450. L’ordinaire de Vichy à l’écran, avec Emmanuel Marre


L’invité : Emmanuel Marre, réalisateur

Le film : Notre salut (2026)

La discussion :

  • « Ce n’est pas n’importe qui qui fait n’importe quoi » (4:00)
  • Quelles références historiques et filmiques avant d’entreprendre ce projet ? (10:00)
  • Le recours aux archives (17:00)
  • Faire sentir le passage du temps, filmer l’ordinaire du passé (22:50)
  • Le travail sur la langue (30 :00)
  • Filmer l’ordinaire de la persécution (35:45)
  • Qu’est-ce qu’un choix sous l’Occupation ? (42:15)

Les références citées dans l’émission :

  • Philippe Burrin, La France à l’heure allemande, Paris, Seuil, 1995.
  • Pierre Laborie, Penser l’événement, Paris, Seuil, 2019.
  • Costa-Gavras, Section spéciale (1975)
  • Peter Watkins, Edvard Munch, la danse de la vie (1974)

426. Des clichés et du faux : le film sur l’Occupation de Xavier Giannoli, avec Anne-Sophie Anglaret

L’invitée : Anne-Sophie Anglaret, historienne de la Collaboration

Le film : Des rayons et des ombres, Xavier Giannoli, 2026

La discussion :

  • Propos liminaire : les malentendus sur les rapports entre cinéma et histoire (1:30)
  • Luchaire, la gauche, l’extrême-droite (6:20).
  • Corinne Luchaire, narratrice problématique (9:00)
  • Intentions du film et réussites partielles (13:00)
  • Dépolitisation et déformations du parcours de Luchaire avant-guerre (18:00)
  • Otto Abetz faussement présenté comme un nazi malgré lui (23:00)
  • La mise en scène mensongère d’un Luchaire préoccupé par le sort des juifs (26:45)
  • Des omissions problématiques : le rôle de Luchaire à Sigmaringen, sa fréquentation de la Gestapo
  • Luchaire présenté comme favorable à la Résistance ou jouant un double jeu ! (34:20)
  • Un passage confusionniste sur De Gaulle et Pétain, because why not (39:00)
  • Les rapprochements entre Corinne Luchaire et Lacombe Lucien (40:40)
  • Les circonstances inventées de l’arrestation des Luchaire, prétexte à une mise en scène dégradante des FFI prêts à violer Corinne (43:00)
  • Un dernier cliché pour la route : « l’histoire écrite par les vainqueurs » (49:00)
  • Que voir d’autre ? Section spéciale de Costa-Gavras (1975) ; Le dernier métro de Truffaut (1980) (50:00)

 

Les textes parus sur le film :

  • Plaidoyer du trio de conseillers historiques (Barbara Lambauer, Cédric Méletta, Yves Pourcher)
  • Tribune critique de Bénédicte Vergez-Chaignon
  • Entretien avec Tristan Rouquet

410. J.-B. Duroselle, l’Occupation et l’histoire, avec Laurence Badel


 

L’invitée : Laurence Badel, professeure à l’université Panthéon-Sorbonne

Le livre : Jean-Baptiste Duroselle, Cahiers de l’été 1944, Paris, Gallimard, « Témoins », 2025.

La discussion :

  • Un texte de jeunesse inédit (1:00)
  • Comment Duroselle a vécu l’Occupation (9:20) et son rapport à De Gaulle (20:30)
  • Les liens entre Pierre Renouvin et Jean-Baptiste Duroselle (27:30)
  • Une carrière d’historien des relations internationales (35:30)

Le conseil de lecture : J. Osterhammel, La transformation du monde

À lire en ligne : Histoire et relations internationales (colloque de 2017 sur Renouvin et Duroselle)

271. Repolitiser l’histoire de Vichy, avec Anne-Sophie Anglaret

L’invitée: Anne-Sophie Anglaret, docteure en histoire, traductrice

Le livre: Au service du Maréchal ? La légion française des combattants (1940-1944), Paris, CNRS, 2023.

