223. Germinal en série TV, avec Marjolaine Boutet, Nicolas Charles et Judith Rainhorn

Une émission coréalisée avec Nicolas Charles du podcast Histoire en séries (cf Les aventures du jeune Voltaire)

La série : Germinal (6 épisodes diffusés sur France 2, 2021)

Les invitées :

  • Marjolaine Boutet est maîtresse de conférences HDR en histoire contemporaine à l’Université de Picardie-Jules Verne, spécialiste des séries télévisées et des représentations audiovisuelles des guerres contemporaines. Elle est l’auteure de Un Village français : une histoire de l’Occupation (La Martinière, 2017), Cold Case : la mélodie du passé (PUF, 2013) et Les Séries Télé pour les Nuls (First, 2009). Elle est également critique de séries pour le magazine Phosphore (Bayard Presse) et dans l’émission Une heure en séries (France Inter).”
  • Judith Rainhorn est professeure en Histoire sociale contemporaine à l’université Paris 1 Panthéon-Sorbonne. Ses travaux et ses nombreuses publications portent sur l’histoire des sociétés urbaines en France, en Europe et aux Etats-Unis, à l’intersection des mondes du travail industriel, de l’histoire des risques environnementaux et de la santé depuis le XIXe siècle. Sur l’histoire des sociétés minières, elle a organisé plusieurs manifestations scientifiques, publié des articles, dirigé l’ouvrage Santé et travail à la mine, XIXe-XXIe siècles (P.U. Septentrion, 2014) et participé à plusieurs émissions  (France 5, France Culture). Elle est membre du Conseil scientifique du Centre historique minier de Lewarde, le plus important musée de la mine en France (https://www.chm-lewarde.com/fr/) et, à ce titre, a participé à l’organisation de l’exposition “Ouille, ouille, houille : la santé dans les mines » (sept. 2018-mai 2019) et du colloque international qui l’a accompagné.

La discussion :

  • Présentation de la série (1:15)
  • Quel est le XIXe siècle présenté à l’écran ? (3:30)
  • La fiction française et son rapport au XIXe siècle (6:45)
  • La façon dont la série représente la Première Internationale, les luttes sociales, les violences, le rapport aux ouvriers étrangers… (10:20)
  • La volonté d’actualiser Zola, à travers une accentuation de la violence à l’écran (14:30)
  • La représentation du travail de la mine est-elle bien menée ? (18:45)
  • La scène des enchères, porte d’entrée dans les inégalités sociales (23:40)
  • La mise en scène du travail (26:20)
  • Les personnages des dirigeants, la représentation du paternalisme patronal (29:30)
  • Accidents, risques et santé au travail (38:00)
  • L’esthétique de la catastrophe, rappelant Titanic (44:00)
  • La question des luttes sociales, et leur représentation, entre mythologie et réalisme (46:30)
  • La place donnée aux femmes dans la série et les formes d’actualisation qui s’y révèle (51:40)
  • Passage en revue de points forts ou points faibles, le combat de boxe (57:50), la musique (59:20), certains écarts vis-à-vis du roman (1:00:45), la réussite des décors (1:04:20)…

Le conseil: centre minier de Lewarde

222. The Last Duel, avec Justine Breton et Christophe Naudin

AVERTISSEMENT : le film discuté dans cette vidéo comporte des scènes de viol et violence sexuelle

Discussion avec Justine Breton et Christophe Naudin du film de Ridley Scott The Last Duel (2021), avec Matt Damon, Jodie Comer, Adam Driver et Ben Affleck

Références citées dans l’émission :

– “What’s Fact and What’s Fiction in The Last Duel” par Sara McDougall et David Perry (Slate, en ligne)
– “« Réveiller la Vénus endormie » : le plaisir sexuel et ses limites dans le discours médical de la première moitié du xve siècle”, par Estela Bonnafoux (Questes, 37, 2018)

Image de fond : Chroniques de Froissart, Bibliothèque nationale de France. Bibliothèque de l’Arsenal. Ms-5188 réserve, fol. 15v (XVe s.)

