287. Le totalitarisme en débat

Discussion organisée par le département d’histoire de l’École Normale Supérieure (Paris), enregistrée en public le 31 mai 2023.Les intervenant-e-s :

  • Marie-Anne Matard-Bonucci, professeure à l’université Paris-8
  • Nicolas Offenstadt, MCF HDR à l’université Paris-1
  • Nicolas Sesma Landrin, MCF à l’université Grenoble-Alpes
  • Pierre Salmon, MCF à l’ENS Paris (modérateur)

La discussion :

  • Présentation par Pierre Salmon (1:00)
  • Les origines italiennes du mot totalitarisme, dans le contexte fasciste, et ses usages ultérieurs (4:00)
  • Le franquisme, un fascisme ? (15:00)
  • Un terme toujours double : concept scientifique, concept de combat politique (23:30)
  • Les caractéristiques et critères du totalitarisme à partir du cas italien (34:00)
  • Le franquisme comme « fascisme asymétrique », avec une terreur initiale et non fruit d’une radicalisation, et ses rapports avec l’Allemagne (44:00)
  • La RDA, non réductible au stalinisme (50:00)
  • Le totalitarisme, un concept non heuristique pour Nicolas Offenstadt (57:00) et qui l’est pour Marie-Anne Matard-Bonucci
  • Questions du public : l’homme nouveau, ambition également dans des régimes démocratiques ? Qu’en est-il du « wokisme » ? Comment joue l’enjeu du genre ? (1:05:00)

286. Les enjeux raciaux des révolutions (les mercredis des révolutions)

 Les mercredis des révolutions, Université populaire de la société d’histoire de 1848 en partenariat avec Politis, Mediapart et Paroles d’histoire. Retrouvez tout le programme de la 6e saison (2022-2023).

Des soulèvements d’esclaves aux luttes anti-racistes, catégories raciales et mouvements insurrectionnels ont une longue histoire commune.

Dès les premiers temps de la traite esclavagiste atlantique au XVIe siècle, des révoltes traduisent l’opposition des individus mis en esclavage aux Amériques à la déshumanisation dont ils font l’objet. À la fin du XVIIIe siècle, la révolution haïtienne devient la première et la seule insurrection dite servile à être victorieuse et à déboucher sur la création d’un État indépendant dirigé par d’anciens esclaves. Pour autant, le monde des esclavages et de la traite atlantique avec ses héritages n’épuise pas le thème des connexions entre question raciale et insurrection. L’histoire de ce lien est aussi celle des luttes pour l’égalité civile des personnes racisées et celle des oppressions auxquelles elles sont confrontées, tout au long de la période contemporaine.

Qu’il s’agisse des réflexions sur les discriminations raciales des années 1930, ou des mouvements révolutionnaires des années 1960 et 1970, des civil rights aux Black Panthers, les épisodes qui mêlent émancipation et racialisation racontent l’histoire du monde euro-américain dans toute sa violence et sa complexité. Deux historien.nes des Amériques, Sarah Fila-Bakabadio (Université de Cergy) et Alejandro Gómez (Université Paris III Sorbonne Nouvelle) explorent les ressorts et les étapes de cette relation entre « race » et insurrection, de la Saint-Domingue coloniale à Black Lives Matter.

Séance animée par Romy Sanchez, enregistrée le 1er mars 2023.

279. La faim justifie-t-elle les révolutions? (Les mercredis des révolutions)

 Les mercredis des révolutions, Université populaire de la société d’histoire de 1848 en partenariat avec Politis, Mediapart et Paroles d’histoire. Retrouvez tout le programme de la 6e saison (2022-2023).

La faim justifie-t-elle la révolution ?

Séance enregistrée le mercredi 8 février 2023.

De la Révolution française au Printemps arabe, la faim joue souvent un rôle catalyseur pour nombre de mouvements révolutionnaires. Cette séance sera l’occasion d’explorer la place centrale, en temps de crise politique profonde, des questions liées à l’alimentation – entre spectre de la famine, lutte contre la vie chère, protection des ressources et dénonciation des spéculateurs.