La discussion:

  • Introduction (00:00)
  • Présentation de la Légion, seule organisation de masse de Vichy (1:00)
  • Le choix du sujet, à partir d’un questionnement sur la mémoire (2:15)
  • Faire une thèse sur un sujet pour lequel il y a déjà un travail de référence (3:30)
  • Le dialogue avec le travail d’Antone Prost (4:30)
  • Travail quantitatif, rareté des sources narratives, usage de la presse et lexicométrie, difficultés des sources iconographiques (6:00)
  • Une légion peu militarisée: pas un équivalent français des SA ou chemises noires (10:00)
  • La Légion comme critère du fascisme de Vichy (11:00)
  • Extrait audio: discours de Pétain du 17 juin 1940, « sûr de l’affection des anciens combattants… »
  • Retour critique sur la notion de « maréchalisme » (14:00)
  • La naissance de la Légion, et les indices des désaccords politiques que cela suscite (16:30)
  • La question des continuités entre Vichy et IIIe République, visibles pour une partie des anciens combattants (19:00)
  • Le PSF (ex- Croix de feu), pas un « bouclier » républicain (20:00)
  • Les activités de la Légion (21:30)
  • Une Légion valorisée, mais marginalisée (25:15)
  • La Milice, émanation de la Légion (27:00)
  • Les anciens combattants juifs, en partie marginalisés dans la Légion (29:15)
  • Une organisation tout sauf « apolitique » (30:00)
  • Légion et délation (32:00)
  • Légion et résistance (33:40)
  • L’Allemagne, un non-sujet (35:00)
  • Presque pas d’épuration (38:00) mais des attentats ciblés de la Résistance (40:00)
  • La sémantique particulière de la « Légion », plus militariste que pour les anciens combattants de l’entre-deux-guerres (41:00)
  • Repolitiser l’histoire de l’occupation (43:00)

Les travaux cités dans le podcast:

  • Jean-Paul Cointet, La Légion française des combattants, 1940-1944. La tentation du fascisme, Paris, Albin Michel, 1995.
  • Laurent Joly, Dénoncer les Juifs sous l’Occupation, Paris, éditions du CNRS, 2021.
  • Antoine Prost, Les anciens combattants et la société française 1914-1939, Paris, Presses de la FNSP, 1977
  • François Rouquet et Fabrice Virgili, Les Françaises, les Français et l’épuration. De 1940 à nos jours, Paris, Gallimard, « Folio histoire », 2018.

Le conseil de lecture: Léon Werth, Déposition

250. La rafle du “Vel d’hiv”, avec Laurent Joly

L’invité : Laurent Joly, directeur de recherche au CNRS

Le livre : La rafle du Vel d’Hiv. Paris, juillet 1942, Paris, Grasset, 2022.

La discussion:

  • Introduction (00:00)
  • La place marquante de la rafle du « Vel d’Hiv » dans l’histoire (01:00)
  • Les différentes strates historiographiques ayant abordé l’événement (4:00)
  • Un événement central mais sur lequel des idées fausses circulent encore (6:40)
  • Les sources policières et leurs lacunes (10:00)
  • Le fichier des « agents capteurs », document manquant (16:00)
  • La place donnée aux victimes dans l’écriture du livre (17:30)
  • Les logiques qui sont à l’origine de la rafle (24:00)
  • La politique Laval-Bousquet (26:00) et sa violation du droit (27:30)
  • Les fausses « exemptions » agissant comme des « soupapes morales » (29:00)
  • La précarité matérielle qui fragilise les victimes de la rafle (31:30)
  • Le paradoxe d’un événement meurtrier, de manière massive, mais qui échoue dans ses objectifs (33:35)
  • L’expérience concrète de la rafle et son organisation policière (38:10)
  • L’obéissance routinière de policiers, en dépit de marges de manœuvre (41:00)
  • Le chaos indescriptible qui suit la rafle et les conditions atroces qui en résultent, dont la séparation des enfants et leur déportation (44:00)
  • La « rafle après la rafle » de l’été 1942 à 1944 (46:30)
  • L’unique photo de la rafle et son histoire (51:00)

 Les conseils de lecture et les ouvrages cités dans l’émission :

  • Claude Lévy et Paul Tillard, La grande rafle du vel d’hiv, Paris, Robert Laffont, 1967.
  • Serge Klarsfeld, Vichy-Auschwitz. Le rôle de Vichy dans la « solution finale » de la question juive en France. 1942, Paris, Fayard, 1983
  • Georges Horan-Koiransky, Journal d’un interné. Drancy 1942-1943, Ivry, Créaphis, 2017 ; ’Le camp de Drancy, seuil de l’enfer juif’’ .Dessins et estampes 1942-1947, Ivry, Créaphis, 2017.
  • Lise Foisneau, Les nomades face à la guerre, 1939-1946, Paris, Kincksieck, 2022.
  • Alexandre Doulut, La déportation des juifs de France : changement d’échelle, thèse, université Paris-I, 2021.
  • Annette Muller, La petite fille du Vel d’hiv, Denoël, 1991.