211. Filmer la guerre, la solitude et le temps : Onoda, avec Arthur Harari

L’invité : Arthur Harari, cinéaste

 Le film : Onoda, 10.000 nuits dans la jungle (2021)

La discussion :

  • L’histoire réelle de Hiroo Onoda (1:30)
  • Le phénomène plus général des derniers combattants japonais après 1945 (4:00)
  • L’origine du film et la découverte de cette histoire (6:40)
  • Un projet difficile avec un tournage en Asie (9:30)
  • Les questions de traduction en japonais et la complexité de la direction d’acteurs (11:30)
  • Quelle place pour les références à d’autres films, et aux œuvres sur la guerre du Pacifique en particulier (14:40) ainsi qu’à Aguirre de Herzog (18:30)
  • L’ambiguïté fondamentale d’Onoda sur le plan idéologique et moral (20:40)
  • La distance avec le Japon, condition d’une réflexion sur l’ambiguïté dans la Seconde Guerre mondiale ? (24:40)
  • Le travail sur la temporalité, clef du film : comment faire sentir le passage de trente années ? (28:45)
  • Une scène clef, lorsque les personnages « décodent » la radio pour penser que la guerre continue (35:20)
  • La manière de filmer la violence (38:00)
  • La rareté des contrepoints : les villageois philippins, le jeune Suzuki parti chercher Onoda (42:00)
  • À quoi pense Onoda en quittant l’île de Lubang ? (46:30)

Les films mentionnés dans la discussion (par ordre chronologique) :

  • Objectif Burma (Raoul Walsh, 1945)
  • Distant drums (Raoul Walsh, 1951)
  • The naked and the dead (Raoul Walsh, 1958)
  • Feux dans la plaine (Kon Ichikawa, 1959)
  • Hell in the Pacific (John Boorman 1968)
  • Aguirre, der Zorn Göttes (Werner Herzog, 1972)
  • Lacombe Lucien (Louis Malle, 1974)
  • The thin red line (Terrence malick, 1998)
  • Letters from Iwo Jima (Clint Eastwood, 2006)

Les ouvrages mentionnés :

  • Bernard Cendron et Gérard Chenu, Onoda, Seul en guerre dans la jungle, 1944-1974, Paris, Arthaud, 2020 [1974]
  • Hiroo Onoda, No Surrender: My Thirty-Year War,  Translated by Charles S. Terry, New York, Dell Publishing, 1974.
  • Pierre-François Souyri, Nouvelle histoire du Japon, Paris, Perrin, 2010.

 

 

190. La jeunesse de Voltaire, avec Pierre-Yves Beaurepaire et Nicolas Charles

Une émission réalisée en commun avec le podcast Histoire en séries de Nicolas Charles

L’invité: Pierre-Yves Beaurepaire, professeur à l’université Nice-Côte-d’Azur

Le thème: Les aventures du jeune Voltaire, série diffusée sur France télévisions en 2021.

La discussion:

  • Une série fidèle à ce que l’on sait des jeunes années de Voltaire ? (3:45)
  • L’éducation du futur Voltaire chez les jésuites (5:45)
  • Les rapports avec sa famille (7:50)
  • Les distances sociales maintenues entre un roturier comme Arouet et les aristocrates qu’il fréquente (10:00)
  • Le changement de nom de Voltaire, étape capitale de sa trajectoire (11:30)
  • Le monde des salons aristocratiques au début du XVIIIe siècle, et des intrigues de la Régence (cour de la duchesse et du duc du Maine) (14:20)
  • La forme de célébrité construite par Voltaire (16:55)
  • Le monde des policiers et des informateurs (19:55)
  • Le rôle de l’imprimé et des écrits dans les rapports de pouvoir (23:20)
  • Les premiers combats de Voltaire (27:30)
  • Les confrontations avec l’Église, et le déisme de Voltaire (32:00)
  • Voltaire, d’abord un homme de théâtre (34:50)
  • Le libertinage, défi à l’autorité (38:20)
  • Les relations amoureuses de Voltaire (41:00)
  • Une série à mettre en regard d’autres représentations (43:35) et d’autres séries sur la période (46:00) ainsi que d’autres films (50:00)