Si la faim permet hier comme aujourd’hui de mobiliser les foules, les moments révolutionnaires offrent-ils en retour l’occasion de repenser les discours et les pratiques alimentaires ? La faim est-elle instrumentalisée à des fins politiques ? En quoi révèle-t-elle les tensions, mais aussi les solidarités communautaires en jeu lors de ces moments révolutionnaires ? Alors que la FAO reconnaît aujourd’hui l’accès à l’alimentation comme un droit humain fondamental, les révolutions passées et présentes ont-elles contribué à en faire un véritable enjeu démocratique ? Quelles menaces pèsent sur ce droit à l’heure actuelle, dans le contexte de la crise écologique et des bouleversements géopolitiques qu’elle sous-tend ?

Débat avec l’historien Paul Maneuvrier-Hervieu (Université de Milan), spécialiste des crises alimentaires et des émeutes de la faim, et le géographe Gilles Fumey (Sorbonne Université), auteur de Géopolitique de l’alimentation (2009). Animation : Ophélie Siméon

274. Les révolutions ont-elles besoin de leaders? (les mercredis des révolutions)

 Les mercredis des révolutions, Université populaire de la société d’histoire de 1848 en partenariat avec Politis, Mediapart et Paroles d’histoire. Retrouvez tout le programme de la 6e saison (2022-2023).

Depuis quelques années plusieurs révolutions, ou mouvements révolutionnaires s’autoproclament et sont décrits comme étant « sans leaders » : ainsi d’Occupy Wall Street (2011), du Mouvement des Indignés, dit « 15-M » à Madrid (2011), des révolutions tunisienne, égyptienne, libyenne (2011), du mouvement contre l’augmentation du prix du métro en 2013 au Brésil, du mouvement de défense du parc Gezi, Taksim, à Istambul (2013), de Maidan en Ukraine (2014), Nuit Debout en France (2016), puis des Gilets jaunes (2018), du soulèvement à Hong Kong (2019) ainsi de ce qu’on appelle la « deuxième vague des révolutions arabes (Liban, Irak, Algérie, Soudan, 2019-2021) pour ne citer que les principaux. S’il est intéressant de regarder au plus près ces mouvements sans leaders, il l’est aussi de se demander si c’est nouveau. Les révolutions du passé étaient-elles sans leader ? Et si non pourquoi ? On peut aussi se demander à quoi sert un ou une leader dans une révolution ? Qui fait le leader ? quelle est sa légitimité ? Les leaders sortent-ils des révolutions ou pré-existent-ils (ou t’elles) à la révolution et s’y révèlent? Quelle organisation selon qu’il y ait, ou pas, de leaders ? quels dangers posent les leaders? Que deviennent les leaders après les révolutions? Les leaders sont-ils souhaitables ?

Débat avec David Bell, professeur à Princeton et Mathilde Larrère, université Gustave Eiffel. Séance animée par Alexandre Frondizi.

269. Le passé et l’avenir des musées, avec Krzysztof Pomian

Photo Julien Brachhammer. Remerciements à Rachel Mazouk et au Musée du Quai Branly pour l’organisation de cette rencontre enregistrée le 15 décembre 2022.

L’invité : Krzysztof Pomian, directeur de recherche honoraire au CNRS

La série de livres : Le musée, une histoire mondiale, 3 vol., Gallimard, coll. « Bibliothèque illustrée des histoires », 2021-2022.

La discussion :

