204. L’histoire autrement #4 : la recherche est (vraiment) un sport de combat, avec Pierre-Henry Bas et Stéphane Hadjeras

L’histoire n’appartient pas qu’aux historiennes et aux historiens : la série d’émissions #HistoireAutrement fait porter le regard sur des pratiques non académiques de l’histoire.

Les invités : Pierre-Henry Bas, docteur en histoire et praticien d’Arts martiaux historiques européens ; Stéphane Hadjéras, docteur en histoire et entraîneur de boxe, auteur de Georges Carpentier, l’incroyable destin d’un boxeur devenu star (Paris, Nouveau monde, 2021).

Codex Wallerstein, Augsburg, Cod.I.6.4º.2 folio 107v, ca. 1400

Le thème : activité de recherche en histoire et pratique des sports de combat

La discussion :

  • Le centenaire du combat Carpentier-Dempsey (1:45) inscrit dans une modernité médiatique de la boxe au début du XXe siècle (3:00)
  • Le parcours de Stéphane Hadjéras entre boxe et recherche (5:00)
  • Le parcours de Pierre-Henry Bas entre escrime et recherche (7:00)
  • Que sont les « arts martiaux historiques européens » (AMHE) ? (10:00) quelles différences avec le « Béhourt » (13:00) ?
  • L’intérêt des sciences sociales pour la boxe, à travers notamment les travaux de Loïx Wacquant (17:00)
  • Les similarités dans la vie et le rythme de travail d’un boxeur et d’un chercheur (18:40)
  • Le regard porté sur les doctorants par les sportifs, et inversement (22:15)
  • Les seuils de douleur et de résistance physique ont-ils une histoire ? (26:20)
  • La codification des geste de combat au Moyen âge (33:00)
  • Comment passer des sources à la reconstitution des gestes ? (37:00)
  • Les différences et ressemblances entre la boxe actuelle et celle d’il y a un siècle (42:00)
  • Des pratiques masculines dans l’histoire, en voie de féminisation dans la société (49:00)
  • La valorisation de ces activités et des AMHE (54:00)

 

118. Un film des années Reagan: Rocky IV, avec Laurent Gayme

L’invité : Laurent Gayme, professeur d’histoire-géographie

Le film : Rocky IV (Sylvester Stallone, 1985)

La discussion :

  • Un film de guerre froide, inscrit dans le contexte particulier de 1985 (1’)
  • Sa réception aux États-Unis et en France (3’)
  • Le scénario du film (7’30)
  • Une apparition de Gorbatchev (11’)
  • Le dénouement « heureux » et improbable du film (13’)
  • Le personnage d’Ivan Drago, dans un rôle pressenti pour Schwarzenegger (14’)
  • Un portrait à charge du sport soviétique : dopage, amateurisme dévoyé… (18’)
  • L’inversion du film : Rocky s’entraînant dans la nature soviétique, Drago avec de la haute technologie (20’)
  • La mise en scène de la confrontation est-ouest lors de la conférence de presse (26’)
  • Le show à l’américaine de James Brown (27’30) et ses liens avec les valeurs défendues par Stallone
  • Un film à inscrire dans un moment « reaganien » du cinéma (33’)

Le conseil de lecture : Frédéric Gimello-Mesplomb (dir.), Le cinéma des années Reagan, un modèle hollywoodien ?, Nouveau Monde éditions, 2007.

50. Sport et création artistique à l’époque soviétique, avec Julie Deschepper et Sylvain Dufraisse

Les invités : Julie Deschepper, doctorante à l’Inalco ; Sylvain Dufraisse, maître de conférences à l’Université de Nantes

L’exposition et le livre:

“Rouge. L’art au pays des soviets” (Grand Palais, jusqu’au 22juillet 2019)

Les héros du sport. Une histoire des champions soviétiques (années 1930 – années 1980), Champ Vallon, 2019.

La discussion : pourquoi il faut voir l’exposition « Rouge », d’une grande richesse en termes d’œuvres exposées, et de variété de formes artistiques (1’) ; un art qui ne se réduit pas à ses dimensions officielles ou « totalitaires » (3’) ; parmi ces œuvres, celles consacrées aux corps, allant de la biomécanique de Meyerhold à la promotion de la vigueur physique (5’) ; d’autres qui illustrent la violence stalinienne (7’10) ; la césure muséographique entre 1er niveau de l’exposition (années 1920) et second niveau (années 1930) à interroger (8’50) ; la complexité des années 1930 avec l’ouverture aux loisirs « modernes » comme le parachutisme (10’15) ; le concept moins simple qu’il n’y paraît de « réalisme socialiste » (13’40) ; certaines continuités entre les années 1920 et 1930 en matière de figuration et de représentation (18’40) ; l’accent bienvenu mis sur l’architecture et l’espace public dans l’exposition (21’) ; les reconfigurations de la ville socialiste dans un contexte de pénuries de logements (24’) ; les artistes et sportifs comme « promus » (Nicolas Werth) dans la société soviétique (27’15) ; le concept de kultur’nost ou de « civilisation » soviétique ; les contradictions du sport de compétition dans une société collectiviste (30’) ; la nécessité d’éviter une lecture trop monolithique du régime soviétique, pour comprendre les discussions ou compétitions entre organes (34’35) ; la façon dont l’URSS se construit au contact de l’étranger et de l’Ouest (avec le fait de quitter ou de rejoindre les fédérations sportives « bourgeoises » ou le CIO) (41’30) ; l’URSS qui attire des sportifs « marginaux » comme Jules Ladoumègue dans les années 1930 (43’) ; les problèmes que posent les voyages des sportifs soviétiques à l’étranger (46’) ; un retour critique sur l’idée de « stagnation » à l’ère brejnevienne (51’10), les conseils de lecture.

Les références citées dans l’émission :

« Rouge ! L’art au pays des soviets », documentaire d’Arte (A. Minard)
– Michael David-Fox, Showcasing the Great Experiment. Cultural Diplomacy and Western Visitors to the Soviet Union, 1921‑1941, Oxford University Press, 2012.
– Sabine Dullin, La frontière épaisse. Aux origines des politiques soviétiques (1920-1940), Paris, Éditions de l’EHESS, 2014.
– Marc Elie et Isabelle Ohayon, « L’expérience soviétique à son apogée », Cahiers du monde russe, 54/1-2, 2013.
– Emila Koustova, « Les fêtes révolutionnaires russes entre 1917 et 1920. Des pratiques multiples et une matrice commune », Cahiers du monde russe, 47/4, 2006.
– Cécile Pichon-Bonin, Peinture et politique en URSS : l’itinéraire des membres de la Société des artistes de chevalet (1917-1941), Dijon, Les Presses du réel, 2013.
– Travaux de Valérie Pozner sur le cinéma

Les conseils de lecture :

– Ilf et Petrov, Le veau d’or
– Gianni Haver, Jean-François Fayet, Valérie Gorin, Emilia Koustova (dir.), Le spectacle de la Révolution. La culture visuelle des commémorations d’Octobre, Lausanne, Antipodes, coll. « Univers visuels », 2017
– Sheila Fitzpatrick, Le stalinisme au quotidien. La Russie soviétique dans les années 30, Paris, Flammarion, 2002.