hermès, La Revue n° 42, 2005, p. 55-59 ; Dominique Pasquier, « La “culture populaire” à l’épreuve des débats sociologiques », Hermès, La Revue, n° 42, 2005, p. 60-69 ; Claude Grignon, Jean-Claude Passeron, Le Savant et le Populaire. Misérabilisme et populisme en sociologie et en littérature, Paris, Le Seuil, 1989 ; Michel de Certeau, L’Invention du quotidien, t. 1 : Arts de faire, Paris, Gallimard, 1980 ; Paul Pasquali, Olivier Schwartz, « La culture du pauvre : un classique revisité. Hoggart, les classes populaires et la mobilité sociale », Politix, n° 114, 2016/2, p. 21-45.

Sur la « raison graphique » et les actes d’écriture :

  • Jack Goody, La Raison graphique. La domestication de la pensée sauvage, Paris, Les Éditions de Minuit, 1979 ; Daniel Fabre (dir.), Écritures ordinaires, Paris, POL-BPI Beaubourg, 1993 ; Daniel Fabre (dir.), Par écrit. Ethnologie des écritures quotidiennes, Paris, Maison des Sciences de l’Homme, 1993 ; Armando Petrucci, Jeux de Lettres. Formes et usages de l’inscription en Italie, XIe-XXe siècle, Paris, Éditions de l’EHESS, 1993 ; Philippe Artières, Jean-François Laé, Archives personnelles. Histoire, anthropologie et sociologie, Paris, Armand Colin, 2011 ; Thierry Wendling, « La fréquentation des textes, une discussion entre Roger Chartier et Daniel Fabre », Ethnographiques.org-Revue en ligne de sciences humaines et sociales, no 30, septembre 2015, https://www.ethnographiques.org/2015/Chartier-Fabre-Wendling

Historiographie de la lecture et des écritures populaires au XVIIIe et XIXe siècles :

  • Jacques Rancière, La Nuit des prolétaires : archives du rêve ouvrier, Paris, Fayard, 1981 ; Roger Chartier, Culture écrite et société. L’ordre des livres (XIVe-XVIIIe siècle), Paris, Albin Michel, 1996 ; Judith Lyon-Caen, La Lecture et la vie. Les usages du roman au temps de Balzac, Paris, Tallandier, 2005 ; Martyn Lyons, « La culture littéraire des travailleurs : autobiographies ouvrières dans l’Europe du XIXe siècle », Annales. Histoire, Sciences sociales, 2001/4-5, p. 927-946 ; Edmond Thomas, Voix d’en bas. La poésie ouvrière du XIXe siècle, Paris, François Maspero, 1979 ; Dinah Ribard, « De l’écriture à l’événement. Acteurs et histoire de la poésie ouvrière autour de 1840 », Revue d’histoire du XIXe siècle, n° 32, 2006/1, p. 79-91 ; François Furet, Jacques Ozouf (dir.), Lire et écrire : l’alphabétisation des Français de Calvin à Jules Ferry, Paris, Éditions de Minuit, 1977 ; Jean-Pierre Pélissier, Danièle Rébaudo, « Une approche de l’illettrisme en France. La signature des actes de mariage au XIXe siècle dans l’enquête 3000 familles », Histoire & mesure, vol. 16, 2004/1-2, p. 161-202 ; Martyn Lyons, The Writing Culture of Ordinary People in Europe, c. 1860-1920, Cambridge, Cambridge University Press, 2013 ; Jacques-Olivier Boudon, Le Plancher de Joachim. L’histoire retrouvée d’un village français, Paris, Belin, 2017 ; Philippe Artières, La Police de l’écriture. L’invention de la délinquance graphique (1852-1945), Paris, La Découverte, 2013.

275. Passage en revues: “insensibilités” (Sensibilités n°11)

Le numéro de revue : « Insensiblités » (revue Sensibilités n°11, 2023)

Les invité-es :

  • Chloé Pathé, éditrice
  • Quentin Deluermoz, historien

La discussion:

  • Introduction (00:00)
  • Un numéro comme un bilan d’étape pour une revue lancée il y a sept ans (1:20)
  • Les sensibilités, un angle d’approche plus qu’un champ académique (2:30)
  • Une revue ouverte à plusieurs disciplines et plusieurs écritures (5:00)
  • Financement, modèle éditorial et économie d’une telle revue (7:30)
  • Choix graphiques et tonalité émotionnelle (13:00)
  • Comment se fabrique un numéro de revue ? (19:00)
  • Le choix du thème « insensibilités » (24:40)
  • Des textes entre registre académique et expression personnelle (29:00)
  • Le sommaire du numéro, et les périodes historiques concernées, dont le XIXe siècle à travers les carnets du bourreau Deibler (33:30)
  • Comment objectiver le sensible ? (38:30)
  • Pour commettre des violences, faut-il se rendre insensible à l’autre ? (40:30)
  • L’impossibilité d’être sensible à tout (43:00)