  • La démarche historique appliquée aux musées (1:00)
  • Le progrès du savoir sur les musées en un demi-siècle (3:00)
  • Les origines des musées: la longue histoire des collections (6:00)
  • La Révolution comme tournant (9:00) avec un « droit au musée » maintenu après 1815 (12:00)
  • La démocratisation du musée issue de l’industrialisation en GB et aux EU (14:00)
  • L’idée tardive d’un musée « fait pour les gens » et pas seulement pour les conservateurs ou les connaisseurs (19:00)
  • Comment le musée devient « omnivore » au cours du XIXe et XXe siècle, et la rupture avec la logique du cabinet de curiosités (23:00)
  • Les musées d’ethnographie du XIXe siècle, et son rapport de supériorité, à la fois colonial et social (26:00)
  • La naissance du Quai Branly (29:00)
  • La place de l’invisible au musée et la question du musée comme substitution à un lieu de culte (30:00), symptôme et facteur de la sécularisation de la société (33:30)
  • La question des restitutions et sa complexité (38:00), des origines à l’époque moderne aux questions coloniales (46:00)
  • La question plus large de la répartition mondiale des œuvres (51:00)
  • Questions dans la salle: des musées devenus trop accessibles ? (55:00) ; la naissance du métier de gardien (59:00) ; le rapport entre architecture et collection (1:02).

 

267. Ukraine et révolution (les mercredis des révolutions)

Les mercredis des révolutions, Université populaire de la société d’histoire de 1848 en partenariat avec Politis, Mediapart et Paroles d’histoire. Retrouvez tout le programme de la 6e saison (2022-2023).

Un siècle sépare la Révolution russe de 1917 et la révolution du Maïdan de 2014. Un siècle sépare également la guerre civile qui a suivi la révolution et la guerre dans laquelle l’Ukraine est engagée depuis huit ans. Quels enseignements peut-on tirer d’un regard croisé sur l’Ukraine à travers ces périodes historiques?
Au cours de cette séance, Anna Colin Lebedev, politiste qui a publié récemment Jamais Frères ? Ukraine et Russie : une tragédie postsoviétique et Eric Aunoble, historien co-auteur de Histoire partagée, mémoires divisées : Ukraine, Russie, Pologne reviennent sur le lien entre guerre et révolution. Ils proposent un dialogue entre passé et présent sur les choix sociaux et les dynamiques géopolitiques, sur l’exercice du pouvoir et la place de l’État, ou encore sur les pratiques et enjeux de la langue.
Cette séance, animée par Sylvie Aprile, professeur d’histoire contemporaine à l’université Paris-Nanterre, a été enregistrée le 23 novembre 2022 à la mairie du XVIIIe arrondissement de Paris.

249. Révolutionner l’école après 1789, avec Laurence De Cock et Côme Simien (les mercredis des révolutions)

Les mercredis des révolutions, Université populaire de la société d’histoire de 1848 en partenariat avec Politis – Séance du 11 mai 2022 à la mairie du 18e arrondissement de Paris

Hérités des Lumières, les débats sur l’éducation se sont intensifiés pendant la Révolution française. Les révolutionnaires ont fait de la question éducative, et plus particulièrement de celle de la scolarisation du peuple, un enjeu social et politique majeur, d’autant qu’on accorde alors à l’éducation le pouvoir de transformer radicalement la société. « Après le pain, l’éducation est le premier besoin du peuple » (Danton, 1793)

Avec Laurence de Cock (docteure en sciences de l’éducation) et Côme Simien (maître de conférences en Histoire moderne à l’université Paris 1 Panthéon-Sorbonne), séance animée par Carole Christen (professeure à l’Université du Havre).

La discussion :

  • Introduction (00:00)
  • Présentation par Carole Christen (01:15)
  • L’école des révolutionnaires, à partir de 1789 (Côme Simien, 6:00)
  • Quels prolongements de leurs idées au XIXe et au début du XXe siècle ? L’éducation « nouvelle » est-elle révolutionnaire ? (Laurence De Cock, 34:00)
  • La place de l’enseignement de l’histoire dans les débats éducatifs, sous la Révolution et au XIXe siècle (1:00:00)

247. Presse et révolutions, avec Pierre Serna et Edwy Plenel (les mercredis des révolutions)

Les mercredis des révolutions, Université populaire de la société d’histoire de 1848 en partenariat avec Politis – Séance du 6 avril 2022 à la mairie du 18e arrondissement de Paris

Médaille de colporteur de journaux n°19. (1789). LA PUBLICITÉ EST LA SAUVEGARDE DU[...] | lot 24 | Collection Alain Bouny chez Adjug'art | Auction.fr

Médaille de colporteurs de journaux, 1789

Presse et révolutions avec Pierre Serna, historien et Edwy Plenel, président de Médiapart

Séance animée par Claudine Ducol

De la Révolution française aux Printemps arabes, chaque moment révolutionnaire est caractérisé par un essor (parfois éphémère) de la presse. Celle-ci est intrinsèquement liée à la démocratie et chaque période d’atteinte aux droits voit aussi son reflux ou sa remise en cause.

