196. Quel avenir pour les archives classées “secret défense” ? avec Céline Guyon, Hervé Grandjean et Thomas Vaisset

Une émission coréalisée avec Alexandre Jubelin du podcast Le Collimateur

Les invité-e-s : Céline Guyon, archiviste et présidente de l’Association des archivistes de France ; Thomas Vaisset, maître de conférences en histoire contemporaine à l’Université du Havre ; Hervé Grandjean, porte-parole du ministère des Armées

Le thème : les restrictions d’accès aux archives contemporaines liées à l’IGI 1300 (expliquées dans cette émission) et les perspectives d’évolution législatives

La discussion :

  • Le cadre général de l’accès aux archives et des délais de consultation de certains documents (4:30)
  • Les raisons des modifications récentes d’accès aux archives, à travers l’IGI 1300 (6:50)
  • Les conséquences concrètes de ce durcissement pour la recherche depuis le 1er janvier 2020 (11:00)
  • Les mesures prises afin de remédier en partie au blocage, dont la déclassification au carton (16:00), et leurs limites dont l’interdiction de photographier (20:30)
  • Le problème de la classification et des étiquetages parfois rétrospectifs, le « secret défense » n’ayant pas existé à toutes les époques (23:00)
  • Quel système imaginer pour concilier impératifs du secret et accès aux archives, en tenant compte des acquis et des vertus du Code du Patrimoine voté en 2008 ? (27:00)
  • La situation des procédures et recours devant le Conseil d’État (30:45)
  • Les comparaisons internationales en termes d’accès aux archives (34:00)
  • Le secret de la défense nationale, un secret qui se périme en réalité plus vite qu’on ne pense (38:00)
  • La gestion du « cycle de vie » de la classification (40:30)
  • Peut-on mieux ou moins classifier ? (42:00)
  • La perspective d’un nouveau texte de loi sur les archives (44:40)
  • Quelle évolution dans les services de l’État dans le rapport à la recherche ? (50:00)
  • Quelles seraient les procédures ou évolutions vertueuses dans l’accès aux archives ? (52:00)
  • Quelle place pour les citoyennes et les citoyens dans le rapport aux archives ? (55:20)

Pour aller plus loin:

 

192. La Commune, carnet d’expériences, avec Quentin Deluermoz

L’invité : Quentin Deluermoz, professeur à l’Université de Paris

Le livre : Commune(s). Une traversée des mondes au XIXe siècle, Paris, Seuil, 2020.

La discussion :

  • Pourquoi écrire un livre conçu comme un carnet d’expériences, non linéaire ou narratif sur la Commune (1:30)
  • Un événement à réinscrire dans un contexte, celui de la décennie 1860, qui est celle d’une poussée démocratique à l’échelle internationale (4:15), un moment illustré par la trajectoire de Gustave Cluseret (6:00)
  • Ce que font les événements de 1870-1871 à la stature impériale de la France dans le monde (7:00)
  • Les lectures locales de la Commune à l’étranger, qui font jouer les failles politiques internes à différents pays (8:50)
  • L’insertion des événements dans un âge global de la communication qui intensifie la circulation des nouvelles (10:30)
  • Les enjeux globaux de la Commune, peu sensibles à l’échelle du quartier et de l’insurrection (13:25)
  • La Commune, « semi-État » sur la scène internationale ? (15:00)
  • Quel est le champ sémantique du mot Commune en 1871 ? (17:35)
  • La Commune d’Alger, si paradoxale, émancipatrice mais pas pour les Algériens colonisés (20:10)
  • Étudier la Commune comme si l’on ne connaissait pas sa fin, pour saisir ses « dynamiques d’émergence » (23:10)
  • Un bilan pas si « mince » à l’échelle individuelle et du quartier (26:30)
  • Une forme de légalisme communard, dans un événement qui n’est pas sans structure, avec une « pluralité d’ordres » (29:30)
  • Faire l’histoire du désengagement ou de l’indifférence vis-à-vis de la Commune (32:20)
  • Les différents massifs d’archives restant à exploiter (35:00)
  • Une discordance des temporalités vécues, entre Versaillais et Communards, s’accusant mutuellement d’anachronismes (37:30)
  • La remise en ordre discursive de l’après-Commune (39:10)
  • Des échos de la Commune dans le mouvement ouvrier américain (41:15)
  • Le moment commémoratif particulier de 2021 qui fait sens dans le cadre de mutations du rapport au politique (42:30)

