289. Littérature et révolution (les mercredis des révolutions)

Les mercredis des révolutions, Université populaire de la société d’histoire de 1848 en partenariat avec Politis, Mediapart et Paroles d’histoire. Retrouvez tout le programme de la 6e saison (2022-2023).

Le Rouge et le Noir a pour sous-titre Chronique de 1830. Gavroche meurt sur les barricades de juin 1832 dans Les Misérables. Dans L’Éducation sentimentale Frédéric Moreau arpente un Paris en proie à la révolution de 1848. Le Jacques Vingtras de Jules Vallès est un actif communard et Rimbaud a célébré le Paris insurgé. Au XXe siècle songeons entre autres à L’Espoir de Malraux, aux Justes de Camus. Et plus près de nous au récit de la journée du 14 juillet 1789 par Éric Vuillard. Nombre d’œuvres littéraires ont pour toile de fond des épisodes révolutionnaires. À la fin du XIXe siècle l’invention de la méthode historique a éloigné l’histoire d’un récit qui, au-delà des faits, n’hésitait pas à mettre en scène, comme chez Michelet, paroles, attitudes, apparences supposées de ses acteurs. Ces relations entre histoire et fiction se posent à nouveau avec beaucoup d’acuité aujourd’hui. L’histoire s’aventure dans l’exploration des possibles, se veut « contrefactuelle » en interrogeant les faits à la lumière du « non advenu ». Elle s’empare, certes avec prudence, de la fiction pour combler les trous de l’archive. La littérature, quant à elle, continue avec force à s’emparer des événements historiques tant passés que présents.

Notre débat de ce soir met en présence Hervé Le Corre, auteur de romans dits noirs et notamment Dans l’Ombre du Brasier sur la Commune ou Après la guerre dans le Bordeaux des années 50 encore marqué par l’Occupation alors que se profile la guerre d’Algérie et Thomas Bouchet, historien, auteur, entre autres, de Utopie et De Colère et d’ennui, une chronique des événements de 1832 à travers les portraits de quatre femmes « fictives » néanmoins « profilées » à partir d’un usage rigoureux de l’archive.

 

Avec Hervé Le Corre et Thomas Bouchet – Animation : Claudine Ducol

 

La discussion :

  • Introduction (00:00)
  • Hervé Le Corre et l’envie d’écrire un roman sur la Commune (5:00)
  • Thomas Bouchet et la volonté de fictionnaliser l’histoire de juin 1832, à partir de la figure de Louise Bretagne (9:50)
  • Quelles limites entre fiction et histoire, quels choix d’histoires dans une fiction ? (18:00)
  • Le recours aux sources comme garde-fou, pour dire le vraisemblable dans la fiction (27:00)
  • L’historien crée-t-il à sa façon des personnages ? (36:00)

288. Pratiques et dilemmes de l’histoire publique, avec Florian Besson, Paul Chopelin et Catherine Rideau-Kikuchi

Les invité-e-s :

  • Florian Besson, historien, animateur d’Actuel Moyen âge
  • Paul Chopelin, MCF en histoire moderne à l’université Lyon-III
  • Catherine Rideau-Kikuchi, MCF en histoire médiévale à l’université Versailles-Saint-Quentin

La discussion :

  • Introduction (00:00)
  • Pourquoi faire de l’histoire publique ? (2:00)
  • Quelle reconnaissance institutionnelle pour ce type d’activité ? (9:30)
  • La multiplicité des discours publics sur l’histoire (15:30)
  • Le choix de l’histoire universitaire, un choix politique (24:00)
  • Quels sont les sujets les plus « à vif » dans l’espace public ? (25:30)
  • Les convictions politiques interfèrent-elles avec le regard historien ? (31:00)
  • Histoire savante, histoire grand public : malentendus et décalages (36:30)
  • Empathie ou critique vis-à-vis des usages « grand public » de l’histoire ? (40:00)
  • Une expérience d’histoire publique sur « Twitch » (43:00)
  • Travail historien et productions culturelles (film, BD, jeu vidéo…) (46:45)
  • Les figures ou initiatives qui nous inspirent (52:30)

Les références citées dans l’émission :