Dans le même temps la presse, au XIXe siècle comme aujourd’hui, est souvent accusée de vénalité. Cette séance reviendra sur les relations entre presse et révolutions et s’interrogera sur sa capacité à promouvoir effectivement « le droit de savoir contre l’opacité des pouvoirs »

 

239. Révolutions latino-américaines (les mercredis des révolutions)

Avec l’historienne Geneviève Verdo et le journaliste Maurice Lemoine

Séance animée par l’historien Edward Blumenthal, dans le cadre des Mercredis des révolutions en partenariat avec Politis

L’Amérique latine a souvent été associée à des expériences révolutionnaires dans l’imaginaire populaire et historiographique, depuis les guerres d’indépendance au début du XIXe siècle jusqu’au début du XXIe siècle. Bien que les langages et les revendications concrètes aient changé considérablement, certains enjeux ont continué à s’exprimer dans les mouvements sociaux jusqu’à aujourd’hui. L’égalité républicaine, les contours de la souveraineté populaire dans des sociétés marquées par des hiérarchies socio-ethniques, la distribution de la terre, des questions territoriales -entre autres-, véhiculent la mémoire des indépendances.

La discussion :

  • Introduction par Edward Blumenthal (00:00)
  • Présentation par Geneviève Verdo : quelles idées reçues sur les indépendances hispano-américaines ? (2:00)
  • Présentation de la Révolution mexicaine et des révolutions du XXe siècle par Maurice Lemoine (16:00)
  • Est-ce qu’il y a un atavisme révolutionnaire en Amérique latine ? (29:00)
  • La question du « populaire » dans les révolutions de la région (41:00)
  • La question des inégalités économiques et sociales (51:00)

226. Poète, syndicaliste, utopiste : Alexei Gastev, avec Alexandra Koulaeva

L’invitée : Alexandra Koulaeva, chercheuse indépendante

Portrait de Gastev par Tolkatchev (1923)

Le personnage : Alexeï Gastev (1882-1939)

La discussion :

  • Les origines de l’intérêt pour Gastev (1:00)
  • Les matériaux pour écrire cette histoire (3:45)
  • Les facettes multiples d’un personnage inclassable (6:00)
  • Les débuts du parcours de Gastev, au sein du mouvement révolutionnaire russe (9:15) ; son rôle au sein de la révolution de 1905 (10:40)
  • Une rupture précoce avec les bolcheviks (11:35)
  • Un passage décisif à Paris en 1910, pour devenir anarcho-syndicaliste et pour penser le travail (13:15)
  • Le rapport au taylorisme et à la culture ouvrière (15:30)
  • Gastev écrivain, journaliste, poète (16:20)
  • Son rôle durant la période révolutionnaire en 1917-1918 (18:30)
  • La paradoxale « survie » de Gastev comme syndicaliste anarchiste aux débuts de l’URSS (21:15)
  • La naissance de l’Institut central du travail (TsiT), dans le contexte foisonnant de la NEP des années 1920 (23:30)
  • Les échos avec le mouvement artistique et pictural des constructivistes (26:20)
  • L’ambiguïté des conceptions de Gastev, et d’un travail répétitif (27:45) ; le rapport critique au stakhanovisme (29:30)
  • Matériaux et affiches produits par le TsiT (30:20)
  • Extrait sonore : « comment faut-il travailler ? » (1922), lu par Antoine Gouritin (33:00)
  • Ce qu’on sait de la mort de Gastev (36:15)
  • Le portrait de Gastev par Tolkatchev en 1923 (40:00)

Les références citées dans l’émission :