Les historiennes et historiens mentionné-e-s dans la discussion:

  • Historiographie de la Commune : Jacques Rougerie, Robert Tombs
  • Polysémie du mot Commune : Claire Judde, Jérémie Foa
  • Algérie : Sylvie Thénault, Hélène Blais
  • Approche processuelle : Haim Burstin, Timothy Tackett
  • Processus de nomination et réinvestissement : Boris Gobille
  • Commune rurale de Corneilla-la-Rivière : Jérôme Quaretti
  • Mouvements sans leaders : Yves Cohen
  • Survivance du passé : Aby Wartburg

Le conseil: Les damnés de la Commune, de Raphaël Meyssan

Les autres émissions sur la Commune: Maitron de la Commune ; commémorer la Commune ; dessiner la Commune

189. Le bicentenaire de Napoléon, avec Aurélien Lignereux

L’invité: Aurélien Lignereux, professeur à l’IEP de Grenoble

François-Joseph Sandmann, Napoléon à Saint-Hélène, ca 1820.

Le thème: historiographie de la période napoléonienne à l’occasion du bicentenaire de la mort de Napoléon

 

La discussion :

  • Le champ particulier des études napoléoniennes, au croisement de différents acteurs, pas uniquement universitaires
  • Les controverses liées au bicentenaire : la Fondation Napoléon, une instance neutre ? (5:00)
  • Quel positionnement pour un historien universitaire au sein de ce champ (7:30)
  • La profusion éditoriale actuelle et le type d’ouvrages paraissant sur Napoléon (9:35)
  • La place de l’histoire militaire, et ses renouvellements (11:15)
  • Les difficultés de la commémoration officielle de Napoléon par la République, dans une année tronquée par la crise sanitaire (15:45)
  • L’épisode du retour programmé du corps d’un général mort en Russie, et ses enjeux diplomatiques (21:30)
  • Les renouvellements historiographiques de l’histoire napoléonienne et leurs origines (26:30)
  • Des chantiers majeures : police et maintien de l’ordre (32:30)
  • Les sources spécifiques de la période napoléonienne (38:20)
  • Une clef de lecture générationnelle pour comprendre la période (40:30)
  • Une histoire féminine de la période est-elle possible ? (43:30)
  • Le Premier Empire, matrice des impérialismes européens au XIXe siècle ? (47:00)

Les travaux mentionnés durant l’émission (par ordre alphabétique) :

  • Michael Broers, Europe Under Napoleon 1799-1815, Londres, Hodder, 1996.
  • Walter Bruyère-Ostells, Benoît Pouget et Michel Signoli, Des chairs et des larmes. Combattre, souffrir, mourir dans les guerres de la Révolution et de l’Empire, 1792-1815, Avignon, Presses universitaires de Provence, 2020.
  • Jane Burbank, Frederick Cooper, Empires. De la Chine ancienne à nos jours, Paris, Payot, 2011.
  • Hervé Drévillon, Olivier Wieviorka (dir.), Histoire militaire de la France, I. Des Mérovingiens au Second Empire, Paris, Perrin, 2018.
  • Aurélien Lignereux, L’empire des Français, 1799-1815, Paris, Seuil, 2013.
  • Id., Les impériaux, administrer et habiter l’Europe de Napoléon, Paris, Perrin, 2021
  • Id., avec Quentin Deluermoz et Arnaud-Dominique Houte, « Sociétés et forces de sécurité au XIXe siècle », Revue d’histoire du 19e siècle, 50, 2015
  •  Nathalie Petiteau (dir.), Voies nouvelles pour l’histoire du Premier Empire. Territoires, pouvoirs, identités : colloque d’Avignon, 9-10 mai 2000, Paris, La boutique de l’histoire, 2000.
  • Maria Pia Donato, Les archives du monde. Quand Napoléon confisqua l’histoire, Paris, PUF, 2020.
  • Anne Verjus, Le bon mari : une histoire politique des hommes et des femmes à l’époque révolutionnaire, Paris, Fayard, 2010.
  • Stuart Woolf, Napoleon’s Integration of Europe, L. Longman, 1993.