287. Le totalitarisme en débat

Discussion organisée par le département d’histoire de l’École Normale Supérieure (Paris), enregistrée en public le 31 mai 2023.Les intervenant-e-s :

  • Marie-Anne Matard-Bonucci, professeure à l’université Paris-8
  • Nicolas Offenstadt, MCF HDR à l’université Paris-1
  • Nicolas Sesma Landrin, MCF à l’université Grenoble-Alpes
  • Pierre Salmon, MCF à l’ENS Paris (modérateur)

La discussion :

  • Présentation par Pierre Salmon (1:00)
  • Les origines italiennes du mot totalitarisme, dans le contexte fasciste, et ses usages ultérieurs (4:00)
  • Le franquisme, un fascisme ? (15:00)
  • Un terme toujours double : concept scientifique, concept de combat politique (23:30)
  • Les caractéristiques et critères du totalitarisme à partir du cas italien (34:00)
  • Le franquisme comme « fascisme asymétrique », avec une terreur initiale et non fruit d’une radicalisation, et ses rapports avec l’Allemagne (44:00)
  • La RDA, non réductible au stalinisme (50:00)
  • Le totalitarisme, un concept non heuristique pour Nicolas Offenstadt (57:00) et qui l’est pour Marie-Anne Matard-Bonucci
  • Questions du public : l’homme nouveau, ambition également dans des régimes démocratiques ? Qu’en est-il du « wokisme » ? Comment joue l’enjeu du genre ? (1:05:00)

286. Les enjeux raciaux des révolutions (les mercredis des révolutions)

 Les mercredis des révolutions, Université populaire de la société d’histoire de 1848 en partenariat avec Politis, Mediapart et Paroles d’histoire. Retrouvez tout le programme de la 6e saison (2022-2023).

Des soulèvements d’esclaves aux luttes anti-racistes, catégories raciales et mouvements insurrectionnels ont une longue histoire commune.

Dès les premiers temps de la traite esclavagiste atlantique au XVIe siècle, des révoltes traduisent l’opposition des individus mis en esclavage aux Amériques à la déshumanisation dont ils font l’objet. À la fin du XVIIIe siècle, la révolution haïtienne devient la première et la seule insurrection dite servile à être victorieuse et à déboucher sur la création d’un État indépendant dirigé par d’anciens esclaves. Pour autant, le monde des esclavages et de la traite atlantique avec ses héritages n’épuise pas le thème des connexions entre question raciale et insurrection. L’histoire de ce lien est aussi celle des luttes pour l’égalité civile des personnes racisées et celle des oppressions auxquelles elles sont confrontées, tout au long de la période contemporaine.

Qu’il s’agisse des réflexions sur les discriminations raciales des années 1930, ou des mouvements révolutionnaires des années 1960 et 1970, des civil rights aux Black Panthers, les épisodes qui mêlent émancipation et racialisation racontent l’histoire du monde euro-américain dans toute sa violence et sa complexité. Deux historien.nes des Amériques, Sarah Fila-Bakabadio (Université de Cergy) et Alejandro Gómez (Université Paris III Sorbonne Nouvelle) explorent les ressorts et les étapes de cette relation entre « race » et insurrection, de la Saint-Domingue coloniale à Black Lives Matter.

Séance animée par Romy Sanchez, enregistrée le 1er mars 2023.

285. Alger 1516, La dernière reine, avec M’hamed Oualdi

L’invité : M’hamed Oualdi, professeur d’histoire à Sciences Po

Le film : La dernière reine (Adila Bendimerad et Damien Ounouri, 2022)

 La discussion :

  • Introduction et présentation du film (00:00)
  • Une période peu vue à l’écran (2:25)
  • Le contexte du Maghreb au début du XVIe siècle (5:00)
  • Une « république » d’Alger avant la régence ottomane idéalisée (10:00)
  • Une évocation de la tension sédentaires / nomades identifiée par Ibn Khaldun ? (13:00)
  • Le personnage d’Aroudj Barberousse (15:00), allusion aux islamistes contemporains ? (18:30)
  • Un film sur la mixité des langues et des populations (22:00)
  • Zaphira, reine imaginaire, évoquée par Laugier de Tassy en 1725: lecture par Matthieu de Oliveira (26:45)
  • La question de l’agency féminine à travers la figure de Zaphira (31:00)
  • Une évocation de la naissance de la nation algérienne ? (37:00)
  • Le livre de M’hamed Oualdi, Un esclave entre deux empires (Seuil, 2023)

Les références citées dans l’émission :

  • Jocelyne Dakhlia, Lingua franca. Histoire d’une langue métisse en Méditerranée, Actes Sud, Arles, 2009.
  • Travaux d’Isabelle Grangaud
  • Travaux de Salma Warscheid-Hargal
  • Nordine Amara, Faire la France en Algérie : émigration algérienne, mésusages du nom et conflits de nationalités dans le monde : de la chute d’Alger aux années 1930, thèse, 2019.

284. Sciences sociales et mémoires collectives (discussion enregistrée en public le 7 avril 2023)

Discussion enregistrée en public le 7 avril 2023 à Sciences-Po

Les intervenantes et intervenants :

  • Sarah Gensburger, sociologue, CNRS (codirectrice du livre)
  • Alexandra Oeser, sociologue, université Paris-Nanterre
  • Gérôme Truc, sociologue, CNRS, université Paris-Nanterre
  • Philippe Mesnard, littérature comparée, université Clermont-Auvergne
  • Audrey Célestine, politiste, Université de Lille
  • Fabien Jobard, politiste, CNRS, université Paris-Saclay

Le livre : Sarah Gensburger, Sandrine Lefranc, La mémoire collective en question(s), Paris, PUF, 2022.

 

La discussion :

  • Introduction (00:00)
  • Présentation du livre par Sarah Gensburger (2:00)
  • Y-a-t-il une mémoire collective des attentats ? par Gérôme Truc (8:40)
  • La mémoire collective est-elle une chose sérieuse ? par Alexandra Oeser (12:00)
  • Le tourisme de mémoire est-il nécessairement macabre ? par Philippe Mesnard (17:45)
  • Qui porte la mémoire de l’esclavage ? par Audrey Célestine (27:30)
  • Quelle mémoire des violences policières et des mobilisations dans les banlieues ? par Fabien Jobard (35:00)
  • Est-ce que les chercheurs et chercheuses peuvent ou doivent prescrire des politiques mémorielles ? (45:00)
  • Comment enquêter sur la mémoire avec les outils des sciences sociales ? (58:00)
  • La mémoire d’une institution comme la police, et celle de la mort de Malik Oussekine (1:10:20)
  • La dimension spatiale et locale des études de mémoire (1:14:00)
  • L’internationalisation des enjeux mémoriels (1:17:30)

 

283. Images de 1848, avec Olivier Ihl (Sources d’histoire #2)

L’invité: Olivier Ihl, professeur de science politique à l’IEP de Grenoble

 

Les documents: lithographie de Bosredon et daguerréotypes de Thibault, juin 1848

Dossier de documents téléchargeable (pdf)

Bibliographie

Olivier Ihl, « Louis Marie Bosredon et l’entrée dans le « suffrage universel ». Sociogenèse d’une lithographie en 1848 », Revue d’histoire du XIXe siècle, 50 | 2015, 139-163.

https://journals.openedition.org/rh19/4829#ftn26

Olivier Ihl, “Dans l’œil du daguerréotype”, Études photographiques [en ligne], 34 | Printemps 2016

https://journals.openedition.org/etudesphotographiques/3597

Olivier Ihl,  La barricade renversée. Histoire d’une photographie, Paris, éditions du croquant, Paris, 2016.

Conseil de lecture

Maurice Agulhon, Les quarante-huitards, Paris, Gallimard, « Folio histoire », 1992 [1976].

282. Pêcher à Venise au XVIIIe siècle, avec Solène Rivoal

L’invitée : Solène RIVOAL, MCF à l’université d’Albi

Le livre : Les marchés de la mer. Une histoire sociale et environnementale de Venise au XVIIIe siècle, Rome, Collections de l’Ecole Française de Rome, 2022.

La discussion :

  • Introduction (00:00)
  • Les origines de la recherche (1:30)
  • Le terrain historiographique vénitien (3:45)
  • L’École française de Rome comme cadre pour la recherche (8:40)
  • La materia del pesce vénitienne (10:45) et ses contours larges (13:30)
  • Des sources judiciaires pour saisir les interactions et les normes (14:40)
  • Le vocabulaire vénitien et les savoirs de la lagune (16:20)
  • La tension entre ressource vitale et produit marchand (22:20)
  • La pisciculture vénitienne (26:30)
  • Pêcher, est-ce affirmer la puissance vénitienne ? (30:00)
  • Biographies et ancrage social des pêcheurs (35:00)
  • Des communautés masculines (41:30)
  • Quelle capacité d’action pour les pêcheurs ? (44:00)
  • Une ville soucieuse de son environnement et de ses ressources (48:00)
  • Quels plats de poisson sont emblématiques ou importants ? (51:00)

Le conseil de lecture : Claire Judde de Larivière, L’ordinaire des savoirs. Une histoire pragmatique de la société vénitienne (XVe-XVIe siècles), Paris, EHESS, coll. « En temps & lieux », 2023.

281. Expériences de guerres civiles, avec Jérémie Foa et Quentin Deluermoz

Emission enregistrée à la BIS (Bibliothèque de la Sorbonne, salle Jacqueline de Romilly) le 29 mars 2023 dans le cadre des “Nocturnes de l’histoire”

Les invités : Jérémie Foa, MCF à l’université Aix-Marseille, et Quentin Deluermoz, professeur à l’université Paris-Cité.

Le livre : Les épreuves de la guerre civile, éditions de la Sorbonne, 2022.

La discussion :

  • Introduction (00:00)
  • Le sens du titre, les « épreuves » de la guerre civile (1:45)
  • L’origine du livre et du colloque dont il est le résultat (5:40)
  • Des terrains historiques variés pour poser des questions de sciences sociales: qu’est-ce qui fait tenir une société ? (10:00)
  • L’article de Laurent Gayer et Nida Karmani sur Karachi (15:30)
  • La guerre civile, une situation dans laquelle on doit raisonner par indices (19:30)
  • L’importance des apparences corporelles (27:00)
  • Le « checkpoint », lieu de vérification en période de guerre civile (30:00)
  • Quelles transformations entre la période moderne et l’époque contemporaine ? (34:00)
  • Cadre rural, cadre urbain (39:30)
  • La durée de la guerre civile, et les traces que cela produit (42:30)
  • La guerre civile au présent (47:30)
  • La guerre civile, préférable à la guerre extérieure ? (53:00)

280. Gallica répond aux Gallicanautes

 Les invitées: Sophie Bertrand, cheffe du service coopération numérique et Gallica, et Fanny Verdier, coordinatrice de la médiation numérique de Gallica.

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La discussion:

  • Introduction (00:00)
  • 25 ans, 10 millions de documents, un moment marquant (1:20)
  • Qui sont les Gallicanautes ? (4:20)
  • Les documents les plus consultés (7:00)
  • La proportion des périodes et des types de documents présents sur Gallica (8:50)
  • La variété des supports: pas seulement la presse et les livres (12:00)
  • L’histoire de Gallica et sa naissance dans les années 1990 (14:00)
  • Quelles tensions internes face à ce changement ? (16:30)
  • La « préhistoire » de la numérisation avec massicotage d’ouvrages anciens ! (20:00)
  • Les logiques de numérisation. Qu’est-ce qu’on numérise et qui le décide ? (22:00)
  • Numérisation en interne, prestataires privés (28:30)
  • L’éditorialisation du contenu du site (30:00)
  • La révolution de l’OCRisation à partir de 2007 (31:15) et le perspectives pour la reconnaissance des caractères manuscrits et des images (34:00)
  • Une interface à améliorer ? (36:20)
  • Un moteur de recherche à améliorer ? (40:00)
  • La recherche avancée et ses nouvelles fonctionnalités comme la recherche par proximité (45:45)
  • Gallica peut-elle devenir OpenGLAM (permettre des réutilisations libres d’images) ? question de Damien Petermann (48:00)
  • Retronews et ses critiques (55:00)

Pour résoudre un problème: assistance.gallica@bnf.fr

Pour aller plus loin : Sophie Bertrand, Aline Girard, « Gallica (1997 – 2016). De la bibliothèque de « l’honnête homme » à celle du Gallicanaute »