 

152. La filière martiniquaise pour fuir Vichy, avec Eric Jennings

L’invité : Éric Jennings, professeur à l’université de Toronto

Le livre : Les bateaux de l’espoir, Vichy, les réfugiés et la filière martiniquaise, Paris, CNRS éditions, 2020.

La discussion :

  • La filière martiniquaise qui a permis à environ 5000 réfugiés de quitter la France de Vichy (1’)
  • Un projet formulé depuis longtemps, autour de questions sur la présence de réfugiés dans les Antilles (2’30)
  • Les différentes catégories d’« indésirables » cherchant à fuir la France occupée (3’50)
  • Une porte de sortie ambiguë, entre expulsion et humanitaire (6’30)
  • Des tensions internes au régime de Vichy, entre différentes institutions en désaccord quant aux possibilités d’autoriser les départs vers les Antilles (8’25)
  • Les liens entre la filière martiniquaise et le « projet Madagascar » d’expulsion des Juifs (10’50)
  • Une destination pour laquelle un visa n’est pas nécessaire, donc en partie plus accessible que d’autres (13’45)
  • La situation plus que compliquée des réfugiés à la veille du départ, et la part d’aléatoire dans le fait de pouvoir s’embarquer (15’35), à la merci de la bureaucratie (19’50)
  • Marc Bloch parmi les figures ayant failli s’embarquer sur un de ces navires (22’)
  • Des conditions de traversée difficiles (23’50)
  • La surveillance voire l’internement à l’arrivée, par les autorités vichystes (27’20)
  • Les traces assez rares aujourd’hui de cet épisode en Martinique (30′)
  • La rencontre féconde entre le couple Césaire et André Breton, au croisement de la négritude et du surréalisme, dans la revue Tropiques en particulier (30’50)
  • La fermeture progressive de la filière martiniquaise, en raison d’une situation géopolitique complexe (36’50)
  • La représentation de cette histoire au cinéma, dans Casablanca (1942) et Le port de l’angoisse (To have and have not, 1944) (41′)

 

Les conseils de lecture :

  • Olivier Assayas, Adrien Bosc, Un voyage Marseille-Rio
  • Adrien Bosc, Capitaine, 2018.
  • Anna Seghers, Transit, adapté au cinéma par Christian Petzold (2018)

109. Revoir ‘L’armée des ombres’, avec Guillaume Pollack

L’invité : Guillaume Pollack, professeur d’histoire-géographie, et spécialiste de la RésistanceLe film : L’armée des ombres (Jean-Pierre Melville, 1969)

La discussion :

  • Un film puissant sur la Résistance, et le vécu de ses acteurs (1’45)
  • L’expérience personnelle de Melville (6’)
  • Les figures réelles auxquelles renvoient les personnages du film (9’40)
  • Le contexte de 1942-1943 dans lequel se situe l’intrigue (11’10)
  • Les actes de résistance, le quotidien résistant, montrés dans le film (18’30)
  • L’importance des relations avec la population, qui permet de survivre, comme le montre la scène de Philippe Gerbier (Lino Ventura) chez le barbier (24’)
  • Le personnage de Mathilde (Simone Signoret) et ce qu’il montre des rôles féminins dans la Résistance (28’22)
  • La représentation de la violence, à l’encontre de trois figures : le traître, l’ennemi, la résistante qui risquerait d’être « retournée » (31’40)
  • L’appareil répressif français et allemand représenté dans le film (34’30)
  • Le choix de Melville consistant à « dépolitiser » la Résistance, et à faire disparaître presque entièrement les motivations des Résistants (37’30)
  • Quelle réception pour le film en 1969 ? (42’30)
  • Conseils de lecture (45’30)

Pour aller plus loin :

  • Marjolaine Boutet, « L’utilisation pédagogique de la série télévisée Un Village français », Historiens & Géographes, 2016, p. 185-188.
  • Sylvie Lindeperg, Les Ecrans de l’ombre : la Seconde Guerre mondiale dans le cinéma français (1944-1969), Paris, CNRS Éditions, 1997.
  • Christian Delage et Vincent Guigueno, L’historien et le film, Paris, Gallimard, « Folio Histoire », 2004.