274. Les révolutions ont-elles besoin de leaders? (les mercredis des révolutions)

 Les mercredis des révolutions, Université populaire de la société d’histoire de 1848 en partenariat avec Politis, Mediapart et Paroles d’histoire. Retrouvez tout le programme de la 6e saison (2022-2023).

Depuis quelques années plusieurs révolutions, ou mouvements révolutionnaires s’autoproclament et sont décrits comme étant « sans leaders » : ainsi d’Occupy Wall Street (2011), du Mouvement des Indignés, dit « 15-M » à Madrid (2011), des révolutions tunisienne, égyptienne, libyenne (2011), du mouvement contre l’augmentation du prix du métro en 2013 au Brésil, du mouvement de défense du parc Gezi, Taksim, à Istambul (2013), de Maidan en Ukraine (2014), Nuit Debout en France (2016), puis des Gilets jaunes (2018), du soulèvement à Hong Kong (2019) ainsi de ce qu’on appelle la « deuxième vague des révolutions arabes (Liban, Irak, Algérie, Soudan, 2019-2021) pour ne citer que les principaux. S’il est intéressant de regarder au plus près ces mouvements sans leaders, il l’est aussi de se demander si c’est nouveau. Les révolutions du passé étaient-elles sans leader ? Et si non pourquoi ? On peut aussi se demander à quoi sert un ou une leader dans une révolution ? Qui fait le leader ? quelle est sa légitimité ? Les leaders sortent-ils des révolutions ou pré-existent-ils (ou t’elles) à la révolution et s’y révèlent? Quelle organisation selon qu’il y ait, ou pas, de leaders ? quels dangers posent les leaders? Que deviennent les leaders après les révolutions? Les leaders sont-ils souhaitables ?

Débat avec David Bell, professeur à Princeton et Mathilde Larrère, université Gustave Eiffel. Séance animée par Alexandre Frondizi.

273. Le Moyen Âge de Claude Gauvard

Seconde partie d’un double entretien portant aussi sur tout le parcours de Claude Gauvard. Cliquer ici pour la première partie. Voir aussi un entretien de 2018 autour du précédent livre sur la peine de mort, et les livres de Claude Gauvard (dont sa thèse) en ligne.

L’invitée: Claude Gauvard, professeure émérite d’histoire médiévale à l’université Paris-IEnregistrement d’une lettre de rémission de 1447 dans les registres du Trésor des Chartes, ANF, JJ 179, n° 30, fol. 13 v°

La discussion:

  • Introduction (00:00)
  • Deux professeurs à l’origine d’une vocation de médiéviste (01:00)
  • Un drôle de recrutement par Jean Favier, et la misogynie ordinaire à l’université dans les années 1960 (5:10)
  • Une génération bénéficiant de l’appel d’air universitaire à la fin des années 1960 (6:25)
  • Parmi les lectures et références, Marc Bloch (9:20)
  • Le choix du sujet de thèse et la découverte de l’anthropologie (10:15)
  • Le rapport à Georges Duby et Jacques Le Goff (14:25)
  • L’étude du bas Moyen Âge par rapport aux conceptions de Huizinga (18:00)
  • L’informatique, à ses débuts, comme outil pour la thèse (20:25)
  • Le rapport à l’histoire quantitative (22:30)
  • Le jury de thèse en 1989, reflétant le paysage des médiévistes (26:00)
  • La question de l’honneur, et des différences minimes entre nord et sud du royaume, comme résultat fort de la thèse (28:30)
  • L’internationalisation de la recherche dans les années 1980 (31:30)
  • Le programme de recherche sur la construction de l’État moderne comme aiguillon de recherche (33:15)
  • Idées et engagements politiques et anticoloniaux (35:30)
  • Être une femme dans un monde académique masculin et souvent misogyne (38:15)
  • Une historienne des institutions, à la tête d’institutions (40:45)
  • Le goût du Moyen Âge: architecture, sculpture, musée de Cluny (43:15)

272. Les procès de Jeanne d’Arc, avec Claude Gauvard

Première partie d’un double entretien portant aussi sur tout le parcours de Claude Gauvard. Cliquer ici pour la seconde partie. Voir aussi un entretien de 2018 autour du précédent livre sur la peine de mort, et les livres de Claude Gauvard (dont sa thèse) en ligne.