Les conseils de fin d’émission :

 

 

185. Commémorer la Commune, avec Eric Fournier

L’invité: Eric Fournier, maître de conférences à l’Université Paris-I

L’événement et le livre: 150e anniversaire de la Commune / La Commune n’est pas morte! Usages politiques du passé de 1871 à nos jours, Libertalia, 2013.

La discussion:

  • Une commémoration sous Covid en mode mineur pour 2021 (1:30)
  • Les premières commémorations de 1880-1881 (2:50)
  • La naissance du “mur des fédérés” (5:00)
  • Commémorer ailleurs? (7:20)
  • Les bolcheviks et la Commune (9:35)
  • Le cinquantenaire de la Commune au temps de la division SFIC-PCF / SFIO (12:15)
  • Les lectures réductrices de la Commune dans la mémoire communiste (15:40)
  • Une mémoire plus unie au temps du Front Populaire (19:30)
  • La Commune, hantise de Weygand en 1940 (22:05)
  • Doriot et la Commune (24:35)
  • Mai 68, réactivation de la Commune (28:00)
  • Un centenaire politisé et conflictuel en 1971 (29:15)
  • Pourquoi Pompidou n’était pas au Mur des Fédérés lors du centenaire (30:30)
  • Une mémoire qui tend à se banaliser depuis les années 1980 (32:50)
  • La réactivation de discours “Versaillais” dans les années 2000 (34:40)
  • Les enjeux politiques de la commémoration en 2021 (36:10)

Les conseils et références citées dans l’émission (par ordre alphabétique) :

  • Marc César, Laure Godineau (dir.), La Commune de 1871 : une relecture, Grane, Créaphis, 2019.
  • Jordi Brahamcha-Marin et Alice De Charentenay, La Commune des écrivains. Paris, 1871 : vivre et écrire l’insurrection, Paris, Gallimard, « Folio classique », 2021.
  • Michel Cordillot, La Commune 1871 (collection Maitron)
  • Quentin Deluermoz, Commune(s). Une traversée des mondes au XIXe siècle, Paris, Seuil, 2020.
  • Madeleine Rébérioux, “Le mur des fédérés”, in P. Nora (dir.), Les lieux de mémoire.
  • Jacques Rougerie, Procès des Communards, Paris, Julliard, coll. « Archives », 1964.
  • Edith Thomas, Les pétroleuses, Paris, Gallimard, “Folio histoire”, 2021 [1964], préface de Chloé Leprince.

121. Métiers du livre face à la crise, avec Chloé Pathé

L’invitée : Chloé Pathé, fondatrice des éditions anamosa

Le sujet : comment les maisons d’éditions, librairies, actrices et acteurs de la filière du livre font face à la crise liée à la Covid-19.