69. Pierre Laborie et l’historiographie de la Résistance, avec Cécile Vast

L’invitée : Cécile Vast, docteure en histoire, chercheure associée au LAHRA

Le livre : Pierre Laborie, Penser l’événement, 1940-1945, Paris, Gallimard, « Folio histoire », 2019.

La discussion :

  • Un projet éditorial qui prend source dans les derniers textes que Pierre Laborie composait à la fin de sa vie (0:50)
  • Son expérience personnelle de la guerre et de la mort, enfant, au printemps 1944 dans le Lot (5:00)
  • La question du silence et la difficulté de son interprétation historique (7:00)
  • Un parcours de recherche débuté à la fin des années 1960, comme professeur du secondaire, et en lien avec le Comité d’histoire de la 2e guerre mondiale, et qui aboutit à l’EHESS (8:35)
  • Une démarche inscrite dans une approche collective de la recherche, initiée par les colloques « La Résistance et les Français » à partir des années 1990 (12:50)
  • La recomposition des rapports entre historiens et témoins de la Résistance dans ces mêmes années 1990 (14:45)
  • L’épisode marquant que fut la table ronde de 1997 organisée par Libération, et le malaise qu’elle a suscité parmi des historiens comme Antoine Prost (18:35)
  • Le clivage dans l’historiographie de la Résistance entre deux types d’approches : priorité à son efficacité, ou à son inscription sociale ? (23:10)
  • Les critiques apportées par Pierre Laborie à la « vulgate » voulant que les Français aient été collectivement veules sous l’Occupation, liée notamment à la réception du film Le Chagrin et la Pitié (26:15)
  • Des positions historiographiques critiques envers certains aspects des travaux de Robert Paxton et Henry Rousso (30:28)
  • Les concepts introduits par Pierre Laborie, comme « crise d’identité nationale », « penser-double », « non-consentement » (34:45)
  • La dialectique de l’événement et de la structure dans son travail, en lien avec l’effondrement de 1940 (40:30)
    • Conseil de lecture (43:45)

Références et conseils de lecture :

« Pierre Laborie, un historien “trouble-mémoire” » (article sur Pierre Laborie avec liens et entretiens)

« Déplorable leçon d’histoire » : Tribune cosignée par Pierre Laborie suite à la table-ronde avec les époux Aubrac organisée par Libération en 1997.

Parmi les travaux de Pierre Laborie :
– Résistants vichyssois et autres : l’évolution de l’opinion et des comportements dans le Lot de 1939 à 1944, Paris : Éditions du CNRS, 1980
– L’opinion française sous Vichy : les Français et la crise d’identité nationale, Paris, Seuil, 1980.
– Le chagrin et le venin. La France sous l’Occupation, mémoire et idées reçues, Paris, Bayard, 2011

Travaux cités durant l’émission :
–
François Azouvi, Le Mythe du grand silence. Auschwitz, les Français, la mémoire, Paris, Fayard, 2012.
– Eberhard Jäckel, La France dans l’Europe de Hitler, Paris, Fayard, 1968.
– Alf Lüdtke, « La domination au quotidien. “Sens de soi” et individualité des travailleurs en Allemagne avant et après 1933 », Politix, 4/13, 1991.
– François Marcot (dir.), avec la collaboration de Bruno Leroux et Christine Levisse-Touzé, Dictionnaire historique de la Résistance – Résistance intérieure et France libre, Paris, Robert Laffont, « Bouquins », 2006.
– Robert Paxton, La France de Vichy, Paris, Seuil, 1972.
– Henry Rousso, Le syndrome de Vichy (1944-1987), Paris, Seuil, 1987.

Conseil de lecture :

Claude Mauriac, Le temps immobile, 10 vol. Grasset

41. Raïssa Bloch, une médiéviste dans la tourmente du premier XXe siècle, avec Agnès Graceffa

L’invitée : Agnès Graceffa, historienne médiéviste (musée de la Résistance de Bruxelles)

Le livre : Une femme face à l’histoire. Raïssa Bloch, Saint-Pétersbourg-Auschwitz (1898-1943), Paris, Belin, 2016.