Les références citées durant l’émission:

  • Pierre-Yves Beaurepaire, La France des Lumières 1715-1789, Paris, Belin, 2011.
  • Id., Echec au roi – Irrespect, contestations et révoltes dans la France des Lumières, Paris, Belin, 2015.
  • Marion Brétéché, Les compagnons de Mercure. Journalisme et politique dans l’Europe de Louis XIV, Ceyzérieux, Champ Vallon, 2015.
  • Robert Darnton, Bohème littéraire et Révolution, Le monde des livres au XVIIIe siècle, Paris, Gallimard, 1983.
  • Antoine Lilti, Le monde des salons: Sociabilité et mondanité à Paris au XVIIIe siècle, Paris; Fayard, 2005
  • Id. Figures publiques : l’invention de la célébrité, 1750-1850, Paris, Fayard, 2014.

Le conseil de lecture: Pierre Milza, Voltaire, Paris, Perrin, 2015

187. Hommage à Bertrand Tavernier, avec Véronique Beaulande-Barraud, Annie Duprat, Gwendal Piégais et Manon Pignot

Les invité-es : Véronique Beaulande-Barraud (Professeure à l’université Grenoble-Alpes), Annie Duprat (Professeure émérite à l’université de Cergy), Gwendal Piégais (doctorant à l’université de Bretagne-occidentale) et Manon Pignot (MCF à l’université de Picardie-Jules Verne)

L’hommage: Bertrand Tavernier (1941-2021), son cinéma, ses films historiques

La discussion:

  • Un personnage majeur et à part dans le cinéma français (1:00)
  • Un rapport à l’histoire éclectique, doublé d’un regard sur la société contemporaine (3:20)
  • Une conscience politique qui se traduit également par un travail de documentariste important, pour La Guerre sans nom (1992) notamment (4:45)
  • Que la fête commence (1975), un film complexe, situé sous la Régence (7:00)
  • Extrait d’entretien (Arte, Olivier Père, 2018) : l’écriture du scénario (9:00)
  • Les protagonistes du film : Émilie, Philippe d’Orléans, l’abbé Dubois, Pontcallec (10:20)
  • La réception pas évidente du film (14:30)
  • Un film tout sauf « académique », et marqué par la mort (19:00)
  • La critique des institutions, une ligne de force du cinéma de Tavernier (21:00)
    • Extrait d’entretien (Parlons cinéma, 1979) : les deux personnages du juge et l’assassin (24:40)
  • Le juge et l’assassin (1976), loin des images d’Épinal sur la France des années 1890 (26:00)
  • La capacité de Tavernier à choisir des sujets à la marge des « grands » événements historiques, ou dans leurs interstices (28:30)
  • La passion Béatrice (1987), une image sombre de la période médiévale, commentée par Véronique Beaulande-Barraud (33:00)
  • La Vie et rien d’autre (1989), le chef-d’œuvre sur le deuil de la Grande Guerre (38:00)
  • La puissance des paysages et la matérialité du deuil (42:00)
  • Un film qui anticipe sur le retour mémoriel de la guerre de 1914-1918 (45:00)
  • Extrait d’entretien (FilmoTV, 2011) : comment filmer l’histoire, à hauteur de personnages ? (50:00)
  • Capitaine Conan (1996), un film s’inscrivant dans les débats historiographiques sur la violence de guerre (53:00)

Bibliographie sélective: de et sur Bertrand Tavernier

  • 50 ans de cinéma américain, Paris, éditions Nathan, 1991, 1246 p.
  • Amis américains : entretiens avec les grands auteurs d’Hollywood, coédition Institut Lumière/Actes Sud, 1993, 828 p.
  • Pas à pas dans la brume électrique, Paris, Éditions Flammarion, 2009, 267 p.
  • « Le cinéma et rien d’autre. Entretien », Le Débat, 2005/4 (n° 136), p. 134-145
  • Le cinéma dans le sang, entretiens avec Noël Simsolo, Paris, Ecriture, 2011.
  • Jean-Luc Douin, Bertrand Tavernier, cinéaste insurgé, Paris, Ramsay, 2006.