La discussion :

  • Le lien fondamental entre maisons d’édition indépendantes et librairies indépendantes (1′)
  • Les effets de la crise sur une petite maison d’édition (3’40)
  • La rupture du cotact physique avec lecteurs, libraires, festivals… (5′)
  • Une lecture en « numérique » qui augmente, sans compenser l’absence des livres physiques (8′)
  • Le fonctionnement de la librairie et des « offices » qui en rythment la vie, non sans difficultés (10′)
  • La place d’Amazon, et de ses pratiques critiquables dans cet ecosystème complexe (14′)
  • Une revendication clef, le tarif postal spécifique dédié au livre (15’50)
  • Une « suproduction » des livres et comment on pourrait y remédier (18’50)
  • Le calendrier des parutions, à repenser (22′)
  • La structure du champ éditorial en France, avec des petites structures mais aussi des mastodontes (27’10)
  • Le soutien nécessaire de l’État, et la perspective d’États généraux de l’édition indépendante (31′)
  • Des réflexions à long terme, sur l’écologie et l’économie du livre (35′)

Liens et tribunes :

108. Notre-Dame un an après, avec Mathieu Lours

L’invité : Mathieu Lours, historien de l’art et de l’architecture, professeur en CPGE

Le thème : l’incendie de Notre-Dame de Paris, un an après

La discussion :

(cliquer ici pour écouter l’entretien avec Mathieu Lours autour de son livre Églises en ruine)

  • Que ressent-on comme historien de l’architecture religieuse devant un tel événement ? (2’10)
  • Le thème de l’église en ruines, central dans notre histoire culturelle (3’50)
  • Des précédents importants : Reims, Rouen, Nantes, avec pour la première les effets de la Grande Guerre (4’50)
  • Les débats sur la reconstruction de Reims et les éclairages qu’ils apportent (8’20)
  • Les destructions de la cathédrale de Rouen et leurs usages par le régime de Vichy (9’35)
  • L’incendie de celle de Nantes, durant des travaux, comme à Notre-Dame (11’15)
  • L’état de Notre-Dame aujourd’hui, relativement satisfaisant en dépit de l’incendie (12’15)
  • L’état des connaissances sur l’édifice, partiellement renouvelé par la catastrophe (15’30)
  • Reconstruire, réinventer ? les termes du débat et leur cadre légal (17’10)
  • Que reconstruit-on ? Les XIIe-XIIIe siècles, le XIXe siècle ? Quel type de charpente ? (19’40)
  • Le vrai-faux problème des « chênes centenaires » (22’)
  • Le cadre institutionnel créé par l’État pour les travaux, dans la longue durée du rapport à ce monument (23’15)
  • Un dialogue efficace entre responsables et experts aujourd’hui (25’45)
  • L’état actuel des travaux (26’30)
  • Le mécénat considérable suscité par l’incendie, et la nécessité d’en faire bénéficier un patrimoine plus ordinaire (27’10)
  • Conseils de lecture (29’15)

Conseils de lecture / pour aller plus loin :

  • Collectif, Notre-Dame de Paris, Strasbourg, La nuée bleue, coll. « La grâce des cathédrales, 2013.
  • Dany Sandron, Andrew Tallon, Notre-Dame de Paris : neuf siècles d’histoire : une reconstitution des différents âges de la cathédrale, de sa construction à nos jours, Paris, De Noyelles, 2019.
  • Victor Hugo, Notre-Dame de Paris, chap. IV du livre X (l’incendie)

100. Le coronavirus, perspectives historiques, avec Guillaume Lachenal

Ép. 100. Le coronavirus en perspective, avec Guillaume Lachenal

L’invité : Guillaume Lachenal, professeur à Sciences Po Paris, spécialiste d’histoire des sciences et de la médecine

La discussion :

  • comment, en historien ou sociologue des sciences on se saisit d’un événement comme l’épidémie de coronavirus
  • pourquoi il n’y a pas de « leçons » évidentes à tirer de l’histoire des épidémies passées
  • un souvenir de la « grippe espagnole », ou d’Ebola, qui n’a pas forcément conduit à des politiques publiques bien pensées
  • La question du « triage » dans la moyenne durée de l’histoire de la médecine, du militaire à l’humanitaire
  • Les espoirs récurrents et souvent trompeurs de « remèdes miracles », comme la cyclosporine dans les années 1980 lors de l’épidémie de Sida

Pour aller plus loin :

Cahiers Georges Canguilhem n°6: La médecine du tri. Histoire, éthique, anthropologie

97. Discours mobilisateurs, de Viviani et Churchill à Macron

Le thème : après l’allocution présidentielle annonçant la “guerre” contre la pandémie de Coronavirus, retour à l’aide d’archives audio sur différents discours historiques de mobilisation dans la Première et la Seconde Guerres mondiales. Lire également à ce propos le texte de Maxime Combes, “nous ne sommes pas en guerre, mais en pandémie”.