La discussion : les origines du travail et la collecte des archives privées concernant Raïssa Bloch (1’15) ; le parcours de Raïssa Bloch qui débute dans une famille de la bourgeoisie juive de Saint-Pétersbourg (4’30) ; la possibilité des études universitaires pour les femmes en Russie à l’époque (6’50) ; le foisonnement artistique des débuts de l’URSS auquel participe Raïssa Bloch (8’06) ; du fait notamment de ses capacités linguistiques (10’20) ; la confrontation avec l’arbitraire du pouvoir soviétique et son arrestation (11’25) ; un premier exil en Allemagne, où vit une énorme communauté russe émigrée (14’20) ; les relations de Raïssa Bloch avec Vladimir Nabokov / Sirine (16’25) ; son insertion dans la médiévistique allemande, via les Monumenta Germaniae Historica et la réalisation de sa thèse sur Léon IX (21’) ; un statut d’ « intellectuelle précaire », reléguée à des tâches d’érudition fastidieuse (23’15) ; l’aide en France de Ferdinand Lot et son rôle pour intégrer Raïssa Bloch, auprès des médiévistes français, à qui elle apporte sa connaissance de l’Allemagne (27’30) ; en Allemagne, la montée du nazisme et les difficultés qu’elle rencontre (32’45) ; une vie plus difficile encore en France occupée, face aux persécutions, avec l’arrestation de son mari (35’50) ; son passage dans la clandestinité, son action dans l’OSE auprès d’enfants, et sa propre arrestation (40’40) ; leur souvenir entretenu par leurs proches (43’15).

Le conseil de lecture : Jean-Michel Chaumont, Survivre à tout prix ? Essai sur l’honneur, la résistance et le salut de nos âmes, Paris, La Découverte, 2017.

37. Revoir Le Dernier métro, avec Alya Aglan

L’invitée : Alya Aglan, professeure à l’université Paris-I

Le film : Le dernier métro, de François Truffaut (1980)

La discussion : résumé du film ; la réception du film : succès public et professionnel, mais une relative tiédeur critique ; un film plus personnel qu’il n’y paraît au premier abord ; un tournage à charnière de plusieurs séquences mémorielles : mode rétro et « retour du refoulé » de Vichy et en particulier des persécutions contre les juifs ; les sources et références du film de Truffaut ; les thèmes du film (secret, claustration, compromis des personnages) ; la situation historique du film censé se dérouler en septembre 1942 ; les types incarnés par les différents personnages, dont la figure du critique de théâtre collaborationniste et antisémite Daxiat ; le tournant de novembre 1942 (invasion de la zone libre) mis en scène dans le film ; les éléments matériels de la vie sous l’occupation (pénurie, marché noir…) ; la mise en scène du collaborationnisme à travers Je suis partout ; l’intensité de la vie culturelle sous l’occupation ; le personnage joué par Richard Bohringer et sa présence dans la scène de traque des résistants ; l’omniprésence des discours antisémites dans le film et les questions d’identité mises en scène dans le film ; la difficulté des choix personnels et des compromis durant la période.

Les références citées dans le podcast :
– Pièces, films, émissions

Ernst Lubitsch, To be or not to be (1942)
Jean Renoir, This land is mine (1943)
Jean Renoir, Carola et les cabotins (1957)
Marcel Ophuls, Le chagrin et la pitié (1971)
Jean-Pierre Melville, L’armée des ombres (19969)

Livres (par ordre chronologique) :
Sacha Guitry, Quatre ans d’occupations, Paris, L’Elan, 1947.
René Rémond (dir.), Le gouvernement de Vichy, Paris, Presses de la FNSP, 1972.
Robert Paxton, La France de Vichy, Paris, Seuil, 1973.
Henry Rousso, Le syndrome de Vichy, Paris, Seuil, 1987.
Antoine De Baecque et Serge Toubiana, François Truffaut, Paris, Gallimard, 1996.
Jean-Michel Frodon, « Le Dernier métro : an Underground Golden Coach », in Dudley Andrew, Anne Gillain, A companion to François Truffaut, Oxford, Wiley-Blackwell, 2013
Laurent Joly, Dénoncer les juifs sous l’occupation, Paris, CNRS éditions, 2017.
Jacques Semelin, La survie des juifs en France 1940-1944, Paris, CNRS éditions, 2018.