Bibliographie sélective: Tavernier et l’histoire

 

181. Filmer l’archéologie: The Dig, avec Quentin Rochet

L’invité : Quentin Rochet, archéologue, médiéviste, responsable d’opération pour Archeodunum (opérateur d’archeologie préventive) et chercheur associé à l’UMR ArAr 5138 (Lyon).

Le film : The Dig (Simon Stone, 2021)

La discussion :

  • Un film réussi, qui évoque l’archéologie et non la chasse au trésor (2:00)
  • Un film sensible, qui évoque le rapport à la mort et au temps qui passe (3:00)
  • L’approche de la Seconde Guerre mondiale qui donne une tonalité plus sombre au film  (3:40)
  • Le trésor de Sutton Hoo, presque pas montré à l’écran (5:00)
  • Que sait-on de la tombe de Sutton Hoo ? (8:30) quelle place des anglo-saxons dans l’imaginaire national britannique ? (10:10)
  • L’importance accordée à l’époque aux anglo-saxons « cultivés » par opposition aux Vikings « sauvages » (11:30)
  • Les personnages du film, leur histoire réelle, en partant du principal fouilleur Basil Brown (16:00)
  • Une archéologie « prestigieuse » à l’arrière-plan, avec la référence à Howard Carter (19:45)
  • La représentation du travail et des techniques archéologiques dans le film (21:45)
  • L’importance de l’objet archéologiques à l’époque, et la mise en scène de leur fragilité (25:30)
  •  Bâcher, débâcher, lors des intempéries : le quotidien de l’archéologie (30:40)
  • Des tensions dans le monde archéologique : hommes / femmes, amateurs / professionnels… (32:00)
  • Un film conçu comme une réhabilitation de Basil Brown (33:00)
  • La représentation des tensions hommes / femmes sur cette fouille, qui tend à gommer les personnages féminins de l’histoire (35:30)
  • À qui appartiennent les objets découverts lors de cette fouille ? Les différences entre Grande-Bretagne et France du point de vue de la législation sur le patrimoine et l’archéologie (38:00)
  • Refermer / reboucher un site (43:00)
  • Une piste de recherche actuelle : retravailler les archives de fouilles plus anciennes (45:50)

Le conseil de lecture :

Edward C. Harris, Principes de la Stratigraphie Archéologique, 2eme édition, traduction par Anne-Sophie Murray

Bibliographie (établie par Quentin Rochet) :

  • Digging the dirt: The true story behind The Dig – National Trust
  • Sue Brunning, Inside ‘The Dig’: how the star-studded film squares with reality of Sutton Hoo, British Museum
  • Un lien intéressant pour le grand public, la partie “Histoire de l’Archéologie” sur le site de l’INRAP
  • Comprendre les méthodes de l’archéologie (et leur histoire) : Demoule J.-P., Giligny F., A. Lehoërff, A. Schnapp, Guide des méthodes de l’archéologie, ed la découverte, 2009
  • Une référence sur le monde anglo saxon : Nicholas J. Higham and Martin J. Ryan, The Anglo-Saxon World, New Haven: Yale University Press, 2013
  • L’historiographie anglaise et la place des anglo-saxons dans cette dernière : J.-F. Dunyach et A. Mairey, Les âges de Britannia, Repenser l’histoire des mondes britanniques (Moyen Âge-XXIe siècle), Presses universitaires de Rennes, 2015
  • Les archéologues anglais mentionnés hors équipe de Sutton Hoo : Mortimer Wheeler, Archaeology From the Earth, Oxford University Press, 1954. V. Gordon Childe, The Dawn of European Civilization, 1925 Kathleen Kenyon, Beginning in Archaeology, 1952
  • Notices biographiques de ces dernier.e.s : Ève Gran-Aymerich, Les Chercheurs de passé. 1798–1945. Aux sources de l’archéologie, CNRS Éditions, Paris, 2007