L’invitée: Claude Gauvard, professeure émérite d’histoire médiévale à l’université Paris-ILe livre: Jeanne d’Arc, héroïne diffamée et martyre, Paris, Gallimard, 2022

La discussion:

  • Introduction (00:00)
  • Jeanne d’Arc, précipité de Moyen âge (1:40)
  • La découverte d’un document inédit montrant les clivages politiques toujours suscités par la figure de Jeanne d’Arc même trente ans après sa mort (6:00)
  • Le supplice du feu pour Jeanne et son sens (8:00)
  • Le procès d’inquisition, ses particularités, et le rôle de l’évêque Cauchon (10:00)
  • Hérésie, sorcellerie, et crainte de l’envoûtement (14:15)
  • Un procès ordinaire et extraordinaire à la fois (17:30)
  • La hantise de la prison au Moyen âge (22:00)
  • Les apparitions de Jeanne et leur interprétation: venant du diable, ou de Dieu ? (24:20)
  • L’aveu (26:00)
  • En quelle langue se comprend-on durant le procès ? (27:00)
  • Les conceptions identitaires et d’appartenance au royaume, construites notamment par l’appartenance aux confins (29:00)
  • Quelle compétence politique du peuple au bas Moyen âge ? (31:20)
  • Larmes, émotions, opinions des habitants de Rouen lors du supplice (33:20)
  • Une femme portant l’habit d’homme, signe condamnable d’orgueil (34:10)
  • Une prophétesse, confrontée à l’échec de ses prophéties (38:00)
  • Les choix d’écriture du livre (40:00)
  • Le procès en réhabilitation tardif de Jeanne (43:00)

271. Repolitiser l’histoire de Vichy, avec Anne-Sophie Anglaret

L’invitée: Anne-Sophie Anglaret, docteure en histoire, traductrice

Le livre: Au service du Maréchal ? La légion française des combattants (1940-1944), Paris, CNRS, 2023.

La discussion:

  • Introduction (00:00)
  • Présentation de la Légion, seule organisation de masse de Vichy (1:00)
  • Le choix du sujet, à partir d’un questionnement sur la mémoire (2:15)
  • Faire une thèse sur un sujet pour lequel il y a déjà un travail de référence (3:30)
  • Le dialogue avec le travail d’Antone Prost (4:30)
  • Travail quantitatif, rareté des sources narratives, usage de la presse et lexicométrie, difficultés des sources iconographiques (6:00)
  • Une légion peu militarisée: pas un équivalent français des SA ou chemises noires (10:00)
  • La Légion comme critère du fascisme de Vichy (11:00)
  • Extrait audio: discours de Pétain du 17 juin 1940, « sûr de l’affection des anciens combattants… »
  • Retour critique sur la notion de « maréchalisme » (14:00)
  • La naissance de la Légion, et les indices des désaccords politiques que cela suscite (16:30)
  • La question des continuités entre Vichy et IIIe République, visibles pour une partie des anciens combattants (19:00)
  • Le PSF (ex- Croix de feu), pas un « bouclier » républicain (20:00)
  • Les activités de la Légion (21:30)
  • Une Légion valorisée, mais marginalisée (25:15)
  • La Milice, émanation de la Légion (27:00)
  • Les anciens combattants juifs, en partie marginalisés dans la Légion (29:15)
  • Une organisation tout sauf « apolitique » (30:00)
  • Légion et délation (32:00)
  • Légion et résistance (33:40)
  • L’Allemagne, un non-sujet (35:00)
  • Presque pas d’épuration (38:00) mais des attentats ciblés de la Résistance (40:00)
  • La sémantique particulière de la « Légion », plus militariste que pour les anciens combattants de l’entre-deux-guerres (41:00)
  • Repolitiser l’histoire de l’occupation (43:00)

Les travaux cités dans le podcast:

  • Jean-Paul Cointet, La Légion française des combattants, 1940-1944. La tentation du fascisme, Paris, Albin Michel, 1995.
  • Laurent Joly, Dénoncer les Juifs sous l’Occupation, Paris, éditions du CNRS, 2021.
  • Antoine Prost, Les anciens combattants et la société française 1914-1939, Paris, Presses de la FNSP, 1977
  • François Rouquet et Fabrice Virgili, Les Françaises, les Français et l’épuration. De 1940 à nos jours, Paris, Gallimard, « Folio histoire », 2018.

Le conseil de lecture: Léon Werth, Déposition