Les extraits audio:

  • Emmanuel Macron, 16 mars 2020
  • Georges Clemenceau, années 1920 (2’10)
  • René Viviani, 5 août 1914 (3′)
  • René Viviani, 26 août 1914
  • Paul Deschanel, 22 décembre 1914 (5′)
  • Raymond Poincaré, 14 juillet 1915 (7’45)
  • James Hamilton Lewis, 1918 (9’20)
  • Franklin Lane, 1918 (10’10)
  • James W. Gerard, 1918 (11’10)
  • George VI, 3 septembre 1939 (13’20)
  • Paul Reynaud, 28 mai 1940 (15′)
  • maréchal Pétain, 17 juin 1940 (16’40)
  • maréchal Pétain, 30 octobre 1940
  • Jacques Doriot, juillet 1941 (17’40)
  • Winston Churchill, 13 mai 1940 (18’40)
  • Winston Churchill, 4 juin 1940
  • Winston Churchill, 18 juin 1940
  • Winston Churchill, 20 octobre 1940
  • général De Gaulle, 22 juin 1940 (28’30)
  • général De Gaulle, 23 octobre 1941
  • Franklin D. Roosevelt, 8 décembre 1941 (35’30)
  • Eleanor Roosevelt, 8 décembre 1941 (38’05)
  • un électricien new-yorkais, 8 décembre 1941
  • Sol Shidlinger, 8 décembre 1941

Pour aller plus loin:

BNF, archives de la parole

Library of Congress, recherche “discours”

88. Quand le Parlement européen (ré)écrit l’histoire, avec Christine Cadot et Sarah Gensburger

Les invitées: Christine Cadot, Maîtresse de conférences en science politique à l’Université Paris 8; Sarah Gensburger, Chargée de recherche au CNRS, directrice adjointe de l’Institut des sciences sociales du politique

Le sujet : Résolution du Parlement européen du 19 septembre 2019 sur l’importance de la mémoire européenne pour l’avenir de l’Europe

La discussion :

  • Une résolution du Parlement européen qui écrit de façon confuse l’histoire de la Seconde Guerre mondiale (1’50)
  • La journée commémorative du 23 août « en hommage aux victimes des régimes totalitaires », peu connue, (3’35)
  • Les « bonnes » intentions derrière ces dispositifs mémoriels (5’10)
  • Les changements mémoriels avec l’élargissement à l’est de l’Union européenne en 2004, qui conduit à inclure le communisme dans le « plus jamais ça » européen (6’30)
  • Le « pilier mémoriel » de l’élargissement de l’Europe, et les effets contre-productifs de certaines politiques mémorielles (9’30)
  • L’idée que la mémoire européenne ferait une appartenance européenne commune (13’30)
  • Une autre journée commémorative européenne, pour les attentats, le 11 mars (14’15)
  • Le rapport compliqué à la Russie actuelle dont témoigne le texte du Parlement européen (16’15)
  • La façon dont les instances européennes s’emparent des enjeux mémoriels, comme réponses à la crise de légitimité de l’UE (20’)
  • La sociologie des eurodéputés, qui les rend propices à se saisir de ces enjeux (23’10)
  • Quel statut juridique pour le texte du Parlement européen, qui n’a pas tout à fait force de « loi » ? (28’20)
  • Les dangers portés par ce texte en termes de relativisation des crimes nazis (32’30)
  • Problèmes et omissions du texte (37′)
  • Les limites plus générales des politiques de mémoire (40’)
  • Quelles mémoires doivent fabriquer les musées, les enseignants ? (44’)

Les références pour aller plus loin :

Christine Cadot, Mémoires collectives européennes, Presses universitaires de Vincennes, 2019.

Sandrine Lefranc, Sarah Gensburger, A quoi servent les politiques de mémoire? Paris, Presses de Sciences Po, 2017.

Article des “Décodeurs” (Le Monde) sur cette résolution

Article de Charles Heimberg critiquant cette résolution

78. J. R. R. Tolkien et l’histoire, avec Emilie Fissier et Frédéric Manfrin

Les invité-e-s : Emilie Fissier et Frédéric Manfrin, du département d’histoire de la Bibliothèque Nationale de France, commissaire associée et commissaire principal (avec Vincent Ferré) de l’exposition Tolkien

L’événement : exposition « Tolkien, voyage en terre du Milieu », du 22 octobre 2019 au 16 février 2020 à la Bibliothèque Nationale de France.

La discussion :

  • Les origines de l’exposition « Tolkien, voyage en Terre du milieu », en lien avec la Bodleian library d’Oxford,  et le « Tolkien estate » (1:15)
  • Les choix d’objets mis en regard des œuvres de Tolkien (5:50)
  • Un parti-pris de l’exposition : ne rien montrer de postérieur à 1972, pour replonger les visiteurs dans l’imaginaire propre à l’auteur (7:20)
  • Le genre de la « fantasy », déjà en partie constitué quand Tolkien commence à écrire (8:20)
  • Les anneaux de Tolkien ne sont pas le Ring de Wagner ! (10:15)
  • L’enfance de Tolkien près de Birmingham, et la sensibilité à la nature, aux paysages, qui en découle (12:40)
  • Le rapport complexe de Tolkien à Shakespeare, et à l’antiquité gréco-latine (15:10)
  • L’invention linguistique comme source fondamentale de son inspiration (17:00)
  • L’entrée en guerre de 1914, moment ambigu pour qui travaille sur les langues et l’aire germanique (19:10)
  • La marque de la Grande Guerre sur l’œuvre de Tolkien, travaillée par la mort (21:00)
  • Tolkien dans l’entre-deux-guerres, savant et écrivain pour ses enfants (24:20)
  • Son talent graphique et la variété de sa palette (26:00)
  • Le succès du Hobbit (1937) et le début d’une véritable carrière d’écrivain (28:30)
  • Le travail propre de Tolkien sur la langue anglaise, et sa musicalité (30:00)
  • La cosmogonie de la Terre du Milieu (31:45)
  • La réception du Seigneur des anneaux, et son ampleur sur les campus américains dans les années 1960 en particulier (32:45)
  • Les paradoxes d’une lecture pacifiste de Tolkien, alors qu’un personnage comme Faramir souligne la légitimité de la guerre (34:25)
  • Le Moyen âge de Tolkien, antérieur à la conquête normande, et loin de la matière arthurienne (37:00)
  • La juxtaposition de périodes et de régions dans le monde imaginaire de Tolkien : Minas Tirith, allusion à Byzance (41:20)
  • Le thème de la quête, fonctionnant de manière inversée dans le Hobbit et le Seigneur des anneaux (42:40)
  • Un Tolkien « médiéviste » qui va jusqu’à inventer une tradition manuscrite de son propre texte ! (44:10)
  • Les sources d’inspiration de Tolkien pour les créatures fantastiques dont il peuple son œuvre (45:15)
  • Un Tolkien qui ne sépare pas les créatures en « races » (48:00)
  • L’apparence des manuscrits de Tolkien, qui évoquent à leur façon le Moyen âge (50:10)
  • Quels objets, quelles œuvres ont le plus marqué les commissaires de l’exposition ? (51:50)

Pour aller plus loin :

  • Tolkien, voyage en Terre du Milieu, catalogue de l’exposition de la BNF, 2018.
  • John Garth, Tolkien et la Grande Guerre, Paris, Christian Bourgois, 2014.