75. Numismatique antique, avec Anthony Hostein

L’invité : Anthony Hostein, directeur d’études à l’EPHE

Antonio de Pereda y Salgado, Vanitas (1634). Vienne, Kunsthistorisches Museum.

Le thème : la numismatique, son histoire, ses apports à l’étude de l’antiquité

La discussion :

  • Comment est née la numismatique comme discipline, bien avant d’autres branches du savoir historique, à partir de la Renaissance (1’30)
  • Commentaire de tableaux : vanité de Salgado (3’40)
  • L’autonomisation de la numismatique sur le plan savant, avec son vocabulaire (« droit », « revers »), sous l’impulsion de Joseph Hilarius Eckhel en particulier (5’30)
  • Les liens maintenus, et parfois ambigus, entre numismatique savante et marchande (11’20)
  • Le fléau des détectoristes qui font disparaître les données (13’30)
  • La rocambolesque affaire du « trésor de Lava », ces monnaies trouvées près d’Ajaccio (16’45)
  • Les effets des conflits et troubles géopolitiques (au Proche-Orient notamment) sur les fouilles et le marché des monnaies, comme le site de Doura-Europos, « perdu pour la science » (21′)
  • Les origines de la monnaie, instrument territorialisé, qui sert seulement dans un second temps à des échanges (23′)
  • La complexité des opérations de datation des monnaies, et d’estimation des ordres de grandeur monétaires (27′)
  • Le regard des numismates sur les débats sur l’économie antique, entre « primitivistes » et « modernistes », et sur l’iconographie (29’55)
  • Les enseignements de la numismatique sur les rapports entre les hommes et les dieux (33’40)
  • Le médaillon de Ticinum frappé sous Constantin en 315, le premier comportant un symbole chrétien, et son contexte (37’10)
  • Relativiser la fonction de « propagande » de la monnaie (42′)
  • Le tournant fondamental du numérique pour les numismates, permettant de constituer des bases de données (43′)
  • Les défis interprétatifs et horizons de recherche en numismatique : construire des corpus, comprendre des monnaies singulières comme celle qui comporte une vache dans un arbre… (49’15)
  • Encore des progrès à faire dans la communication entre numismates, historiens, archéologues !

Les références citées et conseillées dans l’émission :

Quelques noms d’illustres précurseurs (avant le XIXe siècle)

Guillaume Budé [1467-1540], De asse et partibus eius (1515) ; Andrea Fulvio [c. 1470-1527], Illustrium imagines (1517) ; Hubert Goltzius [1526-1583] ; Charles Patin [1633-1693], Histoire des médailles (1695) ; Joseph Pellerin [1684-1782], vend en 1776 ses 32499 monnaies grecques au roi ; Joseph Hilarius Eckhel [1737-1798], Doctrina Numorum Veterum, 8 vol. (1792-1798)

Choix d’ouvrages en français

  • Amandry (M.) dir., Dictionnaire de numismatique, Paris : Larousse, 2001.
  • Morrisson (C.), La numismatique, Paris : QSJ ? n°2638, 1992.
  • Amandry (M.) dir., La monnaie antique [concerne la monnaie grecque et romaine, rien sur les monnaies celtiques], Paris : Ellipses, 2017.

Choix de sites internet

– Monnaies hellénistiques

Monnayages des rois de Macédoine

Monnayages des Lagides d’Egypte

Monnayages des Séleucides

– Monnaies romaines

Monnayages républicains : Roman Republican Coinage (RRC) en ligne : cf. projet « CRRO – Coinage of the Roman Republic Online »

Monnayages impériaux : Roman Imperial Coinage (RIC) en ligne : cf. projet « OCRE – Online Coins of the Roman Empire »

Monnayages provinciaux (émis pour l’essentiel par les cités de l’Empire) : Roman Provincial Coinage (RPC) en ligne : cf. projet « RPC – Roman Provincial Coinage » sur le site de l’Ashmolean Museum d’Oxford

Sites des principaux musées dans le monde

American Numismatic Society, New York

Cabinet des médailles, Bibliothèque Nationale, Paris [les collections sont en partie accessibles sur le catalogue Gallica de la BNF]

Bodemuseum, Münzkabinett, Berlin

KunsthistorischesMuseum, Vienne

The British Museum

The Ashmolean Museum

La législation en matière de découvertes monétaires

Ministère de la culture

HAPPAH (association de lutte contre le pillage du patrimoine)

 

39. Perte et transmission des textes antiques, avec Florian Barrière

L’invité : Florian Barrière, maître de conférences en langue et littérature latines à l’université de Grenoble-Alpes

La discussion :la proportion des textes antiques perdus / qui ne nous sont pas parvenus (0’45) ; la façon dont on connaît, par traces et « tradition indirecte », les textes dont on ne dispose pas (3’45) ; l’idée, plutôt erronée, d’une destruction ponctuelle et catastrophique, et l’histoire plus compliquée qu’on ne le pense souvent de la bibliothèque d’Alexandrie (5’20) ; les mutations du IIIe siècle, avec notamment le passage du volumen (rouleau) au codex (7’00) ; la transmission des textes due à leur utilité (technique, pédagogique…) pour les contemporains (8’45) ; les effets de la christianisation du monde ancien sur la transmission des œuvres (9’45) ; l’exemple de Cicéron, très parlant pour comprendre le processus de diffusion d’un livre dans l’antiquité (11’25) ; les décalages entre les titres donnés aujourd’hui à certaines œuvres et leurs dénominations contemporaines (13’50) ; les questions d’attribution incertaines pour certains textes et la transmission d’œuvres « mineures » sous un « grand nom » (15’15) ; la copie médiévale et le travail dans les scriptoria des monastères (17’20) ; la copie de textes en parallèle dans le monde latin et à Byzance (19’) ; la naissance au XIXe siècle d’une science de l’édition des textes anciens, l’ecdotique, à travers les travaux de Karl Lachmann en particulier (20’40) ; les liens entre philologie classique et études bibliques (25’50) ; les outils dont disposent aujourd’hui les philologues, l’informatique en particulier (27’) ; le travail qui reste à mener pour éditer des textes, aussi bien méconnus que « grands classiques » (28’55) ; les découvertes qui restent à faire : rouleaux d’Herculanum, sermons d’Augustin, palimpsestes… (32’) ; la dimension à la fois individuelle et collective du travail, facilité par la numérisation de certains manuscrits (36’10).

Le conseil de lecture :
– L. D. Reynolds et N. G. Wilson, D’Homère à Erasme. La transmission des classiques grecs et latins, Paris, Presses du CNRS, 1984