 

167. Revoir ‘Gladiator’, avec Vivien Barrière et Clément Salviani

Les invités : Vivien Barrière, maître de conférences à Cergy Université ; Clément Salviani, doctorant à Paris-I et ATER à l’université Bordeaux-Montaigne

Le film : Gladiator, de Ridley Scott (2000)

La discussion :

  • Le rapport de nos invités à ce grand film épique (1’30)
  • Présentation du film, du projet, de son succès (4’05)
  • La séquence d’ouverture : les guerres aux frontières de Marc-Aurèle contre les barbares (5’50)
  • La représentation stéréotypée des barbares (7’05)
  • La première bataille : une façon de faire la guerre qui n’a rien de romain (9’10)
  • L’introduction de Maximus, « parfait » chef militaire (11’40)
  • Une vision plutôt simplifiée de Marc-Aurèle, et l’idée fausse de velléités « républicaines » (13’25)
  • La représentation de l’empereur Commode et l’interprétation de Joaquin Phoenix, tributaire d’un portrait déformé transmis par des sources sénatoriales (16’40)
  • Le règne de Commode (associé au pouvoir du vivant de son père), plus long et plus complexe que le film ne le suggère (20’30)
  • Le rapport aux dieux et à l’au-delà, de Maximus, laissant de côté la religion publique de Rome (23’25)
  • La succession impériale, l’empereur assassiné : un enjeu récurrent ? (28’)
  • La mort de Commode, et la façon dont le film reprend le péplum La chute de l’empire romain de 1964 (30’30)
  • L’évasion de Maximus (32’) et son long trajet vers l’Espagne, permettant de voir une géographie imaginaire de l’empire romain (33’), avec l’idée (impossible) d’une ascension sociale du personnage principal (34’)
  • Maximus, un nouveau Cincinnatus ? (35’)
  • L’Afrique du nord romaine entre réalisme et clichés orientalisants (36’40)
  • Comment Maximus a-t-il été doublé par les envoyés de Commode ? (38’)
  • La représentation de la gladiature, et les différents types de spectacles (40’)
  • Les lieux de la gladiature, à Rome et dans l’empire (44’)
  • Quel degré de violence de la gladiature par rapport à ce que montre le film ? (46’15)
  • Le geste, peu attesté dans l’antiquité, du pouce levé ou baissé (48’20), repris par le peintre Gérôme dans un tableau inspirant les choix esthétiques du film (49’)
  • Un morceau de bravoure du film : la mise en scène de la bataille de Zama (52’)
  • La façon dont Gladiator filme la guerre (56’)
  • La thématique de la décadence romaine, et la question historiographique de la fin de l’empire (57’20)
  • Que dit le film politiquement ? (1’02’00)
  • La référence aux Gracques (1’06’00)
  • L’onomastique un peu fantaisiste du film (1’07’30)
  • La restitution intéressante du Colisée (1’10’00)
  • Quel sens donner à la scène la plus fameuse : « are you not entertained ? » (1’11’15)
  • Quels moments préférés ou marquants dans le film (1’14’00)

Les références citées dans le podcast :

  • Claire Sotinel, Rome, la fin d’un empire, Paris, Belin, 2019.
  • Kyle Harper, Comment l’empire romain s’est effondré. Le climat, les maladies et la chute de Rome, Paris, La Découverte, 2019.
  • Benoît Rossignol, Marc-Aurèle, Paris, Perrin, 2020.
  • John Scheid, Infographie de la Rome antique, Paris, Passés composés, 2020.

163. De Gaulle bâtisseur : un documentaire sur la France des “Trente glorieuses”, avec Camille Juza

L’invitée: Camille Juza, réalisatrice et productrice radio

Le film: De Gaulle bâtisseur, une histoire des trente glorieuses (diffusion France TV)

La discussion:

  • Un regard porté sur les transformations économiques et sociales de ce qu’on a nommé les “Trente glorieuses”
  • Extrait audio: Charles de Gaulle, 24 novembre 1966, inauguration du barrage de la Rance (4′)
  • Le regard critique aujourd’hui porté sur les réalisations de cette époque (4’30)
  • Derrière l’aspect critiquable des “grands ensembles”, une crise du logement (8′)
  • Le rôle du modèle américain dans la modernisation française des années 1950-1960 (10’30)
  • Une “civilisation du loisir” où l’État imagine de planifier le bonheur en remodelant les espaces (12’45)
  • La triple dimension de ces transformations :architecture, urbanisme, aménagement du territoire (15’40)
  • Le monde très masculin des aménageurs gaulliens – et la condition féminine peu enviable qui en découle (17’40)
  • Réalisation emblématique (1): Orly (21′)
  • Réalisation emblématique (2): la Grande-Motte (24′)
  • La modernisation agricole et le remembrement dans la même période (27′)
  • Comment se fait l’écriture (29′) et le travail de recherche (31’25) pour un documentaire historique
  • L’intérêt des premières archives filmées en son synchrone (34’20)

Les conseils de lecture:

  • Julian Jackson, De Gaulle
  • Céline PESSIS, Sezin TOPÇU, Christophe BONNEUIL, Une autre histoire des « Trente Glorieuses ». Modernisation, contestations et pollutions dans la France d’après-guerre, Paris, La découverte, 2013.

123. La mort de Staline, farce noire sur l’URSS, avec Julie Deschepper

L’invitée : Julie Deschepper, historienne de l’URSS et post-doctorante à l’IUE

Le film : La mort de Staline, d’Armando Iannucci (2017)

La discussion :

  • Comment voit-on ce film quand on est une historienne de l’URSS ? (1’15)
  • Un film qui fonctionne comme une farce, mais avec un volet sombre (4’00)
  • Un film qui condense plusieurs contextes de la période stalinienne (8’00)
  • La représentation de Staline, avec une certaine banalité (10’35)
  • La représentation de la façon dont s’exerce le pouvoir au sein du groupe dirigeant stalinien (13’20)
  • L’incertitude qui saisit le groupe dirigeant suivant la mort de Staline (18’20)
  • La restitution plutôt fidèle des derniers moments de Staline, de la crainte d’appeler un médecin, dans le contexte du prétendu « complot des blouses blanches » (21’20)
  • Des dirigeants pas mécontents d’être débarrassés de Staline (25’45)
  • Les funérailles monumentales du dirigeant soviétique (28’20)
  • Où se trouve Staline aujourd’hui ? (30’45)
  • Quelle émotion à la mort de Staline ? (33’)
  • La diminution de la violence répressive dans ce contexte, et les débuts de libéralisation sous Khrouchtchev (36’)
  • Joukov, le rôle de l’armée, et le souvenir de la « grande guerre patriotique » (40’)
  • Les enfants de Staline, détraqués et ineptes (44’)
  • Une scène emblématique : lorsqu’on cherche une petite fille pour poser avec Malenkov, comme avec Staline, sur la photo officielle (47’45)
  • Un film censuré en 2018 en Russie (50′)

Les conseils de lecture :

  • Sheila Fitzpatrick, La Russie soviétique dans les années 30, Paris, Flammarion, 2002 ; id., Dans l’équipe de Staline, Paris, Perrin, 2018.
  • Oleg Khlevniuk, Staline, Paris, Gallimard, Folio, 2019.
  • Natacha Laurent, L’œil du Kremlin. Cinéma et censure en URSS sous Staline,  Toulouse, Privat, 2000
  • Fact-checking détaillé du film
  • Documentaire La mort de Staline / State funeral, de Sergei Loznitsa
  • Petite liste des représentations de Staline au cinéma
  • Critique de la BD originelle

120. Pillages nazis et déformations hollywoodiennes : Monuments men, avec Ophélie Jouan

L’invitée : Ophélie Jouan, historienne de l’art

Le film : Monuments Men (George Clooney, 2014)

La discussion :

  • Le scénario du film (1’30)
  • Un film franchement raté (3’40)
  • Le casting et les problèmes qu’il pose (5’40)
  • Un problème de ton, à la fois sérieux et humoristique (7’30)
  • L’art paradoxalement peu présent dans le film (9’00)
  • Un film appuyé sur une historiographie développée dans les dernières 25 années (10’40)
  • Une dimension pédagogique (malheureusement) revendiquée par le film (13’30)
  • Les réalités du pillage artistique mené par les nazis (15’40)
  • L’identité juive des victimes de spoliations, largement invisibilisée (19’40)
  • La mission des « monuments men » déformée (22’20)
  • L’oubli des efforts pour protéger le patrimoine avant leur arrivée (25’20)
  • Le personnage de Rose Valland, dont le rôle est caricaturé (28’)
  • L’accélération du film, qui met en scène une volonté nazie de détruire les œuvres d’art, de façon là encore déformée (33’)
  • L’idée (inexacte également) d’une concurrence avec les soviétiques sur ce point (35’50)
  • Une ellipse sur les opérations de restitution (38’)
  • Un parallèle à faire avec le film La femme au tableau de 2015 (40’)
  • Mais aussi avec Indiana Jones et les aventuriers de l’arche perdue (43’)
  • Conseils de lecture (46’)

Conseils de lecture et bibliographie :

  • NICHOLAS Lynn, Le pillage de l’Europe : les œuvres d’art volées par les Nazis, trad. Paul Chemla, Paris, Seuil, 1995.
  • VALLAND Rose, Le Front de l’art – Défense des collections françaises 1939-1945 (1961), Paris, éd. RMN, 2014. Réédité en 2014 et étoffé d’un appareil critique.
  • FARMER Walter I., The Safekeepers: A Memoir of the Arts at the End of World War II, Berlin/New York, Walter de Gruyter, 2000.
  • PLAUT James S., “Loot for the Master Race”, The Atlantic, 1946.
  • SMYTH Craig Hugh, Repatriation of Art from the Collecting Point in Munich after World War II, La Haye, Gerson Lectures, Schwartz/SDU, 1988.
  • SKILTON John D., Jr, Défense de l’art européen. Souvenirs d’un officier américain spécialiste des monuments, Paris, Editions internationales, 1948 ; rééd. En anglais : Memoirs of a Monument Officer: Protecting European Artworks, Portland, Inkwater Press, 2008.
  • LORENTZ Claude, La France et les restitutions allemandes au lendemain de la Seconde Guerre mondiale (1943-1954), Paris, ministère des affaires étrangères, coll. « Diplomatie et histoire », 1998.
  • KARLSGODT Elizabeth Campbell, “What’s wrong with this picture: casual disregard for history in George Clooney’s The Monuments Men (2014)”, Historical Journal of Film, Radio and Television, 14 décembre 2015.

Filmographie :

  • LOSEY Joseph, Monsieur Klein, 1976.
  • CURTIS Simon, La Femme au tableau, drame, BBC Films/The Weinstein Company, 2015.
  • FRANKENHEIMER John, Le Train, Les Films Ariane, Les Productions Artistes Associés, Dear Film Produzione, 1964.
  • SCHULER Hannes, Le musée d’Hitler : l’art pillé par les nazis, Les Films du Paradoxe